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Le chèque payant : Une étape supplémentaire dans l’escalade des frais bancaires

Dans un article publié le 31/12/05 sur le site lemonde.fr, un « professeur d'économie à l'université Paris-VIII » interrogé par Nathalie Brafman, commente ainsi la décision du CIC de facturer les chèques :

« Dans le système capitaliste, rien n'est jamais gratuit. Sur le principe, je trouve que la tarification du chèque est une bonne chose car elle établit un prix sur un service. »

Faut-il rappeler à ce « professeur », dont on remarquera qu'il préfère garder l'anonymat et se réfugier derrière son titre, qu'avant d'en être les clients, nous sommes les fournisseurs des banques ?
Les fournisseurs forcés, puisque la loi elle-même interdit les transactions en espèces supérieures à certains montants.
Fournisseurs forcés, puisque la société est organisée de telle façon qu'il est désormais impossible à un individu de se passer d'un compte bancaire, ne serait-ce que pour obtenir un logement, s'abonner à un service de téléphonie mobile, pour ne citer que deux exemples concrets et familiers.
Faut-il rappeler à ce « professeur », que selon un principe historique aujourd'hui bafoué, la gratuité des opérations courantes est le minimum inaliénable dû au citoyen en contrepartie de la matière première qu'il met à la disposition des banques, sans avoir la possibilité de faire autrement, et sur laquelle celles-ci réalisent des profits de plus en plus colossaux ?

A moins d'envisager la gratuité totale des prélèvements et virements automatiques (mise en place, exécution et suppression), à moins d'envisager la gratuité totale de la carte bancaire et de l'ensemble de ses utilisations, y compris pour les commerçants, la facturation des chèques ne peut être perçue que comme une étape supplémentaire dans l'escalade des frais bancaires et le pillage organisé de nos comptes.
Cautionner ce pillage est une provocation obscène.
Le faire dans l'anonymat, tout en se prévalant du titre de « professeur », est l'attitude d'un lâche, d'un corbeau, d'un minable.

Puisque les banques nous déclarent la guerre, puisqu'elles ont le soutien des pouvoirs publics, nous allons nous battre.
Et nous allons gagner.



Antoine Vermeersch
www.zerofrais.org