Facebook Twitter Newsletter Linkedin RSS

Portail de la presse

Croissance attendue de 2,5% en Belgique pour 2005

Croissance attendue de 2,5% en Belgique pour 2005

La croissance moyenne dans la zone euro est estimée à 1,75% cette année

Les économies des pays de la zone euro continuent à présenter une croissance et une inflation sensiblement différentes. Telle est la conclusion d'un rapport publié par des économistes de PwC. Concrètement, le taux d'intérêt unique de la BCE (la Banque Centrale Européenne) est trop élevé pour des économies à croissance lente comme les Pays-Bas, l'Allemagne et le Portugal, mais d'un autre côté, il est trop bas pour des économies à croissance plus rapide comme l'Espagne, l'Irlande et la Grèce. PwC publie aujourd'hui son dernier rapport "European Economic Outlook". L'analyse de PwC dresse un tableau mitigé sur la question de savoir si la convergence économique a augmenté dans la zone euro depuis l'introduction de l'UEM en 1999.

La croissance du PIB affiche des écarts légèrement plus importants depuis 2001. En revanche, il existe des indications selon lesquelles certaines composantes du PIB, notamment les exportations nettes, ont convergé au cours de la même période. Les différentes économies de la zone euro affichent des profils très divergeants quant aux changements cumulatifs enregistrés dans les dépenses de consommation et d'investissement depuis 1999.

PwC estime qu'il y a plus d'indicateurs de convergence cyclique dans les grandes économies de la zone euro que dans les plus petites. Cependant, même dans ces économies, on relève des différences significatives en terme de croissance cumulée depuis 1999. On retrouve ces différences  notamment entre l'Espagne et la France, d'une part, et l'Allemagne et l'Italie, d'autre part.

Les chiffres n'indiquent pas non plus que l'inflation dans les différents pays de la zone euro a convergé depuis 1999, alors que c'était précisément le cas avant 1999, dans la perspective de l'UEM. Etant donné que les taux d'intérêt nominaux à court et à long terme des membres de l'UEM ont pour ainsi dire totalement convergé. On peut en conclure que les taux d'intérêt réels ont continué à diverger. Dès lors, le taux d'intérêt nominal unique, qui est fixé par la BCE, peut avoir des effets très divers dans les différents pays membres.

Si l'on évalue le taux d'intérêt 'optimal' en appliquant la règle de Taylor (voir le graphique en annexe), il s'avère qu'un taux d'intérêt unique ne convient pas pour de nombreuses économies de la zone euro. L'actuel taux d'intérêt de 2% semble trop élevé pour les économies plus lentes qui se caractérisent par une inflation faible, comme les Pays-Bas et l'Allemagne, mais trop bas pour des économies à croissance plus rapide comme l'Espagne, l'Irlande et la Grèce.

L'économiste Rosemary Radcliffe, qui a conseillé PwC dans différents aspects de l'élaboration de ce rapport, a déclaré: "Nous avons surtout constaté des signes d'une convergence économique accrue des indicateurs tant nominaux que réels dans la période précédant l'introduction de l'UEM. Il existe cependant peu d'indications que ce processus se soit poursuivi après l'introduction de l'UEM. Il se pourrait effectivement que les limites imposées par un taux d'intérêt unique entretiennent plutôt certaines divergences cycliques dans la zone euro, contrairement à ce à quoi l'on pourrait s'attendre dans une situation où les pays mènent des politiques différentes en matière de taux d'intérêt. Il convient toutefois de souligner que, même si l'UEM entraîne à présent des coûts à court terme, les effets potentiels à long terme dus à la promotion du commerce et des investissements transfrontaliers doivent encore se faire sentir". Rosemary Radcliffe conclut : "Quand cela se produira - si cela se produit -, la monnaie unique devrait permettre de favoriser les signes de convergence économique et des avantages économiques nets aux pays membres.".

Le scénario de base envisagé par PwC pour la zone euro (voir tableau en annexe) prévoit une timide croissance de 1,75% en 2005, avec un léger bond à 2% en 2006. Ce scénario reflète la combinaison de l'effet décourageant du ralentissement de la croissance mondiale et de l'appréciation de l'euro à l'export dans la zone euro, et la fragilité persistante de la demande intérieure dans les économies plus importantes de la zone euro.

