Facebook Twitter Newsletter Linkedin RSS

Portail de la presse

 

Les gilets jaunes: la réponse du président, et après…par Jean Noel Gaume

{{ ads }}La réponse présidentielle aux « gilets jaunes » révèle, une fois encore, le désintérêt des élites de la politique et des hautes administrations pour le management. Leur formation semble les flécher vers la gestion des systèmes en omettant de les préparer au gouvernement des Hommes. Si le Président avait lu mon livre intitulé "L'entreprise inspirante, un management réconciliateur", cela lui aurait peut-être évité d'accumuler tant d'erreurs. Il aurait appris que le management est à la fois un art et une science. Un art parce que la personnalité de l'acteur n'est pas indifférente et une science parce qu'il répond à des lois qu'il ne faut jamais transgresser.

Dans ma dernière tribune j'énonçais un principe fondamental : Pour aider les gens à accepter et réussir le changement, il faut leur donner une confiance en eux supplémentaire. La règle d'or est : "avant de demander des efforts supplémentaires, il faut donner de l'énergie complémentaire." Pour réussir le changement, il faut la promesse, un gain immédiat, mais aussi une suspension partielle des efforts. Il ne faut pas hésiter à gaspiller un budget temps et jour élevé pour un gain d'énergie. En effet, l'énergie donne la confiance, la conscience de l'enjeu, l'intelligence de la situation, la capacité de réflexion, la construction d'un savoir-faire et l'envie de le tester. D'où vient cette énergie ? D'une relation positive nouée à partir d'une écoute attentive, d'un sourire bienveillant, d'un comportement sincère, d'une attention réelle ; bref d'une empathie forte et totalement ancrée. Cela a manqué fortement. Quand le lien est distant, la motivation est déclinante. Quand la situation prend le pouvoir, c'est que la relation a perdu le sien.

Une réponse tardive et incomplète
Face à cette crise d'une rare violence, le Président a répondu tardivement en délivrant des messages ultra positifs et traduits en monnaie sonnante et trébuchante pour les populations les plus modestes, ce qui était la meilleure chose à faire, mais il aurait fallu "en même temps" respecter deux principes fondamentaux de management : la recherche de l'équité en n'oubliant personne et l'ouverture d'un espoir d'un futur meilleur pour les plaignants, ses concitoyens, et les générations qui suivent.

Dans ma précédente tribune, je rappelais qu'en matière de conduite de changement, la nouveauté n'est acceptée et intégrée durablement que si elle se situe dans le prolongement du passé en donnant à l'individu le sentiment de progression. A l'inverse lorsque le sentiment de régression prime, le risque de rupture ou de blocage reste entier. Sur ce premier principe, de mon point de vue, le Président a failli en radicalisant sa position sur la désindexation des revenus des retraités. La levée de cette disposition eut été un premier pas vers la grande réconciliation auquel le peuple aspire. Si le rapport apport/effort n'est pas perçu comme équitable par les plaignants, la confiance en l'avenir ne sera pas restaurée, le lien ne sera pas retissé et la crise va perdurer tant que l'équilibre ne sera pas réalisé et que l'aspiration nouvelle ne sera pas trouvée e n synthè se.

Le rôle des gouvernants est de réconcilier le passé et le futur en connectant en permanence les préoccupations exprimées et les réponses données ; cela dans le cadre d'une méthode pédagogique réellement participative. L'erreur serait de penser que les solutions apportées répondent à tous les problèmes. Autrement dit, si tout changement se décrète par le haut il se construit étape par étape à partir de la base. Il est évident que cela est un vaste programme qui ne se réalise pas en trois jours.

Une colère au bord de l'insurrection
Force est de reconnaitre que le Président, au cours de ses 18 mois de mandat, a exaspéré une certaine frange de ses concitoyens. Sa jeunesse et son inexpérience l'ont-elles conduit inconsciemment à s'engager sur la voie sans issue de certaines incohérences ? Peut-être… En tout cas, il a généré chez certains concitoyens qui se sont sentis oubliés, négligés, méprisés ou trahis, une colère qui les transporte jusqu'au bord de l'insurrection.
La question à se poser après le mea culpa et les annonces de lundi soir 10 décembre est celle-ci : le Président a-t-il compris la colère, répondu aux attentes concrètes et immédiates, et surtout, a-t-il donné l'impression de vouloir établir un dialogue honnête et productif dans le cadre de débats ouverts à une large participation de tous les acteurs associés ?

La plupart des gens s'accorde sur le fait que des avancées significatives ont été constatées et que la porte a été ouverte pour un grand débat démocratique. Seulement, pour une partie des frondeurs et de la population française qui soutient leur mouvement, le compte n'y est pas.

