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Etude industrie pharmaceutique Euler Hermes SFAC 2008

Dans leur étude intitulée « la pharmacie mondiale : une restructuration en marche», les experts économiques et les experts métiers de l’assureur-crédit Euler Hermes SFAC proposent une grille d’analyse des évolutions touchant le secteur pharmaceutique au plan mondial. Ils soulignent que la profitabilité des laboratoires est touchée par une modification de la demande pharmaceutique mondiale et observent que 2007 marque l’année du décollage du marché générique. En France, la croissance du marché est tirée par les volumes. Les taux de marge se tassent mais résistent grâce aux réductions de charge. Le modèle économique de l’industrie pharmaceutique est à réinventer et passe par des restructurations.

1. L’évolution de la demande pharmaceutique mondiale pèse sur les prix des médicaments

Les dépenses de santé des pays développés croissent plus vite que leur PIB
Sur une longue période, les dépenses de santé des pays « riches » croissent structurellement plus vite que leur création de richesse mesurée par le PIB.
« Les ventes de médicaments représentent globalement 14 % des dépenses de santé en 2006, il n’y a pas de raison à ce que la demande mondiale de médicaments ralentisse à horizon moyen terme. Au contraire », commente Marc Livinec, conseiller sectoriel Euler Hermes SFAC. En effet, la population mondiale âgée de 80 ans et plus va plus que quadrupler au cours des 40 prochaines années ce qui va dynamiser la demande de médicaments ».

Evolution des dépenses pharmaceutiques mondiales par grande zone géographique
- L’Amérique du Nord a consommé 59 fois plus de médicaments en 2006 que le « Reste du monde »
Le ralentissement relatif du débouché nord-américain pour le médicament depuis deux ans tient au fait qu’il s’était stabilisé à un très haut niveau. Rapportée à la population totale par zone géographique, l’Amérique du Nord caracole en tête du classement des dépenses annuelles de médicaments par tête avec 888 dollars, contre 525 dollars au Japon, 480 dollars pour l’Union européenne et 15 dollars pour le reste du monde.

- Les BRIC, relais de croissance de la demande pharmaceutique mondiale pour les prochaines décennies
Les BRIC ont représenté en 2006 environ la moitié du débouché pharmaceutique de la zone « Reste du monde ». Ils constitueront les relais de croissance de la demande pharmaceutique mondiale lors de la prochaine décennie. Si le potentiel commercial des BRIC apparaît immense, son pouvoir d’achat minime comparativement à ceux des pays développés, conduit Euler Hermes SFAC à dire qu’il ne constituera pas le relais de croissance immédiat des grands laboratoires.
« La croissance annuelle des dépenses pharmaceutiques mondiales en volume est comprise entre 4 % et 5% par an sur les cinq dernières années. Cela n’est plus un nombre à deux chiffres comme la filière en connut lors de la précédente décennie. Mais elle vient buter sur le gonflement des déficits nets annuels des régimes d’assurance maladie des pays développés... qui pèse sur le prix « moyen » mondial du médicament. Les pressions déflationnistes du marché pharmaceutique sont devenues une réalité depuis deux ans », commente Marc Livinec, conseiller sectoriel Euler Hermes SFAC.

2. La profitabilité des laboratoires est touchée par cette modification de la demande pharmaceutique mondiale qui la conduit à devoir s’adapter

L’évolution de la rentabilité des grands laboratoires
Les 10 premiers laboratoires mondiaux – dont la moitié sont américains - réalisent environ 55% du chiffre d’affaires mondial de la pharmacie. La pression déflationniste du prix des médicaments pénalise l’évolution de la marge aussi bien opérationnelle que nette des grands laboratoires. En 2008, l’érosion de leur profitabilité devrait se poursuivre ne serait-ce que par l’arrivée à expiration de plusieurs brevets de blockbusters sur la période 2008-2010. Les pressions déflationnistes s’exerçant sur la demande pharmaceutique mondiale dynamisent les génériques dont l’avantage est d’être de 30 % à 70 % moins chers. « L’expiration des brevets des médicaments des grands laboratoires représente une manne de 82 Md$ de CA supplémentaire pour les génériqueurs sur 2007-2010 », constate Marc Livinec.

Transfert du risque de financement de la R&D pharmaceutique aux marchés financiers
Le budget de R&D pharmaceutique mondial aurait dû tripler sur la période pour lancer le même nombre de molécules innovantes qu’en 1995. Mais en supposant qu’ils aient triplé ce coût de R&D, les dix premiers laboratoires auraient vu leur marge nette moyenne diminuer de moitié par rapport à ce qu’elle est aujourd’hui, toutes choses égales par ailleurs.
« Ce que les laboratoires pharmaceutiques n’ont pas voulu investir en R&D interne « se retrouve » dans le développement des biotechnologiques. La valorisation boursière moyenne du secteur biotechnologique augmente plus vite que celle du secteur pharmaceutique depuis deux ans », souligne Marc Livinec.

Confrontés à cette nouvelle donne, les laboratoires n’échappent pas à des restructurations pour maintenir leur rentabilité
Les laboratoires sont amenés à céder des usines à des façonniers ou à effectuer des réorganisations internes. En effet, les grand laboratoires doivent désormais compter avec une nouvelle concurrence - les génériqueurs - et regarnissent leur pipeline déclinant en menant de coûteuses politiques de croissance externe. Confrontés par ailleurs à l’érosion de leur profitabilité, ils n’ont pas d’autre choix que de mener de vastes restructurations internes (scissions ou fermetures d’usines) avec réduction d’effectifs à la clé.

