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TRAVAIL FORCÉ - Les enfants, premières victimes innocentes


Paris, 03/01/06 - Aujourd'hui dans le monde, un enfant sur six est employé à des travaux nuisibles à sa santé mentale, physique et à son développement émotionnel, mettant en péril son intégrité et sa vie.

Le travail forcé des enfants est une réalité qui ne date pas d'aujourd'hui, et c'est seulement depuis la création de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) en 1919 que des règles ont pu être établies. En 1930, 139 pays signent une convention pour supprimer le travail forcé ou obligatoire sous toutes ses formes. Cette convention conduira peu de temps après, en 1959, à l'élaboration de la Déclaration des Droits de l'Enfant, puis en 1989 à la Convention Relative aux Droits de l'Enfant de l'UNICEF, ratifiée aujourd'hui par 192 pays (les Etats-Unis et la Somalie, non pas encore ratifié la Convention).

Les enfants constamment exposés au danger
En 2001, le Bureau International du Travail recensait 246 millions d'enfants travailleurs entre 5 et 17 ans dans le monde, principalement en Asie, en Afrique et en Amérique Latine. La majorité d'entre eux travaillent à plein temps dans le secteur de l'agriculture où ils peuvent être exposés à des produits chimiques et à du matériel dangereux. D'autres sont des enfants de rues, colportant des marchandises, accomplissant des petites courses et des activités manuelles. Certains sont des travailleurs domestiques, des prostitués, ou des travailleurs en usine. Tous sont des enfants qui n'ont pas la chance d'avoir une véritable enfance, une éducation ou l'espoir d'une vie meilleure.

Le travail des enfants entraîne de graves perturbations physiques, biologiques et psychologiques. De très jeunes enfants sont obligés de travailler de longues heures, parfois dans des conditions climatiques extrêmes, sans accès aux soins de santé de base. Force est de constater les conséquences dramatiques du travail des enfants qui se manifestent le plus souvent par la perte des facultés, l'amputation des membres, la dépression et finalement la mort prématurée.

L'OIT indique que près des trois-quarts des enfants qui travaillent sont assujettis aux pires formes de travail des enfants, à savoir le trafic des enfants (1,2 millions), les conflits armés (300 000 enfants soldats), l'esclavage (56,7 millions) la prostitution et la pornographie (1,8 million) et les travaux dangereux.
Ces chiffres alarmants démontrent l'étendue du problème et sa dispersion géographique ne peut que compliquer l'application des conventions internationales.

Malgré les efforts de la communauté internationale, le travail des enfants reste une préoccupation majeure, en raison des mauvaises conditions de travail, des implications négatives sur la santé des enfants mais aussi sur le développement économique et social des pays concernés.
Le travail des enfants s'explique par une grande pauvreté sévissant dans des pays qui connaissent des crises de toutes sortes. Les catastrophes naturelles, les chocs économiques, les maladies dont le VIH/SIDA, les conflits armés ont notamment pour effet de pousser un nombre croissant de jeunes vers des formes de travail débilitantes, parfois illégales et clandestines . Arrachés à l'enfance pour des raisons économiques ou politiques, et parce qu'il constitue une main d'œuvre docile, l'enfant est de plus en plus exploité. D'autres facteurs poussent les enfants sur le marché du travail comme l'analphabétisme, le décès ou l'absence permanente du père, le niveau de sous-développement rural, les familles nombreuses, etc. Le travail de l'enfant constitue souvent la seule source de revenus de la famille.


Chiffres clés :
246 millions d'enfants travaillent dans le monde,
73 millions ont moins de 10 ans,
Chaque année, 22 000 enfants meurent dans des accidents liés au travail


Guatemala, près d'un demi million d'enfants victimes du travail
L'Amérique Latine est particulièrement concernée par le travail des enfants et les pays enregistrant un plus grand indice d'exploitation sont Haïtí, suivi par le Guatemala, le Brésil et la République Dominicaine. Sur le continent sud-américain, la proportion des enfants travailleurs serait en augmentation, notamment à cause de la croissance démographique et la dégradation du niveau de vie suite à la crise économique des années quatre-vingt dix.

