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CONSEIL DE SÉCURITÉ: CONSOLIDATION DE LA PAIX EN AFRIQUE DE L’OUEST (EN COURS)

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York


    Conseil de sécurité

    5509e séance – matin & après-midi

    CONSEIL DE SÉCURITÉ: CONSOLIDATION DE LA PAIX EN AFRIQUE DE L’OUEST (EN COURS)


    CONSOLIDATION DE LA PAIX EN AFRIQUE DE L’OUEST

    Déclarations

    M. NANA ADDO DANKWA AKUFO-ADDO, Ministre des affaires étrangères du Ghana, a souligné que la consolidation de la paix est une œuvre globale qui comprend des activités relatives à la prévention, à la gestion et au règlement des conflits et aussi des actions de maintien de la paix.  Toutes ces actions, a dit le Ministre, doivent couvrir toutes les couches de la société et englober l’ensemble des régions, des nations et de la communauté internationale.  La paix et la stabilité sont liées au développement durable qui doit lui-même se fonder sur la bonne gouvernance.  Les efforts doivent porter sur les causes profondes des conflits et sur les solutions durables.

    La création de la Commission de consolidation de la paix vient à point nommé, a estimé le Ministre.  Son rôle, a-t-il voulu, devrait renforcer les approches globales en matière de redressement postconflit et assurer un engagement à long terme de la communauté internationale.  La Commission doit également reconnaître les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) comme des jalons vitaux de la longue voie vers la paix durable.  En la matière, l’Afrique de l’Ouest est à la croisée des chemins.  Elle abrite encore des tensions en Côte d’Ivoire et en Guinée-Bissau, mais il ne faut pas perdre de vue la nécessité de renforcer les fondations de la paix même dans les pays qui n’ont pas connu de conflit majeur.

    Il faut en effet garder à l’esprit que tous les pays de la région figurent parmi les 25% d’États inscrits au bas de la liste du développement humain.  À ce jour, la région n’a connu que l’ombre de la vision qui a présidé à la création de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).  L’instabilité politique a hanté la région et est à l’origine d’un déclin vertigineux du niveau de vie des populations.  Les problèmes sont à attribuer aux régimes autoritaires, au manque de bonne gouvernance et à l’absence du sens de responsabilité de la part du le chef des dirigeants.

    Grâce aux Nations Unies et au Conseil de sécurité, qui a apporté tout son soutien à la CEDEAO, il a été possible d’éviter la catastrophe, a estimé le Ministre.  Les conflits ont montré l’efficacité et la résilience de la CEDEAO qui a pu maîtriser la situation volatile de la région.  La CEDEAO, qui continue pourtant de faire face à des contraintes importantes en matière de capacités et de ressources, dispose d’un cadre juridique, d’institutions et de mécanismes pour poursuivre l’œuvre de la paix dans la région.  Elle a compris que toute stratégie de consolidation de la paix doit résoudre les conflits en cours mais aussi prévenir leur résurgence et l’apparition de nouveaux conflits, développer un cadre institutionnel pour lancer des initiatives de paix, mobiliser des ressources nécessaires aux initiatives de paix et attaquer les causes sous-jacentes des conflits.

    Ces objectifs doivent être consacrés dans des programmes et des plans d’action, a voulu le Ministre ghanéen des affaires étrangères, en jugeant qu’il est extrêmement important que l’on redouble d’efforts pour résoudre certaines questions qui menacent la paix.  Il faut multiplier les efforts pour démobiliser, désarmer et réintégrer les ex-combattants, surtout les enfants soldats et les mercenaires.

    Il faut aussi s’attaquer au commerce illicite et à la prolifération des armes légères, à celui des minerais, à la contrebande, à la traite des êtres humains, et à la question des réfugiés et des personnes déplacées.  La croissance économique et le développement durable doivent être au cœur des objectifs en Afrique de l’Ouest.  La communauté internationale ne devrait accepter rien de moins que la paix durable, la stabilité et le développement.  La détermination des peuples d’Afrique de l’Ouest à construire de nouvelles sociétés est réelle.  L’exemple du développement du Ghana sous la direction d’une nouvelle génération de dirigeants est une bonne illustration de cette détermination et il faut espérer que celui durera, a conclu le Ministre.

