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François Mius, nouveau Directeur Général d’EPARECA / Ambitions et projets pour 2006 – 2012

Spécialiste et référence reconnue en matière de rénovation urbaine, François Mius allie à un profil architecte – urbaniste de fortes compétences opérationnelles. Ce sont ces dernières qui ont été déterminantes pour sa nomination au poste de Directeur Général d’Epareca. L’établissement doit en effet relever le défi de répondre aux objectifs fixés lors du CIV (Comité Interministériel à la Ville) du 9 mars 2006 ; Epareca devant avoir « des capacités d’actions multipliées par trois ». François Mius expose, en cette fin de septembre 2006, les futurs « chantiers » qui vont faire évoluer le quotidien d’Epareca.





François Mius, un spécialiste de la rénovation urbaine



François Mius, 50 ans, a été nommé par arrêté interministériel du 3 août 2006 Directeur Général d’Epareca, Etablissement Public National de Restructuration des Espaces Commerciaux et Artisanaux, dont le siège est basé à Lille.

Diplômé de l’Ecole Normale Supérieure d’Architecture et du Paysage de Lille, urbaniste qualifié OPQU et ingénieur subdivisionnaire, auditeur du CHEDE (Institut de la Gestion Déléguée du Ministère des Finances), il était depuis 2001 Président - fondateur de Mutations Immobilières Urbaines et Sociales, société fortement impliquée depuis l’origine dans les opérations de rénovation urbaine.

Il intervient également sur le thème de la stratégie urbaine (pilotage de projets urbains complexes) à l’IEP de Paris et est chargé du module « processus opérationnel » à l’Ecole de la Rénovation Urbaine.





Une expérience professionnelle transverse



Son parcours professionnel est un modèle de transversalité, organisé sous une thématique commune : « les grands projets et la restructuration urbaine ». François Mius peut notamment faire valoir de nombreuses références en matière de restructurations et rénovations urbaines et commerciales, ainsi que de mises en oeuvre de plusieurs sites en zones urbaines sensibles.

François Mius est ainsi devenu, dans le cadre de ses activités professionnelles, une référence en matière de rénovation urbaine, notamment dans la préparation de la loi Borloo. La DIV (Délégation Interministérielle à la Ville) lui confie en 2003 un rapport intitulé « passage à l’opérationnel des opérations de restructurations urbaines (ORU) ». François Mius y décortique alors les échelles concernées, l’organisation de maîtrise d’ouvrage et de maîtrise d’oeuvre et les procédés opérationnels. Sa société Mutations gèrera le premier dossier ANRU du genre (convention n° 1). Une douzaine de dossiers suivront.





Premiers liens avec Epareca en 1996



François Mius s’est également frotté très tôt à la thématique commerciale. Il a été à l’origine de la restructuration de plusieurs centres commerciaux en zones urbaines sensibles et en particulier de l’espace Bellefontaine dans le quartier du Mirail à Toulouse en 1996, ce projet préfigurant à l’époque le mode d’intervention d’Epareca. Par la suite, il a travaillé sur plusieurs projets repris par l’Etablissement Public, en tant que conseil des collectivités sur la partie rénovation urbaine.





Epareca doté d’ambitions nouvelles



La signature d’un COM (Contrat d’Objectifs et de Moyens) en 2005 et le CIV de mars 2006 ont acté l’utilité sociale et économique d’Epareca dans le cadre de la rénovation urbaine. Ce faisant, le CIV a décidé d’augmenter ses moyens pour que la production soit plus large. Le choix d’un profil opérationnel, qui puisse à la fois accompagner Epareca dans son développement et l’augmentation de sa projection, et relayer l’esprit pionner de l’établissement public pour l’amener à une plus grande capacité de production avec des garanties opérationnelles, a prévalu.





« Marier deux notions supposées antagonistes »



Quand François Mius parle de sa nouvelle mission, il est enthousiaste. Sa motivation, « c’est de réussir à combiner deux notions supposées antagonistes : un objectif de service public au cœur des quartiers, au service des maires et des populations fragiles en leur apportant des services les plus qualitatifs possible, tout en mariant cela à des impératifs économiques ». « Oui pour investir, pour arriver à un résultat » précise François Mius « mais à l’arrivée il faut que cela soit pérenne, que l’espace commercial puisse être remis sur le marché ». Car, selon lui, « l’utilité sociale, c’est de faire quelque chose de durable et pour que ce soit durable, il faut que ça s’inscrive dans le réel. »

François Mius ajoute quelques ambitions complémentaires : la nécessité d’une présence plus importante dans les quartiers, une diversification des missions d’Epareca.



Avec sa prise de fonction, François Mius a pris la mesure des évolutions qu’il souhaite impulser à l’Etablissement Public pour qu’il mène à bien la mission que lui a confiée le CIV, « une capacité d’action multipliée par trois ».

