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Qui va sauver les Somaliens du génocide ?




Les habitants de Mogadiscio continuent de fuir les combats acharnés qui opposent, depuis des mois, les insurgés islamistes au gouvernement de transition soutenu par les forces éthiopiennes.

Alors Mogadiscio se vide, et ce sont des centaines de milliers de d’hommes, de femmes et d’enfants, qui s’enfuient et s’entassent le long des 20 kilomètres de la route qui sort de la capitale.

Ils se terrent dans les ruines. Ils n''ont ni argent, ni perspective de travail, ni espoir.

En plus de ce malheur, ils subissent des violences, des pressions et des intimidations de toutes sortes.

Le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans a largement dépassé le seuil d''urgence.

À peine un quart de l''aide envoyée, depuis les pays voisins, parvient aux populations.

La communauté internationale devrait intervenir d’urgence pour arrêter le génocide de la plus grande masse de déplacés au monde.

Médecins Sans Frontières vient de sonner l''alarme, mais écarte toute intervention militaro-humanitaire qui, d’après elle, serait pire que le mal.

Depuis 16 ans, la Somalie vit sans État. Quand ce ne sont pas des pirates qui s''emparent des navires de denrées alimentaires affrétés par l''ONU, ce sont les miliciens qui volent la nourriture dans les dépôts.

Une centaine d''humanitaires étrangers opèrent en permanence à l''intérieur du pays. Les autres ne font que des allers-retours, car le territoire est devenu extrêmement dangereux.

La sécurité des Organisations Non Gouvernementales est assurée par leur indépendance, leur neutralité, et quelques gardes du corps. Le mélange des genres nous mettrait en danger, assure l’une d’elles. C’est la raison pour laquelle elles refusent une nouvelle intervention militaire.

Les militants des droits humains voudraient changer le monde, alors que les humanitaires, en bons médecins, se contentent d''en alléger les souffrances.

Quand les premiers appellent parfois à des sanctions internationales, pour faire plier les gouvernements oppressifs, les seconds mettent en garde contre les effets immédiats sur les populations civiles.

En 1992, les États-Unis et l''ONU avaient mis un terme à la famine. L''année suivante, deux hélicoptères US étaient abattus en plein Mogadiscio. Les cadavres des soldats traînés dans les rues précipitaient le retrait des troupes.

Abandonnée, la Somalie ressurgissait dans l''actualité fin 2006. Le régime des tribunaux islamiques contrôlait le centre et le sud du pays, avant d''être balayé par l''armée éthiopienne, encouragée et conseillée par Washington.

Les troupes éthiopiennes, honnies par les Somaliens, doivent progressivement être remplacées.

Les 8 000 casques bleu promis par les pays africains sont restés chez eux. Il n’y a qu’un millier de soldats ougandais stationnés dans Mogadiscio. Mais ils sont de plus en plus visés par les insurgés qui les accusent de parti pris en faveur du gouvernement de transition et des occupants éthiopiens.

Face à la dégradation de la situation, le bureau de coordination de l''assistance humanitaire de l''ONU vient de réclamer 406 millions de dollars pour fournir une assistance humanitaire à 1,5 millions de Somaliens. Mais que donnera-t-on ?

La solution financière pour sauver du malheur

« Nos gouvernements ne font rien, alors que les gens meurent » déclare l’économiste Jeffrey Sachs, qui pense que les gigantesques capitaux des fondations privées devraient permettre de réussir là où une industrie internationale de l’humanitaire sclérosée et indisciplinée a échouée.

Jeffrey Sachs pense qu’au lieu de faire appel aux pays du G8, pour financer l’aide humanitaire, les meilleures sources potentielles de financement se trouveraient entre les mains des plus grosses fortunes du monde.

Il précise qu’en ne prélevant que 5 % sur les revenus des 950 milliardaires en dollars recensés dans le magazine Forbes, on pourrait facilement réunir les fonds nécessaires à la réalisation des objectifs fixés.