    M. KOFI ANNAN, Secrétaire général de l’ONU, a déclaré que la stabilité et la prospérité continuaient de fuir la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest.  De graves lacunes en matière de gouvernance les empêchent de tirer parti de leurs ressources naturelles et de leurs potentiels économique et social, a-t-il regretté.  Nous avons donc conclu qu’il fallait adopter une approche globale face à ces conflits, vis-à-vis desquels il faut s’engager pleinement.  Ils génèrent en effet des flots de réfugiés, qui deviennent rapidement le problème des pays voisins.  Il faut accorder la priorité à la fin des conflits pour restaurer la paix et prendre des initiatives visant à rétablir la confiance et l’état de droit, en particulier dans les pays qui se relèvent d’un conflit, tels que la Sierra Leone, le Libéria et la Guinée-Bissau.  Le Secrétaire général a en outre indiqué que le manque de fonds et de coordination, ainsi que la tendance de la communauté internationale à se retirer trop tôt, ont sapé des efforts en vue de mettre en place des régimes démocratiques sociaux solides.  C’est la raison pour laquelle la Commission de consolidation de la paix a été créée l’an dernier, ainsi qu’un Bureau régional de l’ONU en Afrique de l’Ouest, basé à Dakar.  À travers la présence de trois missions de la paix et d’un Bureau d’appui à la consolidation de la paix dans la sous-région, l’Organisation a démontré sa volonté de mettre fin au cycle de violences qui a détruit tant de vies et d’infrastructures, a conclu M. Annan.

    M. AHMEDOU OULD-ABDALLAH, Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique de l’Ouest, a rappelé que l’Afrique de l’Ouest était la région d’une triple transition: transition politique, transition économique et transition démographique.  S’agissant de ce dernier point, il a indiqué que 60% des 270 millions d’habitants des 15 pays de la région avait moins de 30 ans.  Largement sans emploi, la grande majorité de ces jeunes constitue aujourd’hui une menace à la stabilité.  En outre, la migration irrégulière des jeunes est en train de se transformer progressivement en défi politique majeur pour les gouvernements de la région.

    Comparée à la situation il y a cinq ou 10 ans, les progrès en matière de paix et de sécurité en Afrique de l’Ouest sont réels, a poursuivi M. Ould-Abdallah.  Le Conseil devrait toutefois renforcer son appui à ces efforts et en particulier dans deux domaines, à savoir la consolidation des progrès et l’action préventive face aux nouvelles menaces, a préconisé le Représentant spécial.  Parmi les menaces émergentes, il a identifié la porosité et la fragilité des frontières Nord et Est de la région, théâtre d’activités criminelles multiples, telles que le trafic d’armes, de drogues et de ressources naturelles.  M. Ould-Abdallah a également pointé du doigt l’influence grandissante exercée par des groupes religieux, qui se substituent à l’État, et le développement de la piraterie en haute mer.

    Évoquant ensuite l’engagement des Nations Unies, le Représentant spécial a salué son rôle auprès des populations au travers des opérations de maintien de la paix déployées dans les pays de la région.  Leurs responsables politiques et militaires se réunissent d’ailleurs régulièrement pour échanger des informations en vue d’élaborer une approche cohérente et intégrée des engagements, ce qui permet à l’ONU de parler d’une même voix dans la gestion des crises sous-régionales.

    La situation sous-régionale se présente ainsi: les populations sont de plus en plus connectées, grâce aux radios, la télévision et l’Internet.  Cette communication au niveau mondial génère de puissants réseaux, a affirmé M. Ould-Abdallah, qui a fait distribuer une radio à chaque membre du Conseil pour illustrer son propos.  Tout en appuyant la gestion des conflits et la sortie des crises en Afrique de l’Ouest, le Conseil devrait accorder une attention spéciale aux pays en transformation, qui sont des États stables, en voie de démocratisation, mais encore fragiles.  En 2007, nos priorités devraient être ciblées sur les pays qui vont organiser des élections présidentielles et législatives (Bénin, Côte d’Ivoire, Mali, Nigéria, Sénégal et Sierra Leone), a estimé le Représentant.  Il faudrait en outre s’attaquer au chômage des jeunes, aux migrations irrégulières, à l’urbanisation galopante, à l’accroissement des risques d’insécurité et au déficit de libre circulation des biens et des personnes.

    M. MOHAMED IBN CHAMBAS, Secrétaire exécutif de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a, à son tour, souligné que la crise de la jeunesse a des effets potentiellement explosifs en Afrique de l’Ouest.  Il a estimé qu’en la matière, l’ONU a pris une mesure audacieuse en créant la Commission de consolidation de la paix qui vient à point nommé pour combler une lacune béante.  De juillet 2004 à juillet 2005, l’ONU a dépensé 4,5 milliards de dollars en opérations de maintien de la paix.  Ces dépenses seraient vaines si l’accent n’était pas mis sur les efforts de consolidation de la paix.  La paix reste fragile dans beaucoup de pays d’Afrique de l’Ouest, a-t-il prévenu.  Le Libéria, par exemple, a besoin de beaucoup d’appui pour pouvoir s’engager sur la voie d’une paix irréversible.  Le rétablissement des institutions démocratiques, la réforme de l’appareil de sécurité, le renforcement des capacités des gouvernements à reconstruire les infrastructures et à offrir des services sociaux, le développement du secteur privé pour créer des emplois et offrir des perspectives économiques aux personnes sans emploi, sont les éléments clefs de la consolidation de la paix.

