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Etude distribution alimentaire - Euler Hermes SFAC Mars 2008





Dans leur étude intitulée «Quelles peuvent être les stratégies des distributeurs alimentaires pour préserver leurs marges menacées ? », les experts économiques et les experts métiers de l’assureur-crédit Euler Hermes SFAC examinent l’état de santé du secteur ainsi que ses perspectives au niveau international. Depuis un an, les repositionnements stratégiques des distributeurs alimentaires s’accélèrent pour améliorer leur rentabilité à l’étranger, en consolidant leurs parts de marché dans des pays où ils figurent parmi les leaders. En France, la rentabilité des distributeurs va continuer à s’éroder en 2008. L’impact de la réduction annoncée des délais de paiement serait en outre conséquent sur les profits des entreprises de plus de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le secteur est globalement fragilisé et la hausse des défaillances devrait se poursuivre.

1. L’internationalisation, un impératif pour les distributeurs malgré une rentabilité encore faible

Les distributeurs interviennent encore majoritairement dans leur zone domestique
Euler Hermes SFAC observe que la croissance des groupes mondiaux à l’étranger reste toujours près de deux fois plus rapide que leur croissance totale. Mais l’assureur-crédit relève en même temps une faible diversification géographique : les distributeurs interviennent en effet encore majoritairement dans leur zone domestique. « Nous observons qu’aucun acteur n’est réellement mondial. La plupart des acteurs réalisent plus de 80 % de leur chiffre d’affaires dans leur zone domestique », observe Annie Girac, conseiller sectoriel Euler Hermes SFAC.

La rentabilité à l’étranger est encore insuffisante

A titre d’exemple pour Tesco, la marge d’exploitation consolidée estimée en 2007 est de 5,8 % alors que la marge d’exploitation à l’étranger est de 5,3 %. C’est encore plus flagrant pour Wal Mart avec 5,9 % de marge d’exploitation consolidée estimée en 2007 contre 3,1 % de marge d’exploitation à l’étranger.
« Metro est le seul à obtenir une marge d’exploitation à l’étranger nettement supérieure à sa marge d’exploitation consolidée estimée en 2007 », observe Annie Girac.

Les risques de l’internationalisation : le cas de Wal-Mart

Wal-Mart a subi des déboires dans ses tentatives d’implantation hors du continent américain : le distributeur a décidé de se désengager de l’Allemagne en 2006 après des pertes structurelles pendant près de 10 ans. Au Japon, Wal Mart va subir son 6ème exercice déficitaire en 2007 après une entrée sur le marché japonais en 2002.

Recentrage des distributeurs sur les pays clés : le cas de Carrefour

Les distributeurs assainissent leurs structures financières pour dégager des marges de manœuvre. La dette financière d’Ahold, après une forte cure d’amaigrissement, est passée de 460 % en 2002 à 70 % en 2007 (estimés). Sur les mêmes années, la dette financière de Carrefour a été ramenée de 128 % à 64 % et celle de Casino de 104 % à 71 %.
Carrefour s’est désengagé des pays dans lesquels la part de marché est faible (de 1 à 5 %), comme la Suisse ou le Portugal en 2007 (1,2 milliards d’euros de produits de cession) pour financer l’expansion et les acquisitions tactiques dans des pays cibles (1,5 milliards d’euros d’investissements), tel que le Brésil avec le rachat d’Atacadao.
« Il y a eu en 2007 une accélération de la restructuration des portefeuilles d’actifs des distributeurs pour améliorer les marges et réallouer les ressources financières sur les pays clés », commente Annie Girac.

2. La concentration locale n’est pas achevée

Le processus de concentration est plus ou moins avancé dans les pays matures

Au niveau européen, la concentration est déjà bien avancée, les trois premiers distributeurs représentant en Espagne 48,7% de parts de marché, en France 45,8 % et en Allemagne 45,3%. Aux Etats-Unis, les trois premiers ne représentent que 23,9 %.

Les pays émergents présentent un potentiel de croissance, mais avec certaines limites

Les pays émergents présentent un gros potentiel de croissance car leur taux de concentration est peu élevé : les cinq premiers distributeurs concentrent seulement 3,1 % de parts de marché en Inde, 5,7 % en Chine, 10,7% en Russie et jusqu’à 30,1 % au Mexique.
Néanmoins, il existe des barrières à l’entrée (nécessité de s’associer à un partenaire local…) et l’on assiste à l’émergence de leaders parmi les groupes locaux.

3. Capitalisation sur la marque

Déclinaison de l’enseigne sur les différents formats de magasins

L’avantage d’une enseigne unique forte se concrétise via : la massification des achats, une notoriété accrue, l’augmentation du traffic ou encore les économies d’échelle réalisées dans la publicité (TV) ou les coûts marketing. Tesco est un exemple de cette stratégie de capitalisation sur la marque avec ses différents formats de magasins sous enseignes : Tesco Extra, Tesco Metro, Tesco Express. Carrefour devrait également basculer courant 2008 son réseau Champion sous enseigne Carrefour.

Développement des Marques de Distributeurs (MDD)

Les MDD ont représenté un poids croissant dans le mix produit pour améliorer la rentabilité des distributeurs et surtout se différencier des autres enseignes. En France par exemple, la part de marché en volume des MDD a gagné 10 points de 2000 à 2007 pour atteindre 34 %. En Espagne, cette part est passée de 22 % à 35 % sur la même période.