Pulsion de vie ou pulsion de mort ?
Le chemin emprunté par les « gilets jaunes » est un chemin de pulsion de vie qui est le signe de l'amour, de la famille, de la tribu. Tout homme est mu par la composante amour/haine, c'est dire qu'il faut de l'agressivité pour avoir de l'amour. Et il y a des moments où c'est la pulsion de mort, la haine, qui prend le pouvoir. Il ne faut pas le nier, la colère des « gilets jaunes » est fondée, mais à un moment il faut la domestiquer et la mettre au service de la pulsion de vie. C'est la seule condition de l'harmonie, du bien-être et de la sérénité retrouvée car elle est de l'ordre de la relation positive et permet d'amener ceux qui s'opposent vers un projet qui les rassemble. La solution de sortie de crise pour les « gilets jaunes » consiste ainsi à mettre en place une stratégie claire, offensive mais réconciliatrice. Il s'agit d'arrêter la fronde et de faire en sorte que l'exécutif réponde aux doléanc es expri mées. Il y a donc lieu d'abord d'organiser le mouvement de manière à pouvoir saisir la main tendue de l'exécutif avec pour objectif de l'obliger à négocier dans un cadre consenti. Les décisions devront ainsi être prises de manière participative, validées collectivement, mises en œuvre précisément et contrôlées efficacement. Cette solution est la seule qui vaille.

Pourquoi ?
Une frange du mouvement opte pour une deuxième solution qui consiste à emprunter le chemin de la pulsion de mort et à continuer le mouvement par la mise en place d'une stratégie de guérilla qui trouve sa légitimité dans un temps fort dit "acte 5". C'est une stratégie mortifère, perdante pour tous les protagonistes. La pulsion de vie fait des tribus, la pulsion de mort fait des ghettos. Elle détruit, elle repousse, elle agresse, elle dégrade, elle élimine, elle marginalise et peut conduire à la révolution. Mais dans toute révolution, la vanité est première, la liberté un prétexte. La révolution est de l'ordre de la pulsion de vie mais souvent chevauchée par des extrémistes qui sont dominés par la pulsion de mort.et qui promettent le rêve du grand soir, lequel est toujours un rêve de lait et de miel, à-travers un chemin de sang. Les forces de mort ont toujours un masque Méphistophélique. Elles naissent toujours d'une utopie et préte ndent ér iger un système de paradis en éliminant tout ce qui n'est pas elle. Il y a alors l'instauration d'une terreur qui a pour premier objectif de détruire ses vaisseaux en détruisant les signes du pouvoir antérieur ; commettre l'irréparable. Une fois que la bête (pulsion de mort) est repue, surgit en synthèse un despotisme éclairé.

A bon entendeur….

L'auteur
Jean-Noël Gaume est auteur et conférencier, spécialiste du Management Haute Performance. Passionné par le monde de l'entreprise comme celui du sport de haut niveau, inventeur du management réconciliateur, il est adepte, pour partie, de l'entreprise libérée sans pour autant souscrire, dit-il, « aux élucubrations de ceux qui prônent cette libération sans véritables stratégies rationnelles d'instrumentation. »
Il a été aussi dirigeant de plusieurs sociétés. Il a reçu le Prix de la meilleure gestion d'entreprise remis par le Ministre des Finances, Chargé par le Ministre de l'Industrie de la restructuration industrielle, co-fondateur d'ORGAMA, Directeur Délégué National du CRECI, conférencier, consultant, Jean-Noël Gaume est intervenu auprès des plus grandes entreprises et dans tous les secteurs d'activité.
« Pour performer durablement, l'entreprise doit fermer une porte derrière elle définitivement et en ouvrir une autre. Elle doit sortir de la dictature du « ou » pour entrer dans l'obligation du « et » en réconciliant simultanément les intérêts de l'entreprise et les intérêts des personnels, le travail et le plaisir, l'argent et le bien-être, l'engagement professionnel et la qualité de vie personnelle. »
Le lien vers la vidéo de présentation du livre : https://youtu.be/2VJpdbu79DY

L'Entreprise Inspirante, récemment publié aux éditions KAWA. 224 pages. Prix : 23 ,95

--
Contact Presse :

Jean Noel Gaume
Suzana Biseul
0661953489
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
https://jeannoelgaume.fr/

--
Communiqué envoyé le 2018-12-21 13:50:12 via le site Categorynet.com dans la rubrique Economie

Diffuser votre communiqué de presse : http://www.diffuseruncommuniquedepresse.com

______