Certains doutent de l’efficacité de cette idée. Randolph Kent indique : « Les difficultés que nous rencontrons dans le cadre de la réduction des maladies de la pauvreté, et de beaucoup d’autres problèmes ne sont pas d’ordre financier. Lorsqu’on injecte davantage d’argent, pour tenter de résoudre les problèmes, on court davantage le risque de voir ces derniers se multiplier que d’apporter des solutions. »

Les grosses fortunes de ce monde ne sont pas de cet avis.

Bono, le célèbre chanteur de rock irlandais a affirmé : « Notre génération a une occasion unique de marquer l’histoire. Nous avons l’argent, le savoir et nous connaissons des personnalités capables d’aider. Nous pouvons parfaitement y parvenir avec le concours de riches personnalités comme Bill Gates. »

D’autres ironisent en prétendant que cette philanthropie capitaliste ne serait que la simple manifestation d’une certaine forme d’arrogance et de vanité de la part des grosses fortunes.

La générosité d’un homme remarquable

En tous cas, en quelques années, la fondation Bill et Melinda Gates a investi quelque 13,6 milliards de dollars dans des projets nationaux et internationaux. Et les avoirs de la fondation devraient atteindre les 60 milliards de dollars avec l’importante contribution financière de l’homme d’affaires américain Warren Buffett.

Dans un nouveau style d’action, appelée capital-risque philanthropique, la fondation Gates tente de résoudre quelques-uns des graves problèmes de la planète, en particulier dans le domaine de la santé, à travers une approche novatrice.

Par exemple, la fondation Gates a démarré un programme d’un montant de 100 millions de dollars, destiné à encourager les recherches médicales innovantes, en aidant les scientifiques de pays africains et asiatiques dans leurs recherches.

La puissance des initiatives partenariales

À côté des initiatives menées par les grosses fortunes, Bill Clinton, l’ancien président des Etats-Unis, organise un forum annuel qui se tient à New York. Cette manifestation n’a pour objectif que de collecter des fonds. Elle réunit un millier de participants parmi lesquels figurent les plus grosses fortunes du monde, auxquels se joignent de nombreux décideurs internationaux. Le forum qui s’est tenu au mois de septembre a réuni 52 anciens et actuels chefs d’États qui ont versé chacun 15 000 dollars pour débattre de sujets qui, autrefois, étaient du domaine des organisations humanitaires.

La Clinton Global Initiative (CGI) n’accorde pas de subvention. Elle agit comme une bourse aux dons destinés à des causes utiles. Elle a déjà enregistré des promesses de dons à hauteur de 10 milliards de dollars.

Ce genre d’initiative ne plaît pas à Randolph Kent, résident et coordinateur humanitaire de l''ONU qui a déclaré : « Je m’intéresse davantage à ce que représente la philanthropie à l’échelle mondiale qu’aux simples dons individuels de quelques milliardaires anglo-américains. »

Que pense-t-on des entrepreneurs philanthropes ?

Certains entrepreneurs philanthropes, tel que l’anglais Impetus Trust, ont introduit, dans le domaine du bénévolat, des techniques empruntées au capital-risque pour aider les organisations caritatives à améliorer leur gestion et leurs performances.

Pour sa part, le fonds américain, Acumen Fund, investit dans des entreprises en faveur des pauvres, mais il attend que celles-ci réalisent des profits, tout en cherchant à promouvoir des produits rentables et des bonnes causes.

À ce propos, Muhammad Yunus, lauréat du Prix Nobel de la paix, et fondateur de la première institution de microcrédit, a déclaré :

« Lorsqu’une entreprise réalise un bénéfice de 100 dollars et qu’elle en consacre 5 pour une bonne cause, dans le seul but de ne pas payer d’impôt, cela ne m’impressionne pas tellement. »

Randolph Kent ajoute : « S’il est vrai que, pour l’instant, les organisations humanitaires ne sont pas encore parvenues à résoudre quelques-uns des plus graves problèmes de la planète, rien ne permet d’affirmer que les milliardaires y parviendront. Il n’est pas certain qu’ils présentent un avantage en termes de capacité d’analyse et de fiabilité par rapport aux mécanismes habituels mis en œuvre pour résoudre ces problèmes. »