Le rapport souligne que ce scénario de base est entouré de nombreuses incertitudes et que les facteurs qui menacent la croissance sont à relativiser. Ces incertitudes concernent notamment la question de savoir si l'économie américaine continuera à se redresser à moyen terme, vu l'important déficit budgétaire et commercial des Etats-Unis. Un repli mondial plus marqué pourrait freiner la reprise dans la zone euro qui est portée par les exportations, a fortiori s'il s'accompagne d'une nouvelle chute du dollar.

· La Belgique devrait enregistrer une croissance de 2,5% en 2005, bien plus que la moyenne européenne. Notre économie reste cependant vulnérable face à un recul de la croissance chez nos principaux partenaires commerciaux étant donné sa nature très ouverte. La consommation devrait augmenter de 2,25% en 2005 et de 2,5% en 2006. La croissance des investissements devrait avoisiner les 4,5% pour 2005 et 4,75% pour 2006. La croissance des exportations devrait s'élever à 5% en 2005 et à 5,5% en 2006. Les importations devraient toutefois continuer à progresser pour atteindre 5,5% en 2005 et 6% en 2006, ce qui favorisera une réduction du déficit commercial.
· L'Allemagne et l'Italie devraient être un peu à la traîne par rapport à la moyenne de la zone euro et n'afficher que 1,5% de croissance en 2005, tandis que la croissance de la France est estimée à 1,75%.
· Selon les prévisions, l'Espagne enregistrera clairement les meilleures performances parmi les plus grandes économies de la zone euro, avec une croissance de 2,5 à 2,75% en 2005-2006.
· Les Pays-Bas ne devraient connaître qu'une timide croissance en 2005, qui se renforcera légèrement en 2006.

Les déficits budgétaires sont estimés en moyenne à environ 2,5% du PIB en 2005, ce qui est légèrement inférieur aux chiffres de 2004. Si aucun changement clair n'intervient dans les politiques fiscales, on estime que le déficit budgétaire de l'Allemagne, de la France et de l'Italie oscillera autour de 3 à 3,5% du PIB en 2005.

Et Rosemary Radcliffe d'ajouter: "Nous pensons que la Banque Centrale Européenne va geler les taux d'intérêt durant les prochains mois. Les taux d'intérêt pourraient bien être revus graduellement à la hausse en 2006, pour autant que la croissance soit en phase avec le principal scénario que nous défendons. Toutefois, en l'absence de signes de reprise, la BCE pourrait bien diminuer une nouvelle fois ces taux."

L'économie anglaise devrait ralentir quelque peu pour atteindre une croissance moyenne de quelque 2,5% pour la période 2005-2006. En d'autres termes, sa croissance devrait rester supérieure à celle de la zone euro. Les taux d'intérêt devraient se situer pour ainsi dire à leur niveau le plus élevé, mais il est possible que la politique fiscale doive être renforcée au cours des prochaines années afin de maintenir le déficit budgétaire à moyen terme à un niveau plus raisonnable.

Les chiffres belges
L'économie belge a enregistré une croissance de 0,7% au troisième trimestre de 2004, supérieur à la moyenne de la zone euro donc, et ce, sous l'effet d'une forte progression des investissements et des exportations. Tant pour 2005 que pour 2006, la croissance du PIB est estimée à environ 2,5%, enn raison des mesures fiscales programmées pour 2005 et 2006. Celles-ci devront stimuler la consommation et les investissements privés. En ce qui concerne ces prévisions, il convient également de relativiser les facteurs menaçants qui figurent dans le scénario de base de PwC. Notre économie est en effet vulnérable face à un recul de l'activité de nos principaux partenaires commerciaux ou à un nouveau renforcement de l'euro.

La reprise de l'économie belge s'est amorcée à la mi-2003 et s'est poursuivie au deuxième trimestre de 2004. L'économie belge a crû plus rapidement que la moyenne de la zone euro. Le PIB belge a augmenté de 0,7% au troisième trimestre de 2004 (ce qui est comparable à la croissance notée durant les trois trimestres précédents) et de 2,9% par rapport au troisième trimestre de l'année précédente.

