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Le négoce des multinationales en Birmanie : A qui profite-t-il et comment ?

CONFEDERATION INTERNATIONALE DES SYNDICATS LIBRES (CISL)

CISL En Ligne...

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Le négoce des multinationales en Birmanie : A qui profite-t-il et comment ?

 

BRUXELLES, le 28 janvier 2005 (CISL En Ligne) : La Confédération internationale des syndicats libres (CISL) a publié aujourd'hui un nouveau rapport sur les transactions commerciales avec la Birmanie. Le document de 28 pages intitulé « Traiter avec la Birmanie » se centre sur les investissements et le commerce avec la Birmanie et explique comment des firmes étrangères, petites et grandes, entretenant des relations commerciales avec la Birmanie engendrent des bénéfices énormes pour la dictature militaire qui dirige le pays d'une main de fer. La CISL a publié son rapport simultanément à la parution d'une version mise à jour de sa base de données des entreprises commerçant avec la Birmanie. L'inclusion de 40 nouveaux noms à cette liste porte à quelque 440 le total d'entreprises multinationales y figurant.

La Birmanie est le seul pays au monde pour lequel le mouvement syndical ait lancé un appel au désinvestissement. Le nouveau rapport de la CISL sur l'investissement et le commerce en Birmanie consiste, dans l'essentiel, en un rapport d'enquête abrégé, basé sur des faits et des données recueillis auprès de 40 sources différentes (coupures de presse, rapports issus d'entités gouvernementales, inter-gouvernementales et non-gouvernementales, ainsi que d'analystes indépendants). Il démontre de façon concluante que l'investissement en Birmanie n'est possible que s'il est sanctionné par la junte militaire au pouvoir. Il met également en exergue les subterfuges dont se sert systématiquement le régime militaire pour transformer les opérations commerciales, surtout les plus profitables, en opérations en coparticipation avec des entreprises d'Etat.

Les transactions commerciales en Birmanie baignent dans « l'intrigue et la corruption », en l'absence de la moindre transparence, selon le rapport. La différence entre les entreprises appartenant directement aux militaires et les autres est illusoire. Si les premières sont la propriété de l'armée, on ne tarde pas à découvrir que bon nombre d'entreprises n'appartenant, a priori, pas à cette catégorie, appartiennent en réalité « à titre privé » à des officiers de haut rang, voire à leurs proches ou à leur bras droit. Au cours des quinze dernières années, la dictature militaire birmane s'est attelée à asseoir son contrôle à tous les échelons du secteur commercial.

Les statistiques inclues dans le rapport attestent d'une diminution générale des investissements en Birmanie au cours des dernières années. De plus en plus de personnes, d'entreprises et de pays reconnaissent qu'il n'est pas justifiable d'investir en Birmanie ou de faire du commerce avec ce pays - tant du point de vue moral que commercial. Malheureusement, ce point de vue n'est pas partagé par une poignée de pays avoisinants, notamment en raison de conflits d'intérêts au niveau de la région. Les milieux d'affaires de Chine, d'Inde et de Thaïlande, ainsi que plusieurs autres pays de la région ASEAN font leur entrée en Birmanie alors que d'autres la quittent.

Le rapport montre par de multiples exemples concrets la manière dont la junte militaire dispose de son budget national, dont 40% est absorbé par les dépenses militaires. Il rappelle la responsabilité de l'armée dans une longue liste d'atteintes aux droits humains, y compris le recours systématique et continu au travail forcé. Le rapport souligne en outre de gros manquements budgétaires du gouvernement, qui n'octroie que 0,3% du PNB à la santé publique.

Parmi l'éventail de thèmes abordés dans le rapport, la CISL s'attaque notamment à la corruption, à la transparence, au trafic des drogues, au régime fiscal arbitraire, de même qu'aux affirmations montées de toutes pièces par la junte selon lesquelles les sanctions économiques affecteraient « 18 millions de travailleurs ».

La CISL a, par ailleurs, mis à jour sa liste d'entreprises entretenant des relations commerciales avec la Birmanie. Cette liste inclut les noms de quelque 440 sociétés multinationales. Le fait qu'une quarantaine de nouveaux noms soient venus s'ajouter à cette liste est le résultat d'une recherche assidue, et ne doit pas être interprété comme une indication d'un intérêt croissant pour la Birmanie chez les investisseurs étrangers. La mise à jour concerne notamment plusieurs sociétés connues comme China PetroChemical Corp. (Sinopec), China Telecom, Lloyd's of London, Rolls Royce et State Bank of India.

De nombreuses grosses multinationales ont abandonné le pays au cours des dernières années. Toujours est-il que des entreprises de renom international comme la sud-coréenne Daewoo International, Austrian Airlines, SWIFT (Belgique), Total (France), Unocal (Etats-Unis), Suzuki (Japon) or Ivanhoe Mines (Canada) maintiennent des relations avec la Birmanie.

En tant que pays, la Birmanie continue d'afficher un des pires palmarès au monde en matière de violations des droits humains et syndicaux. Si quelques tendances favorables, quoique limitées, ont été constatées au cours des dernières années, il n'y a pas eu de changement significatif dans le traitement de la population par les dictateurs birmans. Les progrès tant revendiqués par les militaires n'étaient que de la poudre aux yeux et ont rapidement été suivis d'une nouvelle vague de répression brutale. Cette répression inclut un recours à la violence à l'encontre de minorités religieuses et ethniques, aux déplacements forcés, à la violence et à la torture, outre le recours au travail des enfants, au viol et à l'assassinat. Les exemples de telles violations des droits humains abondent au quotidien. Un grand nombre de prisonniers politiques continue de croupir dans les geôles birmanes. Le travail forcé, un des problèmes brûlants à l'heure actuelle en Birmanie, est aggravé par le recours systématique qu'y ont les militaires au pouvoir.

Pour consulter la liste des entreprises commerçant avec la Birmanie, qui inclut des renseignements spécifiques sur chaque entreprise, ainsi qu'une présentation de cette initiative, veuillez cliquer sur la rubrique http://www.global-unions.org/burma du site Web de la CISL.

Pour consulter le texte intégral du rapport sur la Birmanie, veuillez vous rendre à l'adresse suivante : http://www.icftu.org/displaydocument.asp?Index=991221196&Language=FR

La CISL représente 148 millions de travailleurs dans 231 organisations affiliées dans 150 pays et territoires. La CISL est également membre de Global Unions : http://www.global-unions.org

Pour plus d'informations, veuillez contacter le Service Presse de la CISL au +32 2 224 0232 ou au +32 476 621 018.