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Be2 aime la visibilité sur Internet mais pas la critique

Be2 aime la visibilité sur Internet mais pas la critiqueBe2 est un site de rencontre sur Internet à l'instar du populaire Meetic. Voulant accroître sa renommée sur le web francophone, la société Be2 fait appel à une agence de relations presse. Celle-ci diffuse, pour son compte, plusieurs communiqués de presse vantant les mérites de Be2, dont plusieurs sont postés sur les pages de Categorynet.com. Les communiqués de presse publiés sur Categorynet.com apportent alors une belle visibilité à Be2. Hormis le fait qu'ils sont lus plusieurs milliers de fois, un des communiqués se retrouve même dans les premières places des résultats Google. Quoi de plus réjouissant ? Mais cette visibilité soudaine amène aussi son lot de protestations. En effet, de nombreux clients mécontents des pratiques commerciales de Be2 (une simple recherche sur Google suffit à apprécier l’ampleur de la vague de réclamations postées tous azimuts) lisent également ce communiqué. Une dizaine commentent l'article en faisant part, parfois agressivement et maladroitement, de leur expérience d'internaute et de leurs déboires financiers avec la société Be2.
Cette visibilité via Categorynet.com devient alors embarrassante pour les dirigeants de Be2.

 

 

communiqué diffusé sans accord

{mosimage}Ce 17 septembre, un courrier électronique arrive à la rédaction. La société Be2 nous demande de supprimer, purement et simplement, toutes les citations relatives à leur marque sur notre site et, par la même occasion, de supprimer l'ensemble des commentaires postés à la suite de leurs communiqués. Plus cocasse, Be2 justifie sa demande en arguant que l'agence RP n'avait pas leur autorisation pour publier ces communiqués de presse (jointe par nos soins, l'attachée de presse, qui ne travaille plus aujourd'hui pour Be2, confirme avoir reçu l’aval de son ex-client pour la diffusion de ces informations sur Internet).

Le dirigeant de Be2 s'offusque que les internautes se plaignent de leurs pratiques commerciales (conditions de renouvellement des abonnements, de résiliation…). Comme il l'explique, tout est indiqué dans les conditions générales, les utilisateurs n'ont qu'à lire avant de s'engager et de payer.
Comme il n’est pas dans notre habitude de censurer nos internautes sur simple demande d'une entreprise gênée par des critiques et des réactions de lecteurs, nous supprimons les communiqués de Be2 mais laissons les commentaires. Nous essayons de faire comprendre à Be2 que les internautes ont le droit d'être mécontents et d'émettre leur opinion, qu'elle soit négative ou positive. Nous convenons également du fait que certains internautes sont allés trop loin et suggérons de supprimer une partie des commentaires ou des passages impolis. Mais Be2 ne veut rien entendre. On supprime tout ou c'est la justice qui règlera le compte de Categorynet.com. Les échanges d'e-mails se poursuivent. Au fur et à mesure, les manœuvres d’intimidations se font de plus en plus pressantes. Dans un e-mail, Be2 nous demande les coordonnées de notre conseil juridique pour assignation judiciaire, dans l'autre, Be2 nous rappelle que le préjudice financier sera conséquent…

Le risque des relations presse

Ne voulant pas nous immiscer dans un débat entre une société à une réputation mitigée et ses clients, nous avons finalement décidé de désactiver ces commentaires. Categorynet.com n'a pas vocation à devenir une association de consommateurs. D'autres portails jouent très bien ce rôle. Mais la société Be2 va-t-elle également assigner en justice l'ensemble des forums où l’on débat en long et en large de leurs pratiques commerciales ?
Cette triste affaire démontre une fois de plus que beaucoup de sociétés n'ont pas compris les enjeux des relations presse. Certaines entreprises ne comprennent pas que la presse et Internet ne sont pas de simples canaux marketing où les communiqués sont relayés sans mot dire. Il arrive qu'un journaliste, après réception d'un communiqué de presse, écrive un article critique ou, comme dans notre cas, qu'un communiqué de presse déclenche une levée de boucliers dans l’opinion publique. Cela relève tout bonnement de la liberté d’expression. Ce sont aussi les règles du jeu des relations presse. Lorsqu'une entreprise se met au-devant de la scène, elle s’expose à recevoir des articles louangeurs mais aussi des critiques. Be2 n'a apparemment pas compris cela.
Certes, en censurant les messages des internautes, nous avons, nous aussi, joué le jeu de Be2. Mais, à défaut de pouvoir lire ces commentaires, nous espérons que les internautes pourront se faire leur propre opinion au travers de ce petit résumé. Pour le reste, la presse est encore en droit d’exprimer un point de vue, fût-il critique, librement.