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Planète Ré : l’assurance au service du développement



Planète Ré

L'assurance au service du développement



« Planète Ré », retenez bien ce nom. Demain, décideurs économiques et
politiques pourraient bien en faire « leur chose ». Le concept qu'il
désigne a germé dans l'esprit d'un professeur lyonnais réputé, Michel
Vaté, spécialiste des questions d'analyse des risques et expert auprès
de l'Institut Thomas More. Dans le langage des assureurs « Ré »
signifie réassurance. A travers ce nouveau concept, il a imaginé une
pyramide à l'échelle planétaire dont la base rassemblerait les
centaines de millions d'hommes menacés par la misère et dont le sommet
pourrait être un grand organisme international comme la Banque
Mondiale, le FMI, la FAO, l'Union européenne ou encore la BERD. Encore
une nouvelle machine à distribuer l'aumône mondiale que représente
l'aide internationale au développement, pourraient penser les
sceptiques. Mais, là où tout change, c'est que l'argent ne circule pas
du haut vers le bas. Apporté par les plus démunis, géré par des
associations, des mutuelles ou des compagnies privées compétentes, il
permettrait de mettre en place au service des plus pauvres, le plus
grand système d'assurance jamais conçu.



Avec « Planète Ré », serait enfin accordé à tous, le droit d'être
protégé contre la maladie, l'accident de travail ou de circulation,
l'incendie, sans oublier bien d'autres catastrophes qui brisent le
devenir des individus et des familles. On sort du circuit linéaire de
l'aide aumône pour engendrer un flux de devises autrement plus vertueux
que les systèmes en cours.

Jacques Chirac, en France, a été saisi du dossier. Il devrait alimenter
les conversations du G8, le groupement des nations les plus riches,
qu'organise cette année la Grande-Bretagne, les 6,7 et 8 juillet à
Gleneagles, et dont le thème essentiel, à la demande de Tony Blair,
sera la lutte contre la pauvreté. Or, à la veille de ce rendez-vous, le
pessimisme règne en maître. Personne ne pense que les objectifs du
millénaire qui étaient de réduire de moitié la pauvreté d'ici 2015
aient la moindre chance d'être remplis. « Au rythme où l'on va -
ironise le Britannique Gordon Brown, Chancelier de l'Échiquier - ces
objectifs seront atteints au mieux en... 2150. »



« Planète Ré » témoigne de la volonté de briser ce fatalisme. C'est ce
que Michel Vaté expliquera lors de la journée d'étude organisée par
l'Institut Thomas More en partenariat avec la Fédération Française des
Sociétés d'Assurance, le 14 juin 2005.



Assurer l'individu acteur



Un milliard de personnes vivent avec moins d'1 dollar par jour, 800
millions souffrent de la faim, 2,6 milliards vivent sans service
d'assainissement. Sait-on que 11 millions d'enfants meurent chaque
année de maladies évitables ? 114 millions n'ont pas accès à
l'éducation.



Pour Michel Vaté, Professeur d'économie politique à l'université de
Lyon, la pauvreté tient aussi à un autre chiffre : « sur l'échelle des
revenus par habitant, l'écart maximum entre les pays pauvres et les
pays riches est dans un rapport de 1 à 200 mais ce rapport est de 1 à 3
000 sur l'échelle du montant des primes d'assurance par personne ». Or,
selon Michel Vaté, « Un dollar sécurisé vaut plus qu'un revenu
aléatoire moyen de 1 dollar ». Selon sa formule, « assurance vaut mieux
que dépendance ».





Pour qu'un homme bâtisse sa vie, il lui faut une ambition, prendre des
risques, être acteur de son devenir. D'où l'intérêt que porte Michel
Vaté à la notion d'individu acteur. Seul, cet individu-acteur connaît
son projet, l'énergie qu'il veut y mettre, les moyens dont il dispose.
Et, surtout, les risques qu'il court. Si ces risques sont trop grands,
pourquoi prendre l'initiative ? Or, dans les pays en voie de
développement, les dangers sont multiples. Se casser la jambe en
période de semailles pour un agriculteur, c'est peut-être devoir
renoncer à la moisson de demain, voir ses enfants se contenter de
portions encore plus modestes. Acheter un petit tracteur à crédit peut
refléter un désir louable d'augmenter ses rendements. Hélas, le moindre
accident peut transformer le rêve en cauchemar. Comment rembourser les
mensualités si la machine ne peut être utilisée ? Construire un silo à
grains pour protéger la récolte de l'humidité ou des parasites est une
décision d'entrepreneur. Mais que se passe-t-il si le silo brûle par
accident ?



