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Violences verbales et intimidations Cinq Camerounaises humiliées

Violences verbales et intimidations Cinq Camerounaises humiliées

Le 24 juillet 2006

K.M. est enceinte de 4 mois, elle est restée 11 jours en zone d’attente, elle a été refoulée le 19 juillet. Elle a raconté les jours passés en zone d’attente comme un enfer vécu avec quatre de ses compatriotes, dont l’une N.O est accompagnée de son fils de 5 ans.

Elles décrivent des sévices de différentes formes : harcèlement, insultes racistes, humiliations et menaces.

Elles ont été emmenées en aérogare, parfois au milieu de la nuit, pour être embarquées alors même que certains jours, aucun vol n’était prévu. Ainsi, le jeudi 13 juillet, N.O a été enfermée avec son enfant de cinq ans durant neuf heures. Le samedi 15 juillet, elles auraient été maintenues dans une salle en matinée durant près de sept heures. Le même jour en soirée, les cinq femmes et l’enfant auraient à nouveau été enfermés durant cinq heures en aérogare. Le lundi 17 juillet, elles seront réveillées à l’aube pour être emmenées en aérogare et y rester neuf heures. Là aussi, l’enfant sera présent.

Les insultes et menaces auraient été nombreuses : « Nègres, on va vous enchaîner si vous refusez de partir », « fichez le camp, vous êtes venus faire quoi », « pourquoi vous ne restez pas dans votre pays », « si vous partez aujourd’hui, il n’y aura pas de brutalités. Si vous ne partez pas aujourd’hui, ce sera avec escorte. » Pour qu’elles portent elles-mêmes leurs bagages, un policier, en s’adressant à l’une d’elles, lui a ordonné de porter « ses pourritures ».

Selon leurs dires, elles étaient empêchées de manger durant leur maintien en aérogare. Les agents n’auraient pas non plus voulu leur donner à boire, puis ont finalement cédé après plusieurs heures. La plupart des agents et officiers présents auraient enfin refusé de les laisser aller aux toilettes. Elles ont confié à l’Anafé qu’elles avaient été obligées d’uriner dans des gobelets. Au moment où K.M. était en train d’uriner, l’un des policiers est venu observer la scène par la porte vitrée.

L’Anafé a informé Madame Eliane ASSASSI, sénatrice du Groupe Communiste Républicain et Citoyen, de ces témoignages. Elle a immédiatement saisi la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité.

Nous continuons à recevoir régulièrement des plaintes de violences, insultes, intimidations et humiliations venant de policiers. Rien ne semble pouvoir empêcher certains agents de police d’agir en toute impunité alors que notre association continue à éprouver les pires difficultés pour accéder aux locaux de police de ces aérogares.