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CHRISTINE LAGARDE au quotidien METRO : L’INFLATION NE DEVRAIT PAS DEPASSER 1% EN 2009

ITV EXCLUSIVE Entretien de Madame Christine LAGARDE, ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, répondant aux questions des lecteurs du quotidien METRO.

A lire dans METRO - mardi 3 mars et sur le site www.metrofrance.com

L’INFLATION NE DEVRAIT PAS DEPASSER 1% EN 2009, selon Christine LAGARDE, dans un entretien à paraître ce mardi dans le quotidien METRO.

Eric Coquil : Qu’est-ce qui a déclenché cette crise ?
C’est ce que j’appelle une crise des excès : il y a eu des excès dans l’appréciation des risques de la part des banques, dans la politique monétaire américaine de faibles taux d’intérêt menée sous Greenspan. Il y a eu aussi des excès dans l’ingénierie financière, mais aussi dans les rémunérations. Les banques finançaient à des taux d’intérêt très bas des acquisitions et des cessions de titres ultrasophistiquées et mal évalués. Le tout circulant dans une économie largement mondialisée où de très nombreuses banques ont voulu jouer au casino. Et on arrivera à redémarrer l’économie que si on fait fonctionner à nouveau le système financier selon des principes raisonnables et équilibrés.

Eric Coquil : Au niveau européen ?
C’est au niveau mondial que tout se joue. Je sais que certains pensent que la priorité des priorités, c’est la relance économique. Je pense que nous avons besoin à la fois de la relance et de règles du jeu claires pour réguler l’activité financière. Le FMI doit prendre une nouvelle dimension et donner les orientations pour une nouvelle régulation. C’est un gros travail, mais plusieurs pays sont prêts à avancer. Déjà, l’Europe devrait se mettre d’accord, avant le G20 du 2 avril, sur une réglementation accrue des agences de notation, des fonds spéculatifs. Enfin, les pays de l’UE ont beaucoup avancé sur la question des paradis fiscaux, même si tout est encore à faire.

Françoise Verron : Quel avenir voyez-vous pour le tissu industriel ?
Je crois à l’industrie. Il faut faire tous les efforts raisonnables pour maintenir une industrie innovante sur le territoire français, tout en se gardant du repli sur soi. Et pour y arriver, il faut investir massivement dans la recherche et l’innovation. C’est pourquoi on a dopé le crédit-impôt recherche. Un industriel, quelle que soit la taille de son entreprise, qui investit 100 en recherche et développement, l’Etat lui redonne 30. Et pour maintenir le tissu industriel, l’Etat a mis en place le fonds stratégique d’investissement (FSI), une sorte de fonds souverain à la française, qui permet de soutenir des entreprises qui opèrent dans des secteurs stratégiques ou qui ont un besoin de fonds propres à un moment délicat.

Françoise Verron : Qu’en est-il des délocalisations ? Les sous-traitants automobiles délocalisent, et même l’armée préfère les rangers tunisiennes aux chaussures françaises…
Pour ce qui est des appels d’offres, je rappelle qu’il est interdit, par les règles de l’OMC de restreindre l’accès de ses marchés publics aux entreprises nationales. La seule chose que les pouvoirs publics peuvent faire, c’est limiter l’accès d’un certain nombre d’appel d’offres à des PME. Pour ce qui est des délocalisations, certaines répondent à des logiques industrielles et économiques : Airbus n’aurait pas pu vendre des avions en Chine sans installer une usine. Et je constate que pour les autres, celles qui sont basées sur l’avantage comparatif entre pays, et bien la tendance est à la relocalisation.

Metro : ce n’est pas une tendance générale…
Oui, mais nous prenons des mesures pour améliorer la compétitivité de notre pays et faire en sorte que les entreprises restent dans l’hexagone. C’est l’objectif visé par la suppression de la taxe professionnelle. En la supprimant, un fabricant automobile économise 250 euros en moyenne sur chaque modèle fabriqué.

Metro : les collectivités locales sont inquiètes à ce sujet…
Le Premier ministre a rappelé que la taxe professionnelle serait intégralement compensée. Je pense qu’il y a plusieurs pistes. Et il faudra réfléchir à une taxe carbone.

Thierry Cerisier : vous avez un collectif budgétaire mercredi. Et je voulais savoir jusqu’où peut-on aller dans les dépenses ?
C’est une question primordiale, puisque le seul investisseur crédible aujourd’hui, c’est l’Etat : les ménages préfèrent épargner et les entreprises n’investissent pas. Il est donc primordial de relancer l’économie par l’investissement public. Mais il faut que ces dépenses se fassent dans une logique de retour à l’équilibre budgétaire. Il n’est pas possible de transmettre nos dettes aux générations futures. Ca ne va pas être simple. Soit on augmente les recettes, donc les impôts. Nous ne le voulons pas. Soit on diminue brutalement, sans réflexion, les dépenses, avec par exemple moins de prise en charge des dépenses sociales. Nous excluons aussi cette voie. La seule chose qui peut nous sauver, c’est d’améliorer la compétitivité de notre pays pour obtenir plus vite de la croissance. Aujourd’hui, il faut dépenser de l’argent public alors même que l’on va avoir moins de rentrées fiscales. Mais on doit se placer dans une logique de réduction de l’endettement à terme.