    La communauté doit alors, a poursuivi le Secrétaire exécutif, multiplier les programmes d’appui aux budgets pour élargir, dans les pays concernés, l’assiette fiscale nécessaire au financement des projets.  Elle doit aussi appuyer les projets nationaux, en particulier, ceux de la reconstruction des infrastructures.  La communauté internationale devrait également contribuer au renforcement des capacités institutionnelles clefs de la gouvernance nationale.  Elle doit, en outre, reconnaître les problèmes que les pays émergeant d’un conflit rencontre dans la formulation des politiques économiques.

    En la matière, la communauté internationale doit les aider à mobiliser leur diaspora.  Celle du Libéria est très bien formée en Amérique du Nord et elle doit être mobilisée pour relancer l’économie du pays.  Le Secrétaire exécutif a conclu en mettant l’accent sur les « obligations réciproques » des pays sortant d’un conflit qui doivent aussi répondre de leurs actes devant leurs populations et leurs partenaires internationaux.  Il a conclu en souhaitant un appui plus renforcé au Bureau de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest, à la CEDEAO et au Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD).  

    M. HAMAD BIN JASSEM JABR AL-THANI, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères du Qatar, a déclaré que pour la première fois après tant d’années de souffrances, l’Afrique de l’Ouest était aujourd’hui plus proche que jamais de consolider la paix régionale.  Toutefois, à cette fin, il est extrêmement important que la communauté internationale soutienne les Gouvernements de Sierra Leone, de Guinée-Bissau, de Côte d’Ivoire et du Libéria dans leur transition délicate.  Il a toutefois prévenu que des progrès dans les domaines politique et de la gouvernance ne sont pas suffisants pour aboutir à la consolidation de la paix et à la sécurité.  Il est également nécessaire, a-t-il estimé, de doter la région de nouvelles perspectives de stabilité et de relance, pour empêcher une reprise des violences.  La consolidation de la paix exige en effet des approches créatives de la part de la communauté internationale.  Le Vice-Premier Ministre a estimé qu’il faudrait mettre en place de nouveaux cadres institutionnels qui permettraient d’inculquer aux populations un sens civique et de cultiver chez elles un sens de l’appartenance communautaire.  Il faut en outre renforcer l’intégration sociale et s’attaquer au problème du chômage des jeunes et à la fuite des cerveaux en réformant le secteur éducatif.  L’Afrique de l’Ouest a besoin d’un soutien financier de la part des bailleurs de fonds en mobilisant des ressources au profit des secteurs sociaux, pour s’attaquer au problème des groupes vulnérables, tels que les enfants soldats.  Le Conseil de sécurité doit reconnaître l’éducation comme moyen d’accompagner la transition de la guerre vers la paix, a insisté M. Al-Thani avant de conclure.

    M. YOUSSOUF BAKAYOKO, Ministre des affaires étrangères de la Côte d’Ivoire, a espéré que le débat permettra au Conseil de mieux comprendre les réalités complexes de la région et de mettre tout en œuvre pour conforter davantage les États ouest-africains dans leur quête d’un espace apaisé, condition préalable du développement économique et social de la sous-région.  Les conclusions du débat doivent déboucher sur des actions concrètes et durables, orientées vers la coexistence pacifique des populations de la sous-région.

    La paix durable, a-t-il souligné, ne peut être réalisée que si elle est accompagnée d’une stratégie de réduction des tensions et de la pauvreté, de promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance.  La paix ne peut pas non plus être assurée qu’à travers le règlement pacifique des différends et la prévention des conflits dans un contexte de respect des droits de l’homme.  Ici, il ne doit plus s’agir de préparer ou de faire la guerre pour obtenir la paix mais de soutenir la paix pour prévenir la guerre au sens le plus large possible.

    La sous-région a besoin de paix et elle ne peut pas continuer à s’offrir le luxe d’inutiles et coûteuses guerres entre les peuples et encore moins entre les citoyens d’un même pays.  Cette paix exige le dialogue, la concertation, la recherche obstinée des voies consensuelles face à des intérêts apparemment contradictoires, la tolérance, le respect de la personne humaine et de la vie devant redevenir les valeurs qui fondent les actions des populations et des gouvernants de cette sous-région.

    Par ailleurs, il importe que dans les États, la justice soit conçue comme un idéal de responsabilité et d’équité.  Néanmoins, dans un contexte postconflit, une justice réparatrice précoce serait de nature à saper une paix encore fragile et à remettre en cause la confiance encore hésitante entre les ennemis d’hier.  La région attend des partenaires internationaux un soutien durable au renforcement de ses capacités d’intervention et à celui des mécanismes de règlement des différents existants.  Elle attend qu’ils appuient son processus de démocratisation et d’édification de l’état de droit, comme gages de paix et de stabilité.

