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LE DIABLE AU CORPS pour la première fois en DVD chez PARAMOUNT

LE DIABLE AU CORPS
POUR LA PREMIÈRE FOIS EN DVD

« ON AIME LES PERSONNAGES, ON AIME QU’ILS S’AIMENT, ON DÉTESTE AVEC EUX LA GUERRE ET L’ACHARNEMENT PUBLIC CONTRE LE BONHEUR. »

JEAN COCTEAU

« N’ABÎME PAS NOTRE PREMIER JOUR DE BONHEUR… IL FAIT SI BEAU. »

Ils se rencontrent durant “l’Autre Guerre”, celle qui allait décimer une jeunesse qui ne savait pas auparavant ce qu’était la mort à l’échelle mondiale. Elle s’appelle Marthe. Il se prénomme François. Le premier regard les lie à jamais. Ils sont jeunes. Ils sont beaux. Mais l’insouciance ne fait plus partie de leur vie sauf quand ils sont ensemble, quand ils s’aiment. Dans ces moments, toutes contraintes, toutes formes d’autorité n’ont plus loi. Mais l’ombre guette, la guerre est proche, elle est mariée, il est mineur, leur désinvolture provoque l’opprobre. Leur amour est tellement fort qu’il en devient scandaleux. Survivront-ils au bonheur ?

RAYMOND RADIGUET, UNE ÉTOILE FILANTE, UN TALENT HORS NORME

En 1923 paraissait le premier roman d’un jeune prodige qui n’avait que 17 ans lorsqu’il l’écrivit : Le Diable au corps. Moqué par la critique avant même sa publication s’attendant aux larmoiements d’un adolescent, le livre rencontrait le succès autant par ses qualités intrinsèques que par le scandale qu’il provoquait : les amours adultères et immorales pour la société de l’époque d’un adolescent et de la jeune épouse d’un poilu. Comment un roman pouvait-il faire l’apologie d’une jeunesse qui dédaignait à ce point la guerre, ses hommes, et soutenir la relation inqualifiable pour tout bien-pensant d’une femme, presque majeure – elle n’a que 20 ans – avec un mineur ?
Si le jeune écrivain nia toujours que son roman était autobiographique, il vécut à l’âge de 14 ans une histoire similaire avec une jeune voisine de ses parents, dont le mari était sur le front de cette “drôle de guerre”, écrivant même dans Les Nouvelles Littéraires lors de sa sortie : « Ce petit roman d’amour n’est pas une confession, et surtout au moment où il semble davantage en être une. C’est un travers trop humain de ne croire qu’à la sincérité de celui qui s’accuse ; or, le roman exigeant un relief qui se trouve rarement dans la vie, il est naturel que ce soit justement une fausse autobiographie qui semble la plus vraie. » N’est-ce pas là la force de ce roman dont l’auteur possède un recul et une lucidité parfaite sur la puissance évocatrice qui en fera la qualité et le succès ?
Aussi, à la publication du roman, le jeune homme reçut-il le soutien de ses pairs dont Paul Valéry et surtout Jean Cocteau qui avait su voir avant tous le talent du garçon et dont il avait suivi tout le processus d’écriture. Jeune homme au destin fulgurant, il décédait l’année de la publication de ce premier roman à tout juste 20 ans de la fièvre typhoïde.


LES ANNÉES PASSENT, LE SCANDALE SUBSISTE

Le film, bien que réalisé plus de 20 ans après la publication du roman, fait les frais des mêmes réactions voire plus. Lors de sa première projection lors du Festival International du Film de Bruxelles, l’ambassadeur de France quitta la salle, le chansonnier, très connu à l’époque, Noël-Noël jeta à la face d’Autant-Lara un « Quelle honte ! » avant de se retirer, et de nombreux journalistes insistèrent pour que le film soit retiré de l’affiche. Le film aurait pu craindre le pire, pourtant la censure de l’époque ne demanda qu’une interdiction aux moins de 16 ans et obligea à ce que le film soit précédé d’un édifiant carton : « Les personnages qui animent cette œuvre cinématographique de leur impétueuse et parfois cynique jeunesse expriment les sentiments de quelques jeunes dont les esprits se trouvèrent emportés dans le bouleversement qui de 1914 à 1918 ébranla le Monde. » En quelques mots, la censure soulignait elle-même quelques-u
ns des éléments qui font la force du film d’Autant-Lara, cette volonté d’émancipation, cette soif de liberté, et cet élan de la jeunesse pour se libérer de ces entraves. Il est à noter d’ailleurs que bien que le réalisateur magnifie la relation des deux amants dans sa mise en scène, ce n’est pas sans renforcer le propos quant à l’ineptie de cette guerre dont les participants ignoraient le destin qui les attendait partant avec leur innocence au bout du fusil, un élément d’autant plus sulfureux au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Vingt ans avant la nouvelle vague et 68, l’histoire des deux jeunes amants marquait avec un modernisme grandiose les prémices d’une jeunesse en rébellion, en quête de liberté !