Le Guatemala, qui comptait près de 13 millions d'habitants en 2004, est le pays le plus peuplé d'Amérique Centrale. Le taux d'analphabétisme s'élève à 55% et celui de la mortalité infantile est le troisième d'Amérique Latine. 75% des guatémaltèques, principalement des indigènes, survivent avec moins de 2 dollars par jour, et doivent faire face à des conditions de vie très difficiles. Les enfants sont donc mis à contribution pour apporter un revenu aux familles, c'est une question de survie.

Selon une étude de l'OIT, plus de 500 000 enfants entre 7 et 14 ans travaillent quotidiennement au Guatemala. Ce sont en majorité des garçons issus des milieux ruraux, mais force est de constater que les filles sont largement concernées par ce phénomène. 63 % des enfants effectuent des travaux agricoles, 16% vivent du commerce, 11 % sont exploités dans des usines, 3 % dans la construction et les 6% restant dans diverses économies parallèles.
Plus de la moitié d'entre eux ne perçoivent ni salaires, ni protection sociale, ni vacances pour des semaines de travail d'environ 40-50 heures, auxquelles s'ajoute parfois les heures de scolarisation.

Etant donné la précarité des familles, il devient difficile de convaincre les familles de l'importance de l'éducation pour améliorer leurs conditions de vie sur le long terme. Le Guatemala a pourtant ratifié plusieurs conventions de l'OIT, dont en 1999, la convention sur l'âge minimum d'admission à l'emploi et, en 2001, la convention 182 sur les pires formes de travail des enfants. En 2001 le gouvernement guatémaltèque a présenté un Plan National pour la Prévention et l'Eradication du Travail Infantile et la Protection des Jeunes Travailleurs. Quatre ans après, les conditions de travail des enfants ne semblent pas avoir évoluées.

Les enfants tailleurs de pierre

En travaillant dans des mines et des carrières, les enfants mettent en péril leur santé, leur sécurité et leur avenir. Ils seraient aujourd'hui un million dans le monde précise l'OIT et ce chiffre est en hausse dans certaines régions. En plus des risques de blessures ou d'accidents dus à des charges trop lourdes, les enfants qui travaillent dans les carrières respirent des poussières et particules nocives et se servent d'outils et d'équipement de concassage dangereux.
Dans la province d'Exchigua, à l'ouest du Guatemala, les carrières de Los Positos, emploient une soixantaine d'enfants. En fait, c'est toute la famille qui vient exploiter la carrière appartenant à une compagnie privée qui les paye en fonction du poids de pierres cassées. On y rencontre des petites filles de 6 ou 7 ans, aux joues rougies par l'altitude, soulevant de lourds marteaux pour y briser la roche. De nombreuses plaies à vif entaillent les mains des enfants ouvriers, les yeux continuellement exposés aux éclats et à la poussière sont constamment infectés et nombreux sont ceux qui souffrent de complications respiratoires.

INTERVIDA s'implique dans la lutte contre le travail des enfants au Guatemala
Face à la recrudescence du travail chez les enfants, l'abolition effective du travail des enfants est devenu le défi prioritaire de notre époque et c'est pourquoi les pouvoirs publics et les institutions internationales doivent se mobiliser pour apporter un soulagement aux enfants qui ont perdu leur innocence.
Pour lutter contre le travail infantile, l'action de l'association INTERVIDA, présente au Guatemala depuis 1998 s'inscrit dans une démarche à deux vitesses.
Pour faire face à l'urgence de la situation, INTERVIDA apporte une aide médicale, grâce à l'approvisionnement en médicaments pour soigner notamment les plaies et les yeux des enfants. A cet effet, INTERVIDA dispose aujourd'hui de 11 unités médicales mobiles, pouvant atteindre les communautés les plus enclavées de l'Altiplano guatémaltèque. Ces unités sont dotées d'un cabinet médical et d'un cabinet dentaire ainsi que d'un laboratoire clinique, permettant d'assurer le suivi médical des enfants et leur famille.
Pour répondre au problème du travail des enfants sur le long terme, les équipes d'INTERVIDA sensibilisent les communautés sur les risques encourus lors de conditions de travail périlleuses. INTERVIDA construit également des écoles, fourni du matériel scolaire et propose des formations, notamment, dans l'artisanat et l'agriculture dans le but de proposer de nouvelles sources de revenus aux familles.