Thierry Cerisier : Quelles sont vos prévisions pour 2009 ?
Le Fmi pense que la France aura un PIB en recul de 1,9% en 2009. Je pense pour ma part que le recul sera limité à 1,5%. Et ce n‘est pas de l’optimisme béat : on a toujours eu un temps d’avance. La loi Travail, emploi, pouvoir d’achat, avec le crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt, l’exonération du travail des étudiants, la défiscalisation des heures supplémentaires, a été adoptée quelques mois avant le début de la crise. Et je pense que cela a permis d’atténuer les premiers effets. Le plan de financement des PME de 22 milliards d’euros a été lancé dès octobre 2008. Le plan de relance a été annoncé début décembre et il est complètement opérationnel depuis la fin janvier, alors que les Etats-Unis ont avalisé le leur la semaine dernière seulement. C’est ce petit temps d’avance qui me laisse à penser que nous ferons mieux que les prévisions.

Kristell : Que va-t-il se passer au niveau de l’emploi, et du chômage. Et qu’allez-vous faire contre les entreprises qui ont recours aux licenciements abusifs ?
Il ne serait pas acceptable que des entreprises profitent de la crise pour effectuer des licenciements injustifiés. Mais l’entreprise est la seule à savoir quel est le niveau d’emploi qu’elle peut maintenir. Les carnets de commandes chutent depuis trois mois. Les entreprises ne renouvellent pas les CDD, les intérimaires, etc. C’est pour cela que nous avons mis en place un mécanisme qui permet à toute les TPE d’être exonérées de charges sociales employeurs sur les embauches effectuées en 2009. C’est une mesure forte, puisque les PME emploient 63% de la population active en France. Et depuis 15 jours, grâce à cette mesure, on a 2 000 embauches par jour.

Axel : Quelles sont les autres mesures visant à juguler la hausse du chômage ?
Les mesures de chômage partiel et de formation professionnelle. On est plus souple sur l’octroi des conventions de chômage partiel, porté à 1000 heures par an et à 90% du salaire net. En parallèle, il faut que pendant ce chômage partiel, ces salariés puissent être formés. C’est ce à quoi nous travaillons, d’autant que la situation est temporaire et qu’il y a des pans entiers d’activités qui n’existent pas encore alors qu’ils constituent la croissance de demain. Ainsi, la croissance «verte » va certainement se révéler être un énorme vivier d’emplois.

Axel : ne serait-ce pas le moment de simplifier les démarches administratives pour faciliter les créations d’entreprises ?
En moins de trente minutes, sur le site du ministère, vous vous déclarez en tant qu’auto-entrepreneur, quelle que soit l’activité que vous voulez exercer (www.lautoentrepreneur.fr). La formule, qui permet de ne payer des charges qu’en fonction de son chiffre d’affaires, connaît un succès incroyable. Cela montre que nous avons trouvé la bonne solution pour donner envie aux gens de se prendre en main et de développer leurs projets.

Amel : Le prix des matières premières a baissé fortement. Pour ma part, je n’ai vraiment pas l’impression que les prix aient baissé…
Nous avons mis en place un observatoire des prix et des marges. En 2008, il y a eu une augmentation avec un pic en mars. Depuis, on observe une baisse des prix. Alors, elle n’est pas suffisante, surtout quand on compare cette baisse à celle du cours des matières premières notamment. Un constat tout d’abord : il faut six mois environ pour que la baisse du cours des matières premières se répercute. Donc, avec la baisse des cours du second semestre dernier, on devrait observer à partir de maintenant des baisses de prix plus importantes. Et j’ai demandé à la DGCCRF d’être particulièrement vigilante à ce sujet. Et je rappelle qu’en 2008, l’inflation a atteint 3,6%. En 2009 ; elle ne devrait pas dépasser 1%. Enfin, on a revu les règles d’installation des moyennes surfaces dans les villes. Cette mesure de la loi de modernisation de l’économie va introduire plus de concurrence, et faire baisser les prix.

Kristell : Quelle est la touche personnelle de Christine Lagarde au ministère de l’Economie ?
Certainement une dimension internationale. C’est un peu ma marque de fabrique. J’ai eu la chance à 17 ans d’obtenir une bourse pour partir aux Etats-Unis, et cela m’a complètement transformée. Et j’ai fait 50 métiers avant de devenir avocat : vendeuse sur les marchés, écailleuse de poisson… Je ne regrette absolument rien, et ça m’a appris à voir plutôt le verre à moitié plein que le verre à moitié vide. J’ai pris ensuite la tête du plus grand cabinet d’avocats du monde, une aventure extraordinaire, avant de devenir la première femme ministre de l’économie d’un pays du G7.Ca me vaut d’être traitée avec une certaine curiosité, mais ça, c’est juste entre nous, les filles. (rires)

Propos recueillis par fredéric vézard et alexandre zalewski metro france



Frédéric HENRY
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