3. La rentabilité des acteurs français et le cas des génériqueurs
Euler Hermes SFAC a réalisé une étude de l’industrie pharmaceutique française dont l’échantillon a retenu 271 entreprises sur 400 (Insee). La croissance du marché pharmaceutique français est exclusivement tirée par les volumes. L’évolution de l’indice du prix du médicament en France est négative depuis 2004. La France demeure pénalisée par la baisse des prix qui se poursuit en 2008 du fait des politiques de réduction des dépenses maladie.
Dans ce contexte déflationniste, la croissance du marché français ralentit, de deux chiffres lors de la précédente décennie, elle n’est aujourd’hui que de quelques 3%. Les mesures de compression des coûts (notamment des charges de personnel) permettent de maintenir le niveau des marges.
Il n’en demeure pas moins que le secteur pharmaceutique français jouit d’une structure financière qui reste solide assortie d’un taux d’endettement faible.

Les Big Pharma réalisent une croissance d’activité faible en France
Cette population d’entreprises a été plus particulièrement touchée en termes de croissance de chiffre d’affaires depuis 2005 du fait d’une première salve d’expiration de brevets de médicaments vedettes en milieu de décennie et du fait de vagues successives de déremboursements de médicaments.
Les compressions de frais commerciaux et généraux font déjà légèrement effet sur 2007. Les plans de restructuration de plus grande ampleur et touchant aussi la production annoncés en 2007 porteront leurs fruits plus encore en 2009 qu’en 2008. Dans ces conditions, les taux de marges se stabilisent.

Bonne tenue de l’activité des « Indépendants »
Les laboratoires indépendants sont confrontés au financement de leur R&D et les façonniers doivent faire face à une pression forte sur les prix et à la diversification nécessaire de leur clientèle.
Malgré ces contraintes, leur taux de croissance se maintient à un bon niveau grâce à la combinaison de plusieurs facteurs : poursuite du processus d’externalisation des sites de production au profit des façonniers, diversification sur la cosmétique et spécialisation sur une activité de niche pour certains laboratoires.
Les taux de marges résistent également bien compte tenu des restructurations d’ores et déjà menées qui portent leurs fruits dès 2006.

Un marché des génériques en forte croissance, mais qui peine à être rentable
Industrie récente, le marché français du générique apparaît très concentré : les 5 premiers génériqueurs représentent 80 % du marché en France. C’est un marché réservé à des groupes qui ont les moyens de mettre en place des structures de taille importante nécessitant des investissements de grande ampleur. C’est pourquoi l’industrie du générique est encore non rentable en France. Après avoir atteint l’équilibre net en 2007, elle devrait dégager des résultats à partir de 2008.
« Malgré une forte croissance, la part des génériques en France est encore très faible par rapport aux autres pays, du fait de la régulation des prix en France qui se traduit par des prix médicaments inférieurs aux autres pays de l’OCDE. Le différentiel prix princeps et génériques n’est que de 30% en moyenne», commente Laika Keller, arbitre Euler Hermes SFAC. Ce segment devrait surtout décoller à partir de 2011, date à laquelle les brevets des principaux blockbusters actuels seront tombés.
Si, les fabricants français de génériques semblent au premier abord dotés de structures financières légères, ils bénéficient du soutien financier de leur groupe, qui leur assure ainsi les moyens de leur croissance.

Retard français dans la biotechnologie : faible représentativité mais reprise des financements
Les sociétés de biotechnologie françaises représentent moins de 2 % du marché mondial monopolisé par les Etats-Unis. Elles peinent clairement à décoller malgré un redémarrage des financements levés en 2006-2007. Le segment des Biotech demeure un secteur fragile car il est très dépendant de sa capacité à lever des fonds de manière régulière afin de financer sa R&D.
D’autre part, les biotechnologiques sont confrontées tout autant que les Big Pharma au durcissement sensible des critères de sélection d’une molécule innovante. Aussi, les portes de sortie des Biotech consistent à vendre « le produit » de leur recherche ou à se vendre à de plus grands laboratoires.

Les restructurations du secteur pharmaceutique en cours
L’ensemble des intervenants du marché se sont engagés dans diverses réorganisations : officialisation de plans de réduction de coûts (notamment annoncés par les grands laboratoires), poursuite de l’externalisation de certaines usines, forte accélération du nombre des partenariats en R&D entre les laboratoires et les Biotech, et concentration inéluctable des acteurs de taille moyenne à moyen terme.

Un taux de défaillance inférieur à celui de la moyenne nationale mais un secteur néanmoins fragilisé
Les défaillances dans le secteur pharmaceutique restent marginales. Toutefois, l’évolution plus tendue sur le marché depuis 2005 est un facteur de fragilisation des acteurs les plus sensibles comme les façonniers et les Biotech.
«L’industrie pharmaceutique a la chance d’avoir une certaine visibilité sur les médicaments qui vont tomber dans le domaine public et peuvent donc gérer leur restructuration dans le temps. Mais le modèle économique de l’industrie pharmaceutique est à réinventer : des pressions déflationnistes durables, en particulier en France, la concurrence de nouveaux acteurs génériqueurs, une profitabilité des grands acteurs toujours élevée mais qui s’érode, des budgets de R&D qui ne suffisent plus à l’innovation d’antan. Ceci aboutit à des restructurations inévitables pour assurer l’avenir. Ce secteur requiert donc une vigilance accrue», conclut Nicolas Delzant, membre du directoire et directeur de la recherche.


L'étude est téléchargeable sur : www.eulerhermes.fr
Contacts presse :
Euler Hermes SFAC –
Anne-Laure Dodero
01 40 70 54 00
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