4. Une situation fragilisée pour les acteurs en France

2007 : impact de la hausse des prix sur toute la filière et nouvelle dégradation des marges en perspective

Euler Hermes SFAC a analysé, dans son échantillon, 4310 bilans - hors centrales d’achat - et celui-ci montre qu’en 2006, il y a eu un léger rattrapage de marge pour les magasins du périmètre mais que le taux de marge opérationnelle des sociétés exploitant des magasins s’est contracté sensiblement entre 2004 et 2006 (- 0,7 point) pour tomber à 2 % en moyenne.

- La flambée des prix à la production des produits alimentaires se propage avec retard aux prix consommateurs
Après une période d’accalmie sur le front des prix suite à la signature de l’accord Sarkozy du 17 juin 2004, on assiste à une forte poussée des prix de vente au détail à partir du dernier trimestre 2007. En effet, les prix consommateurs ont augmenté de 4 % sur 12 mois glissants en 2007, conséquence de la forte hausse des prix des industriels à hauteur de + 8 %, elle-même induite par l’explosion des cours des matières premières. Face à ces hausses répercutées avec retard, la rentabilité des distributeurs ne peut que se dégrader. L’augmentation des prix au détail devrait donc se poursuivre sur le 1er semestre 2008.
« Nous nous dirigeons vers une nouvelle dégradation de la rentabilité des grands groupes : la marge d’exploitation moyenne en France des groupes de distribution est passée de 5,5 % en 2004, à 4,5 % estimés en 2007 et 4,4 % prévus en 2008 », commente Annie Girac.
« Les marges d’exploitation des sociétés exploitant des magasins (échantillon Euler Hermes SFAC) devraient s’éroder également : de 2,7 % en 2004, elles diminuent progressivement à 2 % en 2006, 1,9 % estimés en 2007 et 1,8 % prévus en 2008 », ajoute Frédérique Diavet, arbitre spécialiste distribution Euler Hermes SFAC.

2008 : de nouveaux facteurs de fragilisation

- Trois mesures vont fragiliser la situation des acteurs de la filière
Tout d’abord, la disparition des marges arrière, avec maintien de l’interdiction de revente à perte. Ensuite, l’abaissement des seuils d’autorisation pour l’ouverture de magasins (réforme de la loi Raffarin) pour relancer la concurrence. Enfin, la réduction annoncée des délais de paiement : avec un abaissement qui pourrait atteindre 45 jours, voire ultérieurement 30 jours.
« Nous allons assister à un renforcement de la concurrence et à une nouvelle pression sur les marges », commente Frédérique Diavet.

- La réduction du délai fournisseur entraînerait une baisse de rentabilité pour les sociétés de plus de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires
Le délai fournisseur moyen s’est légèrement allongé en 2006 (+ 1 jour à 47 jours) provenant des entreprises de plus de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires qui incluent les centrales d’achat (délai fournisseur de 56 jours).
« Pour les sociétés de plus de 500 millions d’euros, la réduction du délai fournisseur à 45 jours équivaudrait à une baisse de la rentabilité représentant près de 9 % du résultat d’exploitation, soit 120 millions d’euros. Si le délai moyen était réduit à 30 jours, plus de 20 % du résultat d’exploitation, soit 283 millions d’euros, seraient absorbés pour ces entreprises », note Frédérique Diavet.

- Hausse de la sinistralité du secteur en 2007 et poursuite en 2008
Le nombre de défaillances de magasins (hypers, supers et supérettes) a augmenté de 36 % en 2007 en glissement annuel à fin novembre et avoisine la barre des 100 défaillances. Les supermarchés notamment ont vu leur sinistralité augmenter de 51 % à fin novembre 2007 en glissement sur 11 mois : 48 supermarchés ont fait faillite. En 2008, on peut raisonnablement prévoir que le nombre total de faillites se situera dans une fourchette de 140 à 150.

« Depuis un an, nous assistons à une accélération des repositionnements stratégiques des distributeurs mondiaux pour améliorer leur rentabilité à l’étranger, en consolidant leurs parts de marché dans les pays où ils figurent parmi les leaders. En France, la rentabilité va continuer à s’éroder en 2008, sous l’effet de la hausse des matières premières qui ne sera pas répercutée en totalité aux consommateurs, compte tenu de l’intensification de la concurrence entre enseignes induite par les nouvelles mesures (loi Chatel, refonte de la loi Raffarin...). L’impact de la réduction des délais de paiement qui est annoncée est très conséquent et concerne principalement les affaires de plus de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires. Mais les effets de cette mesure devraient aussi se répercuter aux magasins indépendants du commerce organisé ou franchisé. Nos analyses nous conduisent à conclure que le secteur est manifestement amené à se fragiliser et les défaillances devraient conti!
nuer à augmenter », conclut Nicolas Delzant, directeur de la recherche et membre du directoire Euler Hermes SFAC.


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Euler Hermes SFAC : 1, rue Euler 75008 Paris - France - www.eulerhermes.fr


N°1 de l’assurance-crédit en France, Euler Hermes SFAC, filiale du groupe Euler Hermes, contribue au développement rentable des entreprises en garantissant leur poste clients. Sa mission est de prévenir le risque clients, recouvrer les créances impayées et indemniser les pertes subies.
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Euler Hermes est le leader mondial de l’assurance-crédit et l’un des leaders de la caution et du recouvrement de créances commerciales. Avec 6000 salariés présents dans 51 pays, Euler Hermes offre une gamme complète de services pour la gestion du poste clients et a enregistré un chiffre d’affaires consolidé de 2,1 milliards d’euros en 2007.
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Filiale d’AGF, membre du groupe Allianz, Euler Hermes est coté à Euronext Paris. Le Groupe et ses principales filiales d’assurance-crédit sont notés AA- par Standard & Poor’s








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