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METRO : ITV de JEAN-PIERRE JOUYET, secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes.

ITW DE JEAN-PIERRE JOUYET, secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes.
« C’est la première fois que l’Europe, seule, arrête un conflit »

A lire dans le quotidien METRO le mercredi 10 septembre et sur le site www.metrofrance.com

Nous sommes bientôt à mi-parcours de la présidence française de l’Union européenne. Quelle bilan en tirez-vous ?
Objectivement, un très, très bon bilan. De nombreux objectifs ont déjà été atteints, comme ceux concernant la création de l'Union pour la Méditerranée, le pacte sur l'immigration, ou ceux obtenus par Jean-Louis Borloo dans le sens d'un développement plus durable. Surtout, l’Europe s’est montrée unie dans le conflit entre la Russie et la Géorgie. Le cessez le feu du 12 août et l’accord obtenu lundi par Nicolas Sarkozy constitue le premier grand succès diplomatique de l'Europe. C'est la première fois que, seule, elle arrête un conflit de cette dimension, gère ses suites, organise une conférence internationale et jette les bases d'un règlement pacifique. C’est la naissance, l’affirmation à 27 d’une politique extérieure européenne, avec les moyens de résoudre un grave conflit international . Il y a dix ans, quinze ans, l’Europe n’était pas en mesure de faire cela. Tous ceux qui critiquent l’Europe à 27 devraient réfléchir au fait qu’on a réussi à faire ça. On s’aperçoit que loin d’affaiblir l’Europe, l’élargissement est un moyen de puissance supplémentaire. Lorsque vous êtes nombreux et bien sûr unis, vous pesez davantage. L’Europe a pesé, et même à l’égard des Etats-Unis. Elle va déployer 200 observateurs sous sa propre bannière en Géorgie. Qu’une telle chose arrive sur un territoire du Caucase, proche de la Russie, je n'aurais pas parié en ce sens il y a quelques mois. L’Europe s’est affirmée comme acteur politique.

Pourquoi le Kremlin tiendrait-il parole alors qu’il ne l’a pas fait depuis un mois ?
Il y a véritablement un engagement fort, des délais qui ont été fixés. Il n’y a pas que l’Europe qui soit dépendante de la Russie au niveau énergétique. La Russie est aussi dépendante de l’Europe en ce qui concerne le gaz et le pétrole. Il faut bien les vendre à des gros consommateurs européens qui ont d’autres possibilités d’approvisionnement. Et la Russie est aussi dépendante des investissements étrangers. Elle ne va pas respecter les accords par altruisme, mais parce qu’elle a intérêt à entretenir de bonnes relations avec l’Union européenne.

Les Russes refusent de reculer sur la reconnaissance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du sud. C’est un fait accompli ?
Non, le Président l’a déclaré, il n’est pas question pour l’Europe de les reconnaître. La reconnaissance par les Russes s’est faite contre l’intégrité territoriale de la Géorgie. Il faut à présent trouver pour ces deux entités une solution pacifique.

L’accord obtenu par la France au début du conflit était resté lettre morte jusqu’à hier. Est-ce qu’elle n’a pas agi dans l’urgence au début de la crise ?
Si, elle a agi dans l’urgence, mais imaginez qu’elle ne l’ai pas fait. Si il n’y avait pas eu d’initiative française, si on avait attendu, qu’est-ce qui ce serait passé ? Aujourd’hui les Russes seraient à Tbilissi et il n’y aurait plus de gouvernement géorgien légitime aujourd’hui.


Nicolas Sarkozy a en quelque sorte exporté sa méthode en France sur la scène européenne…
Il a exporté son énergie, ses convictions et aussi son talent de négociateur. Le chef de l’Etat a mené une négociation diplomatique très talentueuse, c’est la première fois que je vois ça au niveau européen. Sans la fermeté de la présidence française, mais aussi sans une relation apaisée avec les Russes , on ne serait pas arrivé à un tel accord. La carte du dialogue ferme et confiant a payé.


Un des grands chantiers de la présidence française reste la réponse à donner au non irlandais au traité de Lisbonne, qui a laissé l’avenir institutionnel de l’Europe dans le flou…
Le ministre Irlandais l’a dit, de par leur constitution, il n’y a pas d’autre choix qu’un nouveau referendum pour les Irlandais. A la fin de l’année ou au début 2009, vous aurez 26 pays qui auront ratifié le traité de Lisbonne.L’Europe ne va pas s’arrêter. Le temps nous est compté. Il faut que nous arrivions à des résultats rapidement, tout au moins en termes de propositions, au cours du prochain sommet européen du mois d'octobre.


Vous êtes l’un des ministres d’ouverture du gouvernement. Comment vous vous y sentez ?
Sur les dossiers européens je n’ai aucun état d’âme dès lors que l’on respecte le contrat européen, notamment sur le plan financier. Sur les événements domestiques, lorsque j’ai eu des réserves à faire, je les ai faites, car l’ouverture, ça ne sert que si vous pouvez vous exprimer en son nom. J’ai été par exemple très heureux du RSA, de son mode de financement. Dans ces temps difficiles, un peu plus de redistribution serait même souhaitable. Mais il y a des dossiers où je suis moins à l’aise. Je reste social-démocrate, proche des socialistes, je ne m’en suis jamais caché.

A propos de la polémique sur le fichier policier Edvige, vous comprenez que Hervé Morin est émis des réserves ?
Je comprends les questions d’Hervé Morin et des autres. Je pense que c’est la multiplication des fichiers et leur interconnexion qui pose problème au niveau des libertés individuelles. Que l’on ait les orientations sexuelles ou religieuse des gens mises en fiche, ça ne me réjouit pas particulièrement. La sécurité des citoyens suppose un certain nombre d’informations, mais, il ne faut pas en abuser. Ca me paraît légitime de poser ces questions. Je note que celles-ci ont permis d’obtenir certaines assurances, notamment concernant les mineurs.

Vous participerez demain à l’inauguration d’une carte de l’Europe géante déployée sur le Champ de Mars. Quelle est l’utilité d’une telle opération ?
Cela participe d'une pédagogie sur l'Union européenne : trop souvent, les données de base sur l’Europe, comme ses pays, ses capitales, sont oubliées, surtout avec l’élargissement. Avec cette carte, on communique de manière ludique. Je ne dis pas que ça suffit en soi, mais si je regarde mes propres enfants, la plus jeune de mes filles va avoir dix ans, je crois que ce n'est pas inutile pour elle de savoir quelle est la représentation physique de l'Europe. Et c’est vrai que sur l'Union européenne, ses institutions, son mode de fonctionnement, il y a un déficit de communication, mais aussi de compréhension par rapport à une Europe qui apparaît trop lointaine dans son mode de fonctionnement. Il faut faire en sorte que l'image de l'Union européenne soit améliorée, de manière à ce qu’elle apparaisse plus proche.

Propos recueillis par Gilles Daniel – METRO France

RP METRO FHCOM Frédéric HENRY Tél.0155342424




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