    Si le maintien de la paix revient à l’ONU, la prévention des conflits doit être l’une des responsabilités premières des organisations régionales et sous-régionales.  À son tour, le Ministre a souligné l’importance du problème de la circulation illicite des armes légères, d’une culture de la paix et du développement économique.  La pauvreté, a-t-il insisté, reste une menace à la paix et à la stabilité d’une région dont les États sont confrontés aux poids écrasant de la dette, aux contraintes des politiques d’ajustement structurel et à la raréfaction des investissements privés et publics et de l’aide publique au développement.  L’une des conséquences de ces contraintes est le chômage, notamment des jeunes qui, désœuvrés, constituent facilement un réservoir d’enfants soldats et de miliciens en cas de conflit, a déploré le Ministre.

    M. MOHAMED LAMINE TOURÉ, Secrétaire général du Ministère d’État chargé des affaires étrangères et de la coopération internationale de Guinée, a noté que la persistance des foyers de tension en Afrique de l’Ouest résultait de l’insuffisance de la mise en œuvre d’un cadre pertinent de la consolidation de la paix reposant sur plusieurs éléments: la concrétisation des programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR); la restructuration des forces de sécurité; l’application effective des processus de réconciliation nationale; la gouvernance nationale et internationale; l’adoption et l’exécution des plans de développement, ainsi que le règlement durable des problèmes transfrontaliers.

    C’est pourquoi la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest s’est impliquée dans la recherche de solutions durables aux problèmes de la paix, de la sécurité et du développement.  Pour sa part, la République de Guinée a joué un rôle important dans la prévention des conflits, le maintien et la consolidation de la paix dans la sous-région et en particulier dans le bassin du fleuve Mano, a souligné M. Touré.

    La République de Guinée a cependant énormément souffert des conséquences découlant des troubles qui ont affecté quatre des six pays avec lesquels elle partage des frontières, caractérisés par une importante présence de réfugiés, la dégradation de l’environnement, l’insécurité, la propagation des maladie.  À cela, il faut noter les attaques rebelles perpétrées en 2000-2001, qui ont fait de nombreuses victimes et provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes.  

    Le Secrétaire général du Ministère guinéen des affaires étrangères s’est toutefois félicité de la mise en place de la Commission de consolidation de la paix et de la transformation du Fonds central autorenouvelable d’urgence en Fonds central d’intervention d’urgence et de l’allocation de 32 millions de dollars au titre des crises sous-financées, dont 1 million à la Guinée.  Le représentant a cependant lancé un appel à la communauté internationale pour une meilleure assistance à son pays.  Conscient que sans la paix, la stabilité et la sécurité, aucun développement ne saurait être atteint, M. Touré a annoncé que son gouvernement était prêt à organiser une conférence sous-régionale sur le renforcement du bon voisinage et la consolidation de la paix et de la sécurité.  Cette manifestation pourrait permettre aux participants d’adopter des mesures de confiance réciproque de nature à renforcer la solidarité, la paix et la sécurité au sein et entre les États membres de l’Union, par la signature d’un pacte de bon voisinage, a-t-il suggéré.

    M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a estimé que l’état de droit, le renforcement de la démocratie et une gouvernance fiable sont les piliers de la stabilité économique.  En Afrique de l’Ouest, a-t-il déploré, on constate trop souvent des problèmes de non-respect des calendriers politiques, des délais électoraux et des programmes de désarmement et d’impunité.  Pour favoriser la recherche des solutions, il faut intensifier la coopération avec la CEDEAO, a-t-il estimé, en jugeant que les initiatives de cette dernière méritent un encouragement très grand de la part du Conseil.  Toutefois, sans l’appui des bailleurs de fonds et des institutions financières internationales, ces initiatives seront vouées à l’échec.  Le redressement postconflit et l’aide au développement doivent être les composantes principales de toute stratégie visant à prévenir les conflits.  En la matière, a estimé le représentant, les programmes et les fonds de l’ONU peuvent jouer un rôle important dans l’analyse des risques pour empêcher toute récidive des crises.  En tant que membre permanent du Conseil et Président du G-8, la Fédération de Russie accorde une importance toute particulière au règlement des conflits africains.  La recherche de solutions a d’ailleurs constitué une partie importante de l’ordre du jour du Sommet du G-8 qui s’était tenu à Saint-Pétersbourg.  La démarche russe, a précisé le représentant, est fondée sur l’égalité et l’intérêt mutuel, étant entendu que l’aide étrangère vient compléter et non pas suppléer les efforts que les pays africains doivent eux-mêmes déployer.