Dans la ligne du micro-crédit


Pour comprendre l'enjeu que pourrait représenter « Planète Ré »
avec sa couverture mondiale de tous les réseaux de micro assurance,
rappelons-nous le scepticisme qui avait accueilli la création en 1976
de la Grameen Bank, destinée aux pauvres du Bengladesh. Or, depuis, la
Grameen Bank n'a cessé de prospérer et surtout de faire des émules dans
les pays en voie de développement. En Afrique où il prend racine sur le
traditionnel système des « tontines » connues pour la fiabilité de leur
fonctionnement, car elles s'appuient sur les solidarités familiales et
de voisinage, le micro-crédit progresse désormais très vite. Des
milliers d'entreprises naissent chaque année grâce à ces nouveaux
réseaux de prêts. Pour Michel Vaté, son projet repose sur des réalités
concrètes. Des systèmes de micro-assurance existent déjà, notamment en
Inde, en Asie du Sud-est et en Afrique. Eux aussi, reposent sur les
réseaux de solidarité, chacun mettant au pot dans l'espoir de se voir
secouru au cas où... Hélas, il ne s'agit que de petits réseaux couvrant
de manière locale un petit panier de risques. La survenue d'une série
d'accidents suffit parfois à mettre en péril le système. En cas de
tornade, par exemple, difficile pour une compagnie régionale isolée
d'indemniser la perte de toute une flotte de tracteurs balayés par les
vents ou de financer la reconstruction des toits de tout un village.



Grâce à sa structure mondiale, « Planète Ré » permettrait de répartir
le coût engendré par un accident majeur exceptionnel. Au fil de
l'histoire, en effet, l'assurance a couvert des domaines de plus en
plus variés. On aimerait pouvoir protéger les Asiatiques des
conséquences de la mousson, des débordements soudains des fleuves issus
de l'Himalaya. On aimerait protéger les Africains des nuées de criquets
ou de la sahélisation des terres accélérée par l'effet de serre.



Tel n'est pas le propos de Michel Vaté. Pour lui les « risques natifs »
subis par le fait même d'être né à tel ou tel endroit restent du
domaine des Etats ou des organisations internationales. Aucune
assurance privée ne saurait protéger contre la surpopulation, la
malnutrition, l'analphabétisme, les pandémies ou les aléas de la
géographie. Non, son système se concentre sur les « risques initiaux »,
ceux dont la réalisation affecte les fondements du statut économique de
l'individu acteur, sa santé, son outil de travail, le produit de son
travail. Pour Michel Vaté, être assuré contre ces « risques initiaux »,
c'est acquérir la liberté d'entreprendre et la capacité d'assumer des «
risques créatifs » (investissement, innovation, création d'emploi,
etc.).



La leçon du tsunami


Aujourd'hui, appuyé par l'Institut Thomas More, un organisme
implanté à Bruxelles, Budapest, Paris et Rome, qui souhaite fonctionner
à l'image d'un « Think Tank », Michel Vaté fait du porte à porte. Ses
propositions circulent dans les grandes compagnies d'assurances ou les
mutuelles, comme dans les ministères ou les organisations
internationales. Charles Millon, ambassadeur de France auprès de la FAO
lui apporte son concours sans réserve. Mais, au-delà, les événements
auraient paradoxalement servi l'économiste. Un record, après le
tsunami, plus de 10 milliards d'euros ont été collectés ou versés par
des organismes publics ou privés en faveur des victimes de la
catastrophe du 26 décembre en Asie du Sud-Est. Or, pour prendre
l'exemple des Français, sur 346 millions d'euros versés aux 14
principales associations humanitaires, seulement 100 millions sont
arrivés en Asie six mois après la catastrophe. Sur place, si les grands
hôtels, forcément bien assurés, repoussent comme des champignons, la
majorité des habitants attendent leurs quatre murs. « Un tel phénomène
ne se produirait pas si un réseau de micro-assurances suffisamment
dense avait existé sur place » explique Michel Vaté. En désignant les
victimes des dommages, celui qui a perdu sa demeure, son véhicule, son
outil de travail, le sinistre désigne également les bénéficiaires de
prestations. Point n'est besoin de construire ou de faire venir des
organisations ad hoc. On sait où le drame est arrivé, qui a perdu, quoi
et combien cela coûte. Il peut être remboursé très vite. Mais, face à
de telles catastrophes, bien sûr, les petites structures ne peuvent
faire face. D'où l'impérative nécessité de mettre en place « Planète Ré
».



