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Mondial de l'auto 2006 et voitures chinoises

A l'occasion du Mondial de l'automobile 2006 du 30 Septembre au 15 Octobre, voici un dossier EXCLUSIF sur l'automobile en Chine et son Industrie :



http://www.chine-informations.com/mods/dossiers/petit-brevaire-strategie-constructeurs-automobiles-chinois_1491.html



SOMMAIRE :



I. PRESENTATION DE L'INDUSTRIE AUTOMOBILE CHINOISE



II. ATOUTS



Manne financière presque illimitée !

Moyens humains considérables

Prix

III. STRATEGIE



Stratégie commune plutôt que des stratégies isolées

Modèle d'entreprise

Enjeux politiques

Marchés d'encerclement

IV. POINTS DE VUE



Ce qu'en pensent les dirigeants des grandes entreprises occidentales ?

Avis de spécialistes Christophe Bazin, René-pierre Gérard, Thierry Vidal et un entretien avec Franck Filatriau

Radio trottoir

INTRODUCTION



Lors de la présentation des voitures chinoises au salon de l'automobile de Francfort (2005), quelles n'ont pas été les commentaires à l'emporte pièce, les réactions d'hostilité ? S'appuyant sur les résultats de tests de sécurité jugés désastreux effectués aux Pays-Bas et en Allemagne sur la 4x4 Landwind, la presse a traité par le mépris les voitures chinoises, s'accommodant de poncifs et de raccourcis. Un an plus tard, la donne a évolué : l'extraordinaire poussée du marché chinois ; la confirmation d'une stratégie ; une présence confirmée sur les marchés émergents ; toutes choses qui amènent à réviser un jugement par trop hâtif. De fait, la sérénité des européens n'est pas partagée par les américains qui ont en mémoire l'arrivée des voitures japonaises en quatre étapes successives : le dénigrement, le goutte à goutte, l'installation sur le marché et in fine la position dominante. Pour l'instant, les constructeurs chinois font profil bas ! Lors du salon de Frankfort, ils étaient d'ailleurs relégués dans un hall à l'écart de la foule. Mais comme en témoigne un cadre chinois : « Nous sommes ici pour apprendre et comprendre ce qu'attendent les clients européens dans le but de nous internationaliser rapidement ».

Cependant l'arrivée des voitures chinoises sur les marchés occidentaux n'est pas séparable d'une stratégie orchestrée au plus haut niveau qui s'appuie sur une planification méthodique, une manne financière presque illimitée et une compréhension aigue des enjeux internationaux. Rien n'est vraiment laissé au hasard ! Tirant sa force d'un alliage idéologique mêlant nationalisme, centralisation d'inspiration communiste et extrême capitalisme, l'industrie automobile devrait répondre à l'objectif de faire du secteur un pilier de l'économie chinoise !



CONTEXTE : LE PRAGMATISME DES CONSOMMATEURS JOUE-T-IL EN FAVEUR DES VOITURES CHINOISES ?



Le consommateur est-il prêt à acheter des voitures chinoises ?

Le contexte s'y prête. D'une part, l'hostilité peu ou prou déclarée des pouvoirs publics, notamment, en France contre l'usage immodéré des voitures et les berlines avec son cortège de mesures restrictives (radars, difficultés de stationnement, taxes, etc.) favorisent les petits modèles ou le modèle lambda. Une question parcourt désormais les esprits. Pourquoi acquérir une voiture chère si l'on ne peut l'utiliser à sa convenance ? D'autre part, le zapping croissant des consommateurs renforce cette tendance. Longtemps les clients leur achat à une marque et à ses supposées qualités techniques. L'achat d'une voiture était un acte de fidélité familiale, presque de l'atavisme. Cette situation est plus incertaine aujourd'hui. In fine, la qualité technique souvent contestée des voitures chinoises ne constituera pas longtemps un obstacle à leur achat. « Si la voiture chinoise n'est pas encore au point, elle le sera inévitablement demain ! » considère le consommateur moyen.



Que disent-ils les sondages d'opinion ?



Selon l'Institut de Sondage allemand TNS, outre Rhin, 12 % des consommateurs se déclarent prêt à acheter une voiture chinoise à condition qu'elle soit moins chère, de l'ordre de 20 %. Le chiffre peut paraître faible mais il est en réalité impressionnant. Au début de la vague des voitures Japonaises en Europe, dans les années 70, moins de 1 % des consommateurs retenaient cet argument. Plus troublant encore, le sondage réalisé par auto-moto dans le cadre d'un vote sur Internet. Sur 1875 votants, 79 % se déclarent prêts à acheter une voiture chinoise, 21 % opposés. A priori, il n'existe pas de blocage psychologique à l'achat de voitures chinoises. Confirmant des études réalisées en Grande Bretagne, en Allemagne et en Finlande, ce constat devrait sérieusement inquiéter les constructeurs européens



Le low cost, porte d'entrée impromptue des voitures chinoises ?



Certains interprètent le succès de la Logan comme un épiphénomène, d'autres annonciateur d'une tendance de fond. Une chose est sûre, une voiture à bas prix soulève un intérêt objectif dans un contexte de raréfaction de liquidités. Depuis quelques années, faute d'un pouvoir d'achat en réelle augmentation, les ménages piochent davantage dans leurs bas de laine, recourant souvent au crédit. Dès lors, l'argument « prix » joue un rôle croissant qui favorise d'emblée le segment des voitures low cost sur lesquelles devraient se situer plusieurs marques chinoises.



David Houstin

http://www.chine-informations.com