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Congo : Elections : derrière l’enjeu politique, un enjeu humanitaire

Manger, boire : un droit pour tous

Mercredi 26 juillet 2006

COMMUNIQUE DE PRESSE

République Démocratique du Congo

Elections : derrière l’enjeu politique, un enjeu humanitaire

A l’approche des premières élections multipartites depuis plus de 40 ans et suite à un conflit régional qui a fait plus de 3 millions de victimes directes et indirectes, Action contre la Faim tient à faire un point sur la situation humanitaire d’un des pays les plus grands et les plus pauvres d’Afrique.

Après un conflit de près de 5 ans (août 1998 - décembre 2002), les élections présidentielles et législatives prévues pour le 30 juillet sont la dernière étape d’une transition politique fragile mise en place depuis 2003. Suite à l’adoption par référendum d’une nouvelle Constitution en 2005, ces élections représentent le prochain pas vers la paix mais aussi un challenge pour la communauté internationale et le peuple congolais.

Alors que les tensions s’intensifient à l’approche de cet événement historique, Thierry Laurent-Badin, chef de mission au Kivu (région Est), souhaite que « le nouveau gouvernement prenne immédiatement des mesures pour lutter contre la malnutrition et pour faciliter l’accès aux soins médicaux. » Cependant il craint que « la communauté internationale estime avoir fini son mandat une fois les élections passées. Les élections ne seront cependant pas suffisantes pour apporter la paix : elles ne sont qu’une étape vers une re-stabilisation du pays. Il reste beaucoup de choses à apporter à cette population si démunie : la communauté internationale ne doit pas les abandonner.  »

Cette avancée politique ne doit pas occulter que la République Démocratique du Congo reste une des plus grandes crises humanitaires au monde. Malgré ses formidables ressources, minières notamment, on estime que plus de 75% des congolais vivent en dessous du seuil de pauvreté, avec moins de 1 dollar pour vivre par jour, et des centaines de milliers de personnes souffrent de malnutrition.

« Dans les camps, les réfugiés n’ont pas de vêtement à se mettre sur le dos, ils n’ont pas à manger, ils n’ont rien », témoigne Flore Pallard, administratice sur la base de Dubié, ville isolée du Katanga (sud du pays). Pour ces milliers de déplacés à l’intérieur du pays (16000 à Dubié par exemple), « les élections ne changeront pas grand chose. Certaines régions sont trop éloignées de la capitale pour qu’on s’en préoccupe. »

Action contre la Faim s’inquiète du climat tendu de ces élections et des conséquences qu’elles auront pour une population qui survit déjà difficilement dans ce pays ruiné par la guerre. La RDC, pays pourtant riche en ressources naturelles, traverse depuis déjà plusieurs années la crise humanitaire la plus oubliée de la planète.

Depuis 1996, Action contre la Faim-USA met en place des programmes de nutrition, d’eau et d’assainissement et de sécurité alimentaire pour venir en aide à plus de 400.000 personnes vivant dans une misère extrême, dans les régions de Kinshasa, du Katanga (Lubumbashi, Malemba-Nkulu), de l’Equateur (Mbandaka), du Sud Kivu (Uvira, Bukavu, Shabunda, Baraka et Fizi).