Un trésor de guerre pour « Planète Ré »


Les systèmes privés de réassurance comme la Lloyd's sont d'abord
nés dans le monde de la marine. La disparition d'un bateau était
souvent trop lourde pour la petite compagnie qui assurait l'armateur.
Elles se regroupaient donc entre elles pour se partager les risques
majeurs puis, éventuellement, faisaient appel à des investisseurs
amateurs de capital-risque.



Or, le bateau planétaire coule. D'où l'utilité de « Planète Ré ». D'où
l'idée qu'il faut absolument créer ce sommet de la pyramide financière
capable d'assurer un échantillon de risques, hélas, parfois majeurs.
Seuls des organismes comme la Banque mondiale, le FMI, la FAO, l'Union
Européenne, la BERD peuvent avoir le crédit nécessaire. Mais il ne
s'agit pas de faire appel une fois de plus à l'aide aumône. Certes,
pour que le système de réassurance mondiale voie le jour, il faut une
réserve, seul moyen de faire face à une catastrophe comme un séisme ou
un ouragan, ou à la coïncidence malheureuse d'un grand nombre de
sinistres de moindre taille. Mais, la catastrophe ne survient pas
toujours. On pourrait donc se contenter d'une garantie adossée à la
capacité gigantesque de devises mobilisables que procure la
mondialisation financière et en usant donc largement de la titrisation
des risques : des investisseurs achèteraient donc des titres
assurantiels (obligations catastrophe, dérivés climatiques) dont le
rendement serait dépendant des dépenses engagées dans l'année. On n'est
plus dans la logique de la charité, de l'aide. Le montage repose
d'abord sur le rapport risque/profit lié au flux des capitaux. Il fait
donc appel aux investisseurs, organismes ou personnes privées, mais il
pourrait bénéficier aussi d'une fraction de l'aide publique au
développement. « Planète Ré » intervient en dernier recours. Les coûts
d'une catastrophe humaine comme celle du 11 septembre à New York ou
naturelle comme celle du tsunami se mesurent en dizaines de milliards
de dollars, les mouvements de capitaux quotidiens en milliers de
milliards et la capitalisation boursière en dizaine de milliers de
milliards. « Planète Ré », c'est la création d'un mécanisme établissant
une connexion entre les risques locaux et la sphère financière globale.
Se sachant couverte par un système de réassurance, sur place, chaque
compagnie pourra baisser le tarif de ses primes.



L'assurance et le développement



Pour l'économiste, en dotant les pays pauvres d'un réseau d'assurances dense et efficace, on participe au développement.

Ces assurances étant privées, elles ont intérêt à diminuer les risques.
Dans les pays industrialisés, les compagnies et mutuelles ne rechignent
pas à financer les campagnes contre le tabac ou de prévention routière.
Moins de malades, moins de blessés, moins de morts, ce sont autant
d'indemnités qui ne devront pas être versées.

Dans le cadre de « Planète Ré », une partie des excédents enregistrés
dans les périodes fastes devra être obligatoirement réinvestie dans des
actions de prévention. Pour raréfier le nombre des victimes des
parasites et des bactéries, les compagnies financeront des réseaux
d'eau potable. Elles encourageront des campagnes d'information
sanitaire. Pour écarter les risques d'incendie, elles inciteront à
l'amélioration des techniques du bâtiment. Pour que les accidents
soient plus rares, elles investiront dans l'amélioration du réseau
routier. Avec le micro-crédit, on sait quel effet boule de neige peut
avoir la création d'un réseau de petites entreprises. La micro
assurance a-t-elle la même vertu ?


Michel Vaté espère qu'à Gleneagles, on décidera d'en faire
l'expérience. Ce n'est pas un utopiste mais un économiste. Pour lui, en
donnant un coup d'accélérateur au développement, « Planète Ré » sert
l'intérêt de tous.





Pour renseignement :

Contact presse : Point Presse Afrique / I. de Labarthe - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Tel. : + 33 (0)1.56.79.07.60 - Fax : + 33 (0)1.44.40.20.52