MICHELINE PRESLE ET GÉRARD PHILIPE, DEUX DIAMANTS DANS UN ÉCRIN


La parfaite harmonie du jeu des deux jeunes acteurs, leur modernisme, leur beauté époustouflante brillent sur chaque image du film de Claude Autant-Lara.

Micheline Presle, totalement investie dans ce film, est à l’origine du choix du réalisateur et du jeune acteur. Actrice star au sortir de la Seconde Guerre mondiale, son succès dans le tout récent chef-d’œuvre de Christian-Jaque, Boule de suif, lui permet de choisir ses prochains projets. Le Diable au corps en fait partie et elle se bat pour que Gérard Philipe et Claude Autant-Lara soient au générique du film. Elle embrasse le rôle de Marthe avec une force et une justesse toutes naturelles, trouvant une résonance particulière, à l’unisson, face au jeu du jeune acteur. Son personnage, plus femme qu’enfant, touché de plein fouet par la confusion des sentiments mais aussi par la violence de cette guerre que seul l’amour semble permettre d’oublier, est un bijou d’interprétation.

Gérard Philipe n’est pas encore le Julien Sorel du Rouge et le noir, ni le jeune Faust de La Beauté du diable et encore moins le célèbre Fanfan la tulipe quand il choisit d’interpréter le rôle de François dans Le Diable au corps mais toute la force de son talent, son charisme, sa manière de capter la lumière et de transcender l’image se retrouvent déjà dans ce rôle. Il a à peine 24 ans quand il accepte la proposition de Claude Autant-Lara. Après avoir hésité, se trouvant trop vieux pour jouer François, il accepte le rôle comme un défi, le réalisateur ayant argumenté auprès de lui que « la jeunesse se joue » aussi. C’est une véritable leçon que d’observer le jeune acteur composer cet adolescent tour à tour enfant et homme, enjoué et éteint, passionné et raisonné, exprimant toutes les émotions de ce moment de l’adolescence où plus rien n’est contrôlé et encore plus sous le joug de l’amour.

UN TRIO D’ORFÈVRES, CLAUDE AUTANT-LARA, JEAN AURENCHE ET PIERRE BOST

Jean Aurenche et Pierre Bost, respectivement scénariste et dialoguiste, sont à eux deux les auteurs de quelques-uns des plus grands chefs-d’œuvre du patrimoine cinématographique français, voire du cinéma mondial. De Jeux interdits à Gervaise, du Rouge et le noir à Paris brûle-t-il ? ou de L’Horloger de Saint-Paul au Diable au Corps, on retrouve cette incroyable maîtrise leur permettant d’aller au-delà des mots. Ils insufflent aux romans qu’ils adaptent et aux scénarios dont ils sont à l’origine, un regard sans concession sur les travers de la société qui les entoure, ce qui permet même d’observer avec subtilité dans ces scénarios l’essence de leur époque, leur conférant une rare modernité.

Claude Autant-Lara, réalisateur minutieux et engagé, homme en colère contre le monde, dont les films sont autant de pépites cinglantes, souligne avec cynisme, acuité et gravité les contraintes d’une société qu’il honnit. C’est avec Douce en 1943 que cette vindicte prend ses sources, première association avec Aurenche et Bost, son humour noir point et naît une collaboration qui produira quelques chefs-d’œuvre tels Le Rouge et le noir, La Traversée de Paris, Tu ne tueras point.
Le Diable au corps consacre cette réunion de talents auxquels s’ajoute l’interprétation sans faille de Micheline Presle et Gérard Philipe. À l’époque, lors du très couru Festival International du Film de Bruxelles, le film, à défaut de repartir avec le Grand Prix du Jury car trop scandaleux, remporte le Prix de la critique, elle-même divisée, tandis que Gérard Philipe gagne le prix d’interprétation lors d’un festival qui a tout juste un an, et deviendra incontournable : le Festival de Cannes.

Le Diable au corps

Date de sortie : le 8 septembre 2010
Prix : 14,99 € TTC*
*Prix de vente conseillé.

Bonus :
2 documentaires inédits réalisés pour l’édition DVD
- La Victoire en grinçant : Autant-Lara fait sa révolution
- Le Diable au corps censuré
Avec la participation exceptionnelle de Micheline Presle.
Et les témoignages de Gérard Bonal, auteur de “Gérard Philipe” (Ed. Seuil), Noël Herpe, historien du cinéma, et Eric Le Roy, des Archives Françaises du Film.
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Communiqué envoyé le 11.08.2010 12:59:50 via le site Categorynet.com dans la rubrique Cinéma / DVD

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