Voici les principaux chantiers auxquels il va s’attaquer dans les prochains mois :



1°) Favoriser le fonctionnement de la saisine



Une signature tripartite entre l’ANRU, la Caisse des Dépôts et Consignations et Epareca va avoir lieu d’ici fin 2006. Elle vise à faire en sorte que, lorsque les Préfets ou l’ANRU sont confrontés à des projets de rénovation urbaine, ils puissent exercer un devoir d’alerte et missionner Epareca de façon légère pour faire un diagnostic d’opportunité. Ainsi, les maires pourront être mieux informés, libres à eux ensuite de saisir Epareca.



2°) Intervenir beaucoup plus en amont sur les projets



« On intervient dans un quartier au titre d’une rénovation urbaine, d’une modification de l’environnement urbain » intervient François Mius. « Même si notre fonction est centrée sur le commerce, nous ne devons pas être dominés par un tropisme exclusif. Il est souhaitable que nous ayons une ambition urbaine au sens fort du terme ».

Et donc Epareca va s’efforcer d’être présent plus en amont, plus tôt dans la fabrication des projets, « quand la structure urbaine est encore malléable ». De même, « il faut augmenter nos exigences en matière d’architecture et d’environnement. Il faut qu’on puisse s’autoriser à aller chercher des équipes diversifiées associées à des équipes d’architectes locales, par souci de qualité et d’opérationnalité », propose François Mius. Une cellule « amont », directement rattachée au DG, sera ainsi créée. Elle couvrira les études stratégique et commerciale, l’expertise urbaine et architecturale.



3°) Réduire la durée des opérations d’Epareca



Une opération est réalisée, en moyenne, en six ans. « Trop long » estime François Mius. Son objectif est de diminuer cette durée à 4 – 5 ans. Parmi les solutions évoquées, le traitement plus rapide des saisines (durée d’un an en moyenne aujourd’hui) et la diminution de la durée de réalisations des espaces quand c’est possible (en cas d’absence de DUP).

Pour cela, 2/3 des effectifs seront consacrés à l’opérationnel, de nouveaux outils de gestion, de planning des chantiers et des indicateurs seront mis en place dès janvier 2007, et Epareca se renforcera d’ingénieurs recrutés pour assurer un appui technique aux responsables d’opérations, au sein de la direction opérationnelle.



4°) Passer d’un taux de pénétration dans les quartiers sensibles de 10 % à 30 %



Epareca est présent de façon opérationnelle sur une cinquantaine d’opérations depuis sa création, sur un total de plus de 500 quartiers sur lesquels se concentre la politique de rénovation urbaine. Cela fait 10 % de pénétration du marché. Pour mettre en application le texte du 9 mars, il faudrait donc viser 150 quartiers, soit un objectif de 30 % de pénétration,

en incluant dans ce chiffre les espaces commerciaux où Epareca n’intervient qu’en amont (rappelons qu’Epareca ne réalise les opérations qu’en dernier ressort).



5°) Initier et développer la vente des espaces



« Il faut dorénavant développer la vente » estime François Mius. Epareca n’a pas vocation à rester dans une logique patrimoniale. L’établissement doit être dans une logique de flux qui puisse alimenter la partie recette de l’établissement. L’essentiel des règles de vente restent encore à écrire. Il n’y a ici, précisons – le bien, aucune vocation d’Epareca à faire du profit globalement. L’objectif est de remettre les espaces commerciaux réalisés sur le marché et de consacrer ses efforts à d’autres projets, pour autant que qualité et stabilisation de l’offre de services soient acquises, ce qui restera essentiel. Il faut pour cela associer, dès l’amont, les professionnels du commerce. Une fonction vente directement rattachée à la direction sera créée en ce sens.



6°) La diversification des missions d’Epareca



« Dans le service qu’on rend aux élus, il faut que nous acceptions le principe d’un droit de suite pour le maire ». Si un maire souhaite construire des espaces d’activités pour accueillir des organismes de formation à côté des espaces commerciaux d’Epareca, l’Etablissement doit pouvoir l’assister et réaliser.

Second changement : Epareca peut être dorénavant appelé à intervenir dans les quartiers sensibles situés en centre - ville. Trois types de complexités seront à surmonter. Elles concernent l’appropriation, la dispersion géographique des espaces et la capacité à revendre. C’est un travail complexe, du cas par cas. Là encore Epareca peut apporter son expertise en amont.





En conclusion, tout sera fait pour servir la mission finale d’Epareca sur une plus grande échelle. « Nous poursuivons un but d’intérêt public et cherchons à mettre en place des solutions pérennes. Nous sommes là pour aider les maires à mettre en oeuvre leur projet de restructuration urbaine, dans un contexte qui appelle à une plus grande solidarité sociale et économique » rappelle François Mius. Avant d’ajouter « Pour y parvenir, il faut articuler toutes les énergies, qu’elles soient publiques ou privées ».