Pour sa part, George Soros, le financier et philanthrope américain a déclaré : « Si nous ne réglons pas le problème du changement climatique, nous serons amenés à nous retourner contre nous-mêmes. Et avant de finir tous brûlés, nous nous entretuerons. »

Richard Branson, le propriétaire du groupe britannique Virgin, résume l’esprit de la nouvelle philanthropie en affirmant : « Je refuse de penser que ne nous ne pourrons pas résoudre ces problèmes. »


Avec PlaNet Finance, l’initiative de Jacques Attali, nous fait entrer dans une autre forme d’assistance humanitaire. Sa mission consiste à lutter contre la pauvreté par le développement de la microfinance. Il s’agit, ici, de prêter des petites sommes d’argent aux pauvres pour leur permettre de réaliser des projets d’entreprises qui les feront vivre.

À travers ces exemples, il semble qu’il n’y ait pas qu’une seule manière de faire pour résoudre les problèmes humanitaires.

La sagesse semble indiquer que c’est à travers les différentes initiatives que peut se trouver la solution.

Dans ces conditions, que peut-on faire pour régler le drame de la Somalie ?

Ce pays connaît une situation catastrophique pour déférentes raisons.

D’abord, les donateurs ont contribué à peine à un cinquième de l''aide d''urgence nécessaire.

Les institutions des Nations Unies ont admis, qu''en dépit de prévisions faisant état d''une aggravation de la situation humanitaire, leurs demandes globales d''assistance ont été révisées à la baisse pour passer de 130 millions de dollars à 83,7 millions.

Le rabaissement de l’aide serait lié au climat politique peu propice à une injection considérable de capitaux pouvant relancer les activités de transition et de reprise.

La tragédie de la Somalie a été exacerbée par les retombées politiques de la crise afghane. Les autorités américaines ayant suspecté que les transferts des capitaux vers la Somalie, en provenance de Somaliens vivant à l''étranger, pouvaient avoir des liens avec les réseaux terroristes. Pour mettre fin aux activités de ces derniers, la main américaine a freiné les envois de fonds, qui pouvaient atteindre 500 à 700 millions de dollars par an, et qui ont été réduits de moitié.

À ce manque à gagner est venue s''ajouter une importante sécheresse qui a conduit près de 800 000 Somaliens à devenir tributaires d''une aide alimentaire d''urgence. En même temps, ils subissent une inflation galopante à laquelle s’ajoute l''interdiction, décidée par l''Arabie saoudite, suivie d''autres pays du Golfe, d’importer du bétail somalien, par crainte de contamination par la fièvre de la vallée du Rift. De ce fait, la Somalie se trouve privée de 300 à 400 millions de dollars de recettes d''exportations.

Auparavant, ce pays se remettait à peine d''une guerre civile, avec la constitution, à Mogadishu, d''un gouvernement intérimaire chancelant. Des signes de reprise économique apparurent, dus essentiellement aux apports financiers des Somaliens de la diaspora.

Maintenant, la Somalie s''est complètement effondrée sur le plan économique.

Les populations survivent grâce à des livraisons de denrées alimentaires assurées tant bien que mal par des cargos continuellement attaqués par des bandes armées. Des escortes de navires militaires des armées occidentales sont obligées de les protéger pour qu’ils parviennent à leurs ports de destination.

Les populations ne font que survivre avec quelques poignées de céréales. Sur place, vous pouvez voir des files de tous petits enfants misérables, de 3 à 4 ans, qui viennent mendier des distributions alimentaires avec toutes sortes de récipients. C’est affreux !

Les donateurs sont invités à répondre favorablement en faveur d''une aide d''urgence, qui reste insuffisante, et qui n’aboutira pas à grand chose tant que l’on ne rétablira pas l’ordre.

