Facebook Twitter Newsletter Linkedin RSS

Portail de la presse

 

Histoire de la dernière exécution capitale à Fribourg (Suisse romande) en 1902

En 1902, le docteur Louis Comte assiste à la dernière exécution capitale qui se déroule dans le canton de Fribourg. Le condamné à mort, Etienne Chatton, avait asséné plusieurs coups de hache à sa cousine, Louise Mettraux.

Arrêté à Lausanne, l'assassin est condamné à mort par le Tribunal du 2e ressort. Sa grâce est refusée par les députés du Grand Conseil, soucieux de répondre aux aspirations vindicatives de leurs électeurs.

L'historien Alain Chardonnens a retrouvé les écrits du docteur Louis Comte aux Archives de l'Etat de Fribourg. Refusé par la Société d'histoire du canton de Fribourg (SHCF) en raison de son côté polémique, le texte de Louis Comte est publié pour la première fois in extenso.

En voici un extrait : « Il était environ 4 h. du matin. Les nuages rendaient la nuit encore bien sombre. Les lampes des bois de l’échafaud brûlaient et éclairaient suffisamment cette scène macabre. Nous étions réunis depuis quelques minutes, lorsque nous perçûmes le bruit de l’ouverture d’une porte. Il provenait du deuxième étage, d’une pièce à l’extrémité d’une longue galerie ouverte sur la cour. Tous les regards s’y rencontrèrent. Et brusquement nous fûmes mis en présence de la triste réalité. Un petit cortège au centre duquel Chatton, les yeux bandés, soutenu ou guidé, avec à ses côtés trois ecclésiastiques qui avaient passé la nuit cruelle à ses côtés. Il y avait là M. le Chanoine Brasey, curé de la paroisse, le sympathique Rd. Père Hubert, le père des malades, et aussi le prince Max de Saxe, un vrai saint qui mériterait les honneurs des autels, et qui dès son arrivée à Fribourg se dévoua au service des malades et des
prisonniers, pour lesquels il fut un véritable« Poverello ». – Le cortège funèbre avançait lentement et descendit de même les escaliers qui conduisaient à la cour. Les membres de cette suite récitaient à haute voix des prières et les litanies de la Ste. Vierge. Arrivé à la hauteur des témoins le condamné fut dirigé vers l’échafaud. Mais au moment où le bourreau se saisit de lui pour le fixer sur la terrible planche, il chercha à se dégager et demanda de pouvoir parler, ultime désir que l’on ne put lui refuser. Ce furent ses dernières paroles, qu’il prononça du reste distinctement. Les voici, à peu près : « Je demande pardon à Dieu et aux hommes ; je me repens de mon crime. Et si quelqu’un a besoin de mon pardon, je le lui accorde de bon cœur ». Ce fut tout, mais ce fut tragique. – Rapidement le bourreau et ses aides fixèrent le corps ; la hanche bascula, et l’on perçut le bruit produit par la chute du couperet. Dans l’ultime se
conde il dit encore « Mon Dieu, ayez pitié de moi ». S’il s’était trouvé dans l’assistance une seule personne qui fût restée indifférente à cette scène, ce ne serait pas un homme. – La tête roula dans un panier de sciure placé derrière la guillotine. – Quelques secondes après les ecclésiastiques présents récitèrent le « De profundis… » – Il était environ 4 h1/2. – Chatton avait payé sa dette à la justice humaine ; son sort ultérieur était entre les mains de son Créateur. – Plusieurs des« officiels » se rendirent ensuite à l’église des Capucins et assistèrent à une messe pour le repos de l’âme du supplicié.

Pendant la dernière scène de ce drame qui, quoique la plus rapide, fut la plus palpitante, il y eut deux moments qui me frappèrent. Ce fut d’abord, en pénétrant dans la cour, un des premiers objets que j’aperçus, à gauche des bois de justice, un cercueil ouvert destiné à recevoir le corps du décapité. Chatton heureusement avait les yeux bandés,sinon ce spectacle eut provoqué chez lui un saisissement plus tragique que chez les assistants.

La seconde surprise ne dura qu’une ou deux secondes : lorsque le couperet fut tombé et eut tranché la tête du malheureux,je perçus le bruit court, mais violent d’un jet de sang contre le couperet,bruit métallique intense dont je me souviens encore. Il provenait des dernièresondées sanguines projetées par les artères carotides.

Le journaliste Patrick Vallélian a rédigé un long compte-rendu de cette ouvrage dans le magazine suisse « L’hebdo » dont voici le lien : http://www.hebdo.ch/du_dernier_guillotine_romand_107525_.html

Professeur d'histoire, enseignant-formateur à l'Université de Fribourg, Alain Chardonnens est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages consacrés à Expo.02, à l'histoire du canton de Fribourg et aux campagnes napoléoniennes. Dernièrement, il a réuni, traduit et commenté les discours du président Barack Obama qu'il a publiés chez Buchet-Chastel à Paris sous le titre " La Promesse de l'Amérique", suscitant de nombreux articles en France, au Québec et en Suisse. Il est aussi l’auteur de « Barack Obama : les 100 premiers jours » (L’Harmattan) retraçant l’arrivée au pouvoir de Barack Obama.

Alain Chardonnens et Louis Comte : Histoire de la dernière exécution capitale à Fribourg (1902): Récit de Louis Comte, médecin-adjoint de la préfecture de la Sarine. Sarrebrück, Editions universitaires européennes, 2011, 29 euros, ISBN : 978-6131579028


--
Contact Presse:

Editions universitaires européennes


www.editions-ue.com/
Profil du diffuseur :
http://www.categorynet.com/reseaucategorynet/profile?userid=69147



--

Communiqué envoyé le 15.08.2011 22:49:29 via le site Categorynet.com dans la rubrique Histoire

Diffuser votre communiqué de presse : http://www.diffuseruncommuniquedepresse.com

______