    M. LIU ZHENMIN (Chine) a réaffirmé que son pays soutenait la formulation d’une stratégie intégrée en matière de consolidation de la paix dans les pays d’Afrique de l’Ouest qui soit basée sur une optique régionale.  Il a souligné que la reconstruction après un conflit représentait une entreprise considérable et que les pays concernés devaient élaborer une planification systématique qui prenne en compte les domaines de la réconciliation nationale, de l’élaboration des institutions, de la refonte du secteur sécuritaire, de la réinstallation des anciens combattants, du relèvement économique, de l’emploi des jeunes, tout en veillant à maintenir la stabilité interne.

    Le représentant s’est déclaré convaincu que les institutions des Nations Unies, y compris les institutions financières internationales, ainsi que les organisations régionales et sous-régionales pouvaient jouer un rôle conséquent dans le processus de consolidation de la paix en Afrique de l’Ouest.  La Commission de consolidation de la paix constitue, a-t-il estimé, un lieu privilégié de discussion visant à édifier une reconstruction paisible de l’Afrique de l’Ouest, où les membres de la Commission, représentant des parties variées, pourraient proposer des solutions concrètes concernant la sécurité, l’économie, le secteur social, et l’état de droit, en se fondant sur leurs propres perspectives et à la lumière de la situation réelle des pays concernés et des besoins de leurs populations.

    M. CESAR MAYORAL (Argentine) a déclaré que sa délégation attachait une grande importance à la situation des pays qui forment la sous-région d’Afrique de l’Ouest.  Malgré leurs différences, ils partagent tous un certain nombre d’éléments communs, comme leur passé colonial, qui a manifestement eu une influence sur leurs faiblesses institutionnelles actuelles.  En outre, ils ont en commun des possibilités limitées de croissance économique; un besoin cruel de renforcer l’autorité de l’État; et une expérience limitée en matière de gestion des affaires publiques et de corruption.  En même temps, ces pays font face à un problème d’afflux de réfugiés, à la nécessité de réformer le secteur de la sécurité, de mettre en place des programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion, et à une grave situation humanitaire.  

    C’est la raison pour laquelle l’Argentine préconise l’adoption d’une approche coordonnée dans la recherche de solutions durables aux causes des conflits.  À cet égard, il est crucial de souligner la contribution des acteurs régionaux, tels que la CEDEAO, et les avantages d’une coopération étroite entre les Nations Unies et les organisations régionales.  La Commission de la consolidation de la paix joue également un rôle significatif en aidant les pays concernés à ne pas retomber dans les conflits.  Pour ce faire, il faudrait identifier les éléments essentiels pour atteindre la stabilité, passer de l’assistance humanitaire immédiate aux conditions de sécurité nécessaires, tout en renforçant les institutions, a conclu le représentant.

    Mme ELLEN MARGRETHE LØJ (Danemark) a rappelé que la consolidation de la paix en Afrique de l’Ouest était liée au développement de trois volets principaux, à savoir un maintien de la paix plus efficace associé à une consolidation de la paix plus soutenue, une maîtrise, une volonté politique et un partenariat dans le processus de paix, et le rôle des femmes dans la consolidation de la paix.

    S’agissant du maintien de la paix, elle a indiqué que la coopération transfrontière avait été accrue, mais qu’elle pouvait être améliorée, notamment en coordonnant les ressources opérationnelles –y compris des forces de police– et l’adoption de procédures plus souples permettant le transfert de troupes.  Elle a suggéré que d’autres moyens facilitant les mouvements transfrontaliers des contingents de maintien de la paix soient étudiés, ce qui permettrait d’assurer un suivi du trafic d’armes, de l’exploitation illégale des ressources naturelles, et de la traite des êtres humains.

    La représentante a précisé que le Danemark, par le biais de son Programme de paix pour l’Afrique, avait alloué plus de 40 millions de dollars sur une période de cinq ans afin d’appuyer les initiatives africaines visant à renforcer la paix et la stabilité sur le continent.  Elle a rappelé qu’au titre de ce programme, son pays soutenait tant l’Union africaine que les organisations sous-régionales, y compris la CEDEAO, en consolidant leurs capacités d’intervention et de prévention de crises, ainsi qu’en termes de gestion et de riposte.  Elle a par ailleurs souligné le rôle important que revêtait une collaboration plus poussée avec la société civile, qui dispose de ressources inexploitées, allant de l’alerte rapide au règlement de conflits.  Enfin, elle a indiqué que dans l’instauration d’une paix durable les initiatives postconflits seraient plus concluantes si les femmes avaient la possibilité de faire partie intégrante du processus de paix, et ce, en tant que partenaires égales.

    M. ADAMANTIOS TH. VASSILAKIS (Grèce) a souligné que les politiques et stratégies de consolidation de la paix manquaient de cohérence, et que ces initiatives étaient compromises tant par la fragmentation institutionnelle que par l’insuffisance des ressources.  Il a précisé également que l’incohérence et le manque de coordination des mesures multilatérales entraînaient souvent des acteurs individuels à poursuivre leurs intérêts individuels, compromettant ainsi les chances de succès global.