Plusieurs pays s’y sont essayés, sans succès, car les interventions directes, chères à Monsieur Bernard Kouchner, co-fondateur de Médecins sans frontières, se heurtent aux organisations terroristes.

Alors que faire ?

Nous avons vu que des centaines de milliers de Somaliens sont dépourvus de tout, et qu’ils ne survivent qu’à travers les fonts versés aux organisations humanitaires.

Pourquoi ne fait-on qu’assurer leur survie ? Ne pourrait-on pas aller plus loin, en leur donnant au moins l’argent qui leur fait défaut pour se nourrir et se soigner ?

On me répondra que cette manière de faire a souvent été un échec par le fait que les fonts versés aux États sont souvent dilapidés avant qu’ils ne parviennent aux populations.

Dès lors que la Somalie n’a qu’un gouvernement de transition, dans un pays plongé dans le chaos, il faut encore moins compter sur les dirigeants pour distribuer de l’argent à ceux qui n’en ont plus.

Dans ces conditions, pourquoi ne donnons-nous pas directement l’argent aux gens qui en ont besoin ?

À cette question, il m’a été répondu qu’il n’y avait pas de structure capable d’assurer cette distribution, que cela créerait des émeutes, qu’il y aurait des vols, des tueries, des trafics…

J’ai fait observer que ce ne serait pas pire que de mourir pour n’avoir pas de nourriture et d’espoir.

Il me semblait que je pourrais trouver quantité de volontaires honnêtes qui seraient tout à fait capables de distribuer, de la main à la main, l’argent nécessaire à des hommes, des femmes et des enfants qui ont tout perdu.

Avec de l’argent les gens peuvent se nourrir, s’habiller, se déplacer, se loger, se soigner et se protéger. La satisfaction de ces besoins peut créer du travail, des emplois et relancer le commerce et l’économie.

Dans la lancée, l’ordre peut revenir, les institutions bancaires se mettre en place, avec la transparence de leurs opérations et la surveillance des transferts.

Les grandes puissances pourront revenir et apporter leur aide pour relever le pays du cahot.

Nous voyons bien que l’aide humanitaire peut être utile en revêtant une multitude de formes, et que toutes les bonnes volontés et techniques peuvent se compléter et coexister pour sauver des vies.

Alors, pourquoi ne donne-t-on pas de l’argent aux Somaliens ?

À la suite de l’évocation de cette idée, certains m’ont demandé comment je pourrais assurer que l’argent ne sera pas détourné.

Il me semble que je pourrais faire appel à des observateurs des Nations-unies et aux journalistes qui pourraient venir filmer les distributions, sécurisées par des gardes du corps et, au besoin, par des soldats de la force armée africaine.

Ce projet semble intéresser du monde, si j’en juge par la multitude de réactions et de propositions reçues.

D’ores et déjà, il y aurait plusieurs centaines de volontaires qui seraient prêts à partir pour assurer des distributions d’argent, et nous pourrions déjà disposer de quelques fonds. Mais il en faudrait davantage.

Dès lors que des promesses de dons ont pu être recueillies sans tapage médiatique, il me semble tout à fait possible de pouvoir aller plus loin, avec le concours et l’appui de toutes les bonnes volontés au nombre desquelles figurent les médias et tous les artistes connus.

Il faudrait évidemment aller très vite car, malgré les bateaux qui transportent des millions de tonnes de nourriture, des gens meurent tous les jours.

Alors, pour arrêter l’hécatombe, adressez-moi vite une simple promesse de don.

Ensuite, si l’opération peut être montée, vous recevrez un avis vous informant de la marche à suivre.

Pour ceux qui veulent aller en Somalie, il leur sera indiqué comment se rassembler, avec la manière de percevoir et de distribuer les fonds.

Votre promesse de don ou de distributeur ou distributrice de fonds sera reçue de manière discrète et anonyme sur le site : http://sauvesomalie.site.voila.fr

Joseph Marcoulet

Cet article peut être reproduit librement, s''il est clairement attribué à : http://sauvesomalie.site.voila.fr




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