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Brésil. Amnesty International s’inquiète des menaces de mort à l'encontre d'Henri Burin des Rozier

Amnesty International demande aux autorités brésiliennes d’assurer la protection du frère dominicain et avocat d’origine française, Henri Burin des Roziers, et de mener une enquête approfondie sur les menaces de mort proférées contre lui.
Connu au Brésil sous le nom de Frei Henri, Henri Burin des Roziers se consacre depuis de nombreuses années à la défense des sans terre avec la Comissão Pastoral da Terra (CPT, Commission Pastorale de la Terre).
D’après cette ONG, la police militaire de Xinguara a indiqué que trois hommes avaient été engagés en octobre 2007 pour tuer Frei Henri, en échange d’une somme estimée à 50 000 réals brésiliens (environ 20 000 euros).
Amnesty International demande au Ministre de la Justice et à la Gouverneure de l’Etat du Pará :
- de veiller à ce que Frei Henri continue de bénéficier de la protection policière dont il a besoin ;
- de mener une enquête approfondie sur les menaces de mort proférées contre Frei Henri et de traduire en justice les responsables présumés ;
- de conduire des investigations détaillées sur les atteintes aux droits humains qui constituent dans le sud de l'État du Pará une pratique bien établie, en particulier sur l'existence de tueurs à gages et de milices locales.
Compléments d’information
Henri Burin des Rosiers, 75 ans, est dominicain, diplômé de droit comparé à Cambridge et docteur en droit à Paris. Depuis 1977, il vit au Brésil à Xinguara, au sud de l'état amazonien du Pará, région connue pour la violence et l’impunité qui y règnent. Inscrit à l’Ordre des Avocats du Brésil depuis 1984, il se consacre à la défense des couches sociales les plus défavorisées et s’est engagé en faveur de la réforme agraire dans la région. Il a également dénoncé la pratique du travail forcé, la violence et l'arbitraire exercés par la police civile et s'est efforcé de lutter contre l'impunité dont bénéficient les autorités, en soutenant les victimes lors de procès de responsables d'assassinats et autres attentats visant des leaders syndicaux et communautaires de la région.
Frei Henri reçoit depuis un certain nombre d'années des menaces de mort liées à ses activités de défenseur des droits humains. Son nom serait inscrit sur une liste de personnes à abattre dressée, semble-t-il, par des propriétaires terriens de la région.
Selon la Commission fédérale des droits humains, des entreprises de sécurité opérant comme de véritables milices armées à la solde de propriétaires terriens locaux, offrent des récompenses spécifiques pour l'élimination de personnes jouant un rôle actif dans la défense des droits humains et des droits fonciers.
En février 2005, Sœur Dorothy Stang, une militante écologiste originaire des Etats-Unis qui travaillait également dans l’état du Pará, a été tuée par des tueurs à gages. Elle était, depuis de nombreux mois, la cible de multiples menaces de mort, mais il a fallu qu’elle soit assassinée pour que son cas reçoive l’attention des autorités brésiliennes et de la communauté internationale.
Depuis cet assassinat, Frei Henri est protégé par la police militaire 24h/24 mais les autorités n'ont manifestement pas tenté d'enquêter sur les dernières menaces de mort formulées contre lui ; elles n'ont pas non plus pris d'initiatives sérieuses en vue de faire la lumière sur les précédentes menaces ou sur cette «liste noire», pas plus qu'elles n'ont essayé de désarmer les milices locales.

Service de presse – Amnesty International : Aurélie Chatelard/Michael Luzé 01 53 38 65 41 – 06 76 94 37 05