    Il a ensuite rappelé que la consolidation de la paix se trouvait à mi-chemin entre le maintien de la paix et le développement, du fait qu’elle s’efforçait de remédier aux défis à moyen terme, à savoir la consolidation de la paix existante et l’élaboration des bases du développement futur.

    La Commission de consolidation de la paix, a-t-il estimé, doit coopérer plus étroitement avec la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, les autorités nationales, ainsi que la CEDEAO, afin de réaliser les objectifs multiples de l’Afrique de l’Ouest, qui sont en l’occurrence une gestion transparente et responsable des ressources naturelles, la lutte contre le chômage des jeunes, la relance de l’économie, le partage des richesses et la distribution équitable des ressources, la croissance et les investissements à long terme, l’apport de services sanitaires, sociaux et éducatifs, et enfin la refonte des secteurs bancaires et financiers.

    M. RUIZ ROSAS (Pérou) s’est attardé sur cinq aspects de la consolidation de la paix en Afrique de l’Ouest.  D’abord, a-t-il dit, il ne faut pas confondre le calme et la paix, cette dernière allant bien au-delà du simple calme et  correspondant à une interaction sociale harmonieuse.  Bien souvent, a-t-il souligné, une évaluation erronée de la situation a fait que les forces de maintien de la paix se sont retirées trop vite, laissant libre cours à une résurgence des conflits.  Il ne peut y avoir de paix si l’attention n’est pas portée sur les causes sous-jacentes des conflits, à savoir la satisfaction des besoins les plus fondamentaux des populations et la viabilité à long terme des économies.  Les problèmes de ces économies ont trait à la commercialisation de biens à faible valeur ajoutée, à des programmes budgets faibles, des conditions démographiques défavorables, et une exploitation des ressources naturelles non saines.  Tant que ces paramètres persisteront, il ne pourra y avoir de paix durable, a prévenu le représentant en ajoutant que la sous-région doit aussi s’attaquer à ses problèmes dans les domaines de la sécurité et des institutions publiques et de l’état de droit.  Il a tout de même insisté sur le fait que c’est la faiblesse de l’attention accordée aux domaines social et économique qui empêche les pays de répondre aux revendications des populations, ouvrant ainsi la voie aux tensions et aux troubles.

    C’est ce défi-là que doit relever la Commission de consolidation de la paix, a-t-il dit en appelant à des mesures concrètes pour stabiliser les économies et assurer le développement économique des pays, ce qui exige, a-t-il insisté, de s’attaquer aux problèmes de la dette, des droits de douane, de l’aide publique au développement ou encore de l’accès aux nouvelles technologies.  Il faut aussi mettre en place des mécanismes de certification des ressources naturelles pour que les profits commerciaux puissent bénéficier à l’ensemble de la population.  Il faut également renforcer les institutions des pouvoirs publics, y compris ceux liés à la lutte contre le commerce illicite des armes légères.  En la matière, le volontarisme de la société civile est tout à fait essentiel dans les processus de pacification ainsi que la participation de la CEDEAO et de l’Union africaine.

    M. MICHEL DUCLOS (France) a fait observer qu’il y a trois ans, la communauté internationale s’interrogeait sur les moyens de faire partir Charles Taylor, qui était encore au pouvoir en Sierra Leone, et la Côte d’Ivoire entrait en crise.  Or, dans cette région, chaque crise est la pièce d’un puzzle, qui se propage d’un pays à l’autre.  Aujourd’hui, M. Taylor est à la place qui lui revient, des autorités légitimes ont été mises en place au Libéria et la Sierra Leone a été choisie comme l’un des premiers pays sur lesquels la Commission de consolidation de la paix concentrera ses efforts.  En Côte d’Ivoire, malgré des reculs, la communauté internationale a réussi à contenir les débordements.  Le représentant de la France a saisi cette occasion pour demander aux Ivoiriens de faire preuve de responsabilité dans le respect des échéances électorales.  Pour que la région parvienne à la fin d’un cycle de troubles et de violences, il est en outre nécessaire de préserver les acquis de la CEDEAO, qui a fait preuve d’une grande capacité d’adaptation en partenariat avec les Nations Unies, notamment dans les efforts à fournir pour résoudre les problèmes transfrontaliers, tels que celui des réfugiés en Guinée.  Il faut également développer la bonne gouvernance, dont l’absence est à l’origine de nombreux conflits, a poursuivi M. Duclos.  Enfin, le représentant a souligné l’importance d’investir dans la jeunesse, notamment dans l’éducation, comme l’a fait observer le représentant du Qatar.  Il est indispensable, a-t-il dit, d’achever dans de bonnes conditions le cycle qui se referme aujourd’hui, dont l’un des points de passage obligés est le processus de paix en Côte d’Ivoire, qui doit être mené à bien dans les conditions que la communauté internationale a fixées pour ce pays.