La croissance des dépenses de consommation s'est quelque peu infléchie, de 1,1% au premier trimestre de 2004 à 0,6% au troisième trimestre, ce qui la positionne près de la moyenne à long terme. Le renchérissement des produits pétroliers a teinté les prévisions économiques d'un certain pessimisme, entraînant une légère baisse de la confiance des consommateurs. Les investissements ont été soutenus par une rentabilité plus élevée mais sont demeurés instables, ce qui est illustré par une croissance record de 6,7% au troisième trimestre de 2004. Celle-ci s'explique essentiellement par une hausse prononcée des investissements des entreprises. Quant à la croissance des investissements dans la construction résidentielle, elle s'est quelque peu affaiblie (figure 4.9 dans l'étude). La confiance des chefs d'entreprise s'est renforcée au début 2004, a augmenté en juillet pour atteindre son niveau le plus élevé en près de quatre ans mais s'est effondrée en novembre.

La croissance des exportations a connu un regain de dynamisme et avec un taux de 5,7%, elle a constitué le principal moteur de la croissance économique au troisième trimestre de 2004. Toutefois, les importations ont, elles aussi, fortement augmenté, accentuant donc le déficit commercial.

Bien que l'emploi soit reparti à la hausse, le chômage (selon la définition européenne harmonisée) était toujours de 7,9% en novembre 2004, soit le même niveau qu'un an plus tôt. L'inflation des prix à la consommation a bondi en octobre 2004 pour atteindre 2,86%, contre 2,03% le mois précédent, suite à l'augmentation des prix des carburants, mais est retombée à 2,55% en novembre.

De manière générale, le budget de l'Etat demeure plus ou moins en équilibre en 2004. Toutefois, de nouvelles baisses des cotisations patronales de sécurité sociale en 2005, un renforcement des investissements dans les infrastructures à l'approche des élections communales en 2006 et une réduction des recettes suite à la diminution des impôts directs (ceux-ci sont estimés à environ 0,6% du PIB en 2005-2006) ne seront compensés que partiellement par une hausse des impôts indirects. Cette situation risque de compromettre l'équilibre budgétaire visé en 2005 et 2006.

Le scénario de base de PwC pour l'économie belge (cf. tableau 4.9 du rapport) prévoit une forte croissance avoisinant 2,5% tant en 2006 qu'en 2005. La poursuite de la réforme des impôts directs dopera temporairement la consommation. Celle-ci n'augmentera cependant que modestement jusqu'à ce que le chômage commence à battre en retrait. Les investissements des entreprises devraient progresser, sous l'influence des faibles taux d'intérêt. On s'attend à une inflation d'environ 2% en 2005 et légèrement inférieure en 2006 (plus ou moins 1,75%), étant donné que le recul des prix énergétiques va compenser l'augmentation des impôts directs et que le chômage toujours élevé va tempérer les revendications salariales.

Etant donné que la Belgique est une économie très ouverte, la reprise dépendra cependant fort de la situation internationale. Les facteurs menaçant la reprise internationale sont plutôt relativisés dans l'étude PwC. Un repli de l'économie des principaux partenaires commerciaux de la Belgique ou une nouvelle hausse de l'euro peut mettre des bâtons dans les roues de la reprise de la Belgique, basée sur les exportations. Les salaires belges pourraient également croître plus rapidement que prévu, ce qui, à court terme, serait favorable à la croissance de la consommation mais pénaliserait vraisemblablement celle des investissements.

###

Informations à l'attention des rédactions:
Le rapport "European Economic Outlook" est disponible sur le site www.pwc.com/eeo, ou sur simple demande :
- pour les journalistes: auprès de Elsie Van Linthout, chez Luna: 02 658 02 70 ou Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..
- pour le public: auprès de Marie Pivetta, chez PwC: 710 72 59 ou Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

PricewaterhouseCoopers (www.pwc.com) offre à une clientèle publique et privée des services de certification de comptes, de fiscalité et de consultance axés tant sur le secteur privé que sur le secteur public. Plus de 120 000 personnes réparties dans 144 pays y mettent en commun leurs points de vue, leur expérience et leurs solutions, en collaboration avec le client. Cette approche, signifiée dans le terme 'connectedthinking*', favorise la confiance du public et apporte de la valeur ajoutée au client et à tous les acteurs avec qui le client est en relation d'affaires.

"PricewaterhouseCoopers" fait référence au réseau de firmes membres de PricewaterhouseCoopers International Limited, chacune d'entre elles formant une entité légale distincte et indépendante.