    M. BASILE IKOUEBE (Congo) a commenté les efforts de consolidation de la paix au Libéria et en Sierra Leone.  Concernant le premier, il s’est dit préoccupé par la persistance d’un certain nombre de facteurs déstabilisants dont la menace représentée par les anciens combattants et miliciens de l’ex-Président Charles Taylor.  En Sierra Leone, la sécurité et la stabilité politique sont toujours menacées par un certain nombre de risques, en particulier le chômage des jeunes, la corruption dans le secteur public, les lacunes du système judiciaire et un manque de ressources qui limite les capacités d’intervention de l’État.  La Guinée-Bissau n’a guère enregistré de progrès dans la consolidation de la paix et en Côte d’Ivoire, nous n’en sommes qu’à la recherche de solutions de sortie de crise, a regretté le représentant.  Il a attiré l’attention sur le rapport du Secrétaire général « toujours actuel » sur les « causes des conflits et la promotion d’une paix et d’un développement durables en Afrique ».  Examinant l’application des recommandations formulées dans le rapport, a rappelé le représentant, l’Assemblée générale a adopté la résolution 60/223 qui met le doigt sur les principales questions et les défis à relever.  Le représentant s’est donc dit satisfait que la déclaration présidentielle reprenne les principaux points de la résolution.  La déclaration, a-t-il conclu, contient tous les éléments d’une approche réaliste et dynamique du problème posé.

    M. PETER BURIAN (Slovaquie) a souligné le rôle de la CEDEAO en matière de renforcement de la coopération et de la création d’un climat de confiance au sein des pays de la sous-région, en tant qu’incarnation de la maîtrise locale et sous-régionale visant à remédier aux défis et problèmes communs.   Il a précisé qu’un certain nombre de problèmes demeuraient, notamment les incidences transfrontalières des conflits de la région qui tendaient à déborder d’un pays sur l’autre, la persistance d’une pauvreté généralisée due principalement à l’exploitation illégale des ressources naturelles, et le lien étroit qui existait entre paix et consolidation économique d’une part et renforcement de la démocratie, de la bonne gouvernance et du respect des droit de l’homme, d’autre part.

    Le représentant a suggéré qu’il existait plusieurs manières de traiter les problèmes relatifs à l’Afrique de l’Ouest.  Il a estimé que tant les peuples que les gouvernements de la région devraient être prêts à adopter des mesures difficiles et impopulaires afin d’améliorer la gouvernance.  Les pays de la région doivent bénéficier d’un appui international solide qui se traduit par un transfert de compétences spécialisées et une aide au développement.  La Commission de consolidation de la paix devrait être amenée à jouer un rôle essentiel en matière d’initiatives de consolidation de la paix sur le plan international et, enfin, les États africains devraient aborder le problème de l’impunité.

    De l’avis de sa délégation, des élections démocratiques, la lutte contre la corruption, l’introduction de politiques et de réformes économiques judicieuses, le renforcement de l’état de droit et la réforme du secteur judiciaire, contribueraient à attirer les investissements étrangers et à promouvoir la croissance des industries et de l’esprit d’entreprise au niveau local, et encourager la réforme essentielle du secteur de la sécurité.

    Mme JACKIE W. SANDERS (États-Unis) a affirmé que l’Afrique de l’Ouest avait parcouru un long chemin en peu de temps.  Pour beaucoup de ses habitants, cette région est maintenant plus sûre, notamment grâce aux efforts des Nations Unies.  À cet égard, la représentante s’est félicitée de la poursuite des efforts de l’ONU pour veiller au bon déroulement du processus de paix en Côte d’Ivoire.  La communauté internationale doit cependant continuer à apporter son soutien à la réforme de la sécurité, à la bonne gouvernance et à la consolidation des institutions des régimes d’Afrique de l’Ouest.  Les États-Unis estiment en outre que la liberté démocratique et les investissements privés seront de nature à garantir la prospérité économique pour les pays de la sous-région.  Mais pour cela, a-t-elle fait remarquer, il est indispensable de mettre au préalable en place les cadres politiques appropriés pour attirer les investisseurs étrangers.  À cet égard, le Ghana est un bon exemple, a poursuivi la représentante, qui a annoncé que la semaine dernière, la « Coopération des défis du Millénaire » avait engagé plus d’un million de dollars dans la lutte contre la pauvreté dans ce pays.  La représentante a conclu en soulignant la nécessité de tenir les individus pour responsables des crimes qu’ils ont commis.

    M. KENZO OSHIMA (Japon) a dit constater en Afrique de l’Ouest une transition du conflit à l’ordre constitutionnel ainsi que des progrès vers la consolidation de la paix.  Les conflits étant susceptibles de se répandre dans d’autres pays, il est important de saluer les nombreuses initiatives prises par la CEDEAO et le rôle clef qu’il continue à jouer dans la sous-région, a estimé le représentant, en annonçant que son pays continuera d’apporter une assistance financière au Secrétariat de la CEDEAO.  Il a aussi jugé important de définir les défis communs et de coordonner les efforts.  C’est exactement ce qu’a essayé de faire la Conférence internationale de Tokyo pour le développement de l’Afrique (TICAD) en discutant, lors de sa dernière convocation, des questions de sécurité, de gouvernance politique et de transition, de la reconstruction des communautés et du développement économique.  Ces questions, a souligné le représentant, sont essentielles à la mise en œuvre d’une approche globale et intégrée de consolidation de la paix.  La tâche première devrait être de créer un environnement sûr et stable, en s’attaquant aux questions liées au désarmement, à la démobilisation et à la réinsertion (DDR) et à la réforme des appareils de sécurité et de justice.  Dans le domaine de la gouvernance et de la transition politique, toutes les parties doivent être amenées à adhérer aux principes démocratiques et à participer au processus politique.  Enfin, concernant la reconstruction de la communauté et le développement socioéconomique, l’objectif doit être de pouvoir répondre aux besoins premiers des populations, en traitant de questions telles que les anciens combattants, le chômage des jeunes et le développement du secteur privé.  Le représentant a estimé que la Commission de consolidation de la paix pourra contribuer aux travaux du Conseil de deux manières: d’abord en établissant les questions prioritaires dans le cadre d’une approche intégrée, et ensuite, en examinant les stratégies de consolidation de la paix pour chaque pays concerné, en incorporant dans ses recommandations les opinions des États, des experts, des missions de l’ONU, des ONG et des autres acteurs, étant entendu que chaque État doit s’approprier le processus.  Le représentant a illustré l’attachement de son pays au développement de l’Afrique en rappelant une nouvelle initiative du TICAD qui consiste à débourser régulièrement une somme de 60 millions de dollars pour l’Afrique de l’Ouest, le Soudan et en particulier la région des Grands Lacs

    M. EMYR JONES PARRY (Royaume-Uni) a salué les efforts de la CEDEAO pour ramener la paix dans la région et indiqué que son gouvernement était prêt à œuvrer en concertation avec cette organisation pour rechercher une paix durable dans la sous-région.  Celle-ci commence à s’enraciner, malgré des incidents, comme ceux qui se produisent en Côte d’Ivoire.  Bien entendu, le chemin à parcourir est encore long, mais la Sierra Leone et le Libéria sont sur le point de devenir des exemples pour les autres pays de la région, et ils peuvent désormais axer leurs efforts sur leur croissance économique, que le Royaume-Uni continuera à appuyer, a assuré le représentant.  Par ailleurs, l’arrestation de Charles Taylor est un acquis qui prouve que la culture d’impunité peut prendre fin et qu’elle constitue un signal important dans la région.  Rappelant ensuite que son pays suivait de près la situation dans la région du fleuve Mano, le représentant a indiqué qu’il était important pour les pays de la région de respecter leurs échéances électorales et de mener à bien les programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion.  À cette fin, il faut que la région continue à bénéficier de l’appui du Conseil de sécurité, des institutions financières internationales et du système des Nations Unies, a-t-il préconisé.

    M. TUVAKO MANONGI (République-Unie de Tanzanie) a estimé que ce qui manque, au stade actuel, c’est la volonté, la détermination et les ressources pour mettre des recommandations qui existent déjà.  Le Secrétaire général a fait des propositions très pertinentes et très concrètes et le Conseil de sécurité n’a pas été en reste, en multipliant les mesures qui néanmoins ne porteront leur fruit que si elles sont supervisées de près, s’est expliqué le représentant.  Pour leur part, les pays d’Afrique de l’Ouest ont formulé toute une gamme de recommandations pour parvenir à une paix durable.  Les causes des troubles sociaux et civils ont été clairement identifiées comme contrevenant à la Déclaration de la CEDEAO sur la démocratie et  la gouvernance.  Se félicitant des efforts en matière de lutte contre l’impunité comme l’illustre le transfèrement de Charles Taylor auprès du Tribunal pour la Sierra Leone, le représentant a appelé les pays de l’Afrique de l’Ouest à renforcer leurs institutions de gouvernance, à promouvoir la transparence dans la gestion des ressources naturelles, à respecter l’état de droit et à réformer les secteurs de la sécurité et du pouvoir judiciaire.  Ils doivent aussi réorganiser leurs économies et coopérer avec la société civile pour éduquer les populations à l’exercice de leurs droits.  L’Union africaine et la CEDEAO doivent collaborer plus étroitement avec les pays en situation de conflit et la communauté internationale doit continuer à accroître son appui financier aux pays qui se remettent d’un conflit.  À cet égard, le représentant a encouragé les pays occidentaux à nouer des liens de partenariats avec leurs anciennes colonies plutôt que des liens de dépendance.

    /à suivre…
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