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UNE EUROPE SANS TABAC : : pas d'incidence économique négative sur le chiffre d'affaires

Information sous embargo jusqu’au jeudi 2 juin 2005 à 12h00



L’ANALYSE DES RETOMBÉES ÉCONOMIQUES

PLAIDE POUR UNE EUROPE SANS TABAC



Luxembourg le 2 juin – Pionniers et futures têtes de pont de l’instauration de lieux de travail sans tabac, des employeurs, syndicats et représentants du secteur de l’hôtellerie et de la restauration se sont réunis pour la première fois aujourd’hui au Luxembourg. Ils ont pu entendre l’exposé de faits nouveaux attestant que les politiques pour des lieux sans tabac n’ont pas une influence négative sur le chiffre d’affaires des commerces, mais contribuent plutôt à réduire le coût économique et social actuellement à la charge de la majorité non-fumeuse.



Selon le rapport, la tendance, constatée à l’échelle européenne, à consommer de l’alcool chez soi plutôt que dans les bars et les pubs, expliquerait le ralentissement du commerce constaté suite à l’adoption en 2004 de la législation irlandaise anti-tabac.



Les organismes de santé, qui ont appelé à l’organisation de cette conférence, ont fait part de leur volonté de travailler avec les employeurs, l’industrie de l’hôtellerie et de la restauration et les syndicats, sur la conception d’une législation rigoureuse protégeant les travailleurs européens.



Le Dr Susanne Volqvartz, Présidente du European Heart Network (Réseau européen du cœur), a estimé que le fait que le tabagisme passif tue ne fait davantage débat et que les employeurs et syndicats européens informés, doivent prendre des mesures immédiates pour protéger la santé de leurs employés et membres.



« Nous souhaitons travailler avec eux dans ce sens et nous espérons que cette conférence marquera le début d’un dialogue constructif pour l’instauration de lieux de travail sans tabac ».



Le professeur Ronald Dahl, Président de l’European Respiratory Society, a estimé que concevoir une législation interdisant de fumer dans tous les lieux de travail est le moyen le plus efficace pour lutter contre le tabagisme passif.



« Architectes en Italie et en Irlande de l’instauration de lieux de travail sans tabac, le professeur Girolamo Sirchia et le Ministre Micheál Martin ont proposé ce jour un modèle jetant les bases d’un processus législatif dans les autres pays d’Europe ».



« L’intérêt des autres Ministres de la santé qui se sont exprimés aujourd’hui pour une législation sur des lieux de travail sans tabac prouve qu’il s’agit d’une idée devenue incontournable ».



Le rapport sur l’impact économique rendu par le partenariat Smokefree Europe compare des statistiques provenant de régions ayant adopté l’interdiction de fumer et de nouvelles données sur les tendances de la consommation d’alcool en Europe.



Luk Joossens, Advocacy Officer (Chargé des Recommandations) de l’Association of European Cancer Leagues (Association des ligues européennes contre le cancer), a comparé des statistiques émanant de régions où une législation pour des lieux sans tabac est en place, et compilé de nouvelles données sur les tendances de la consommation d’alcool en Europe.



Il a déclaré : « L’industrie du tabac a du mal à démontrer que l’interdiction de fumer dans les bars et les restaurants a des retombées négatives sur ces commerces en entraînant la baisse de leur chiffre d’affaires et des pertes d’emplois. L’industrie utilise très souvent des faits de nature anecdotique ou des prévisions théoriques à l’appui de ses allégations ».



« Une analyse rigoureuse des études menées en Irlande, à New York, en Colombie britannique et dans d’autres endroits du monde permet cependant de conclure que les législations anti-tabac ne portent pas atteinte aux recettes commerciales. Dans certains cas, elles pourraient même avoir un impact économique positif ».



Luk Joossens a uniquement analysé les études qui ont répondu à des critères de qualité stricts et dont le financement était sans lien avec l’industrie du tabac. Il a également analysé les tendances économiques telles qu’elles apparaissaient avant l’adoption des interdictions de fumer.



« Le principal argument avancé par l’industrie du tabac est que consommer de l’alcool et fumer vont de pair. Si c’est le cas, on aurait pu s’attendre à ce que l’interdiction de fumer dans les pubs ait un impact économique négatif en Irlande, puisque les Irlandais ont plus tendance à consommer de l’alcool dans les bars que tout autre population d’Europe », ajoute Luk Joossens.

« Or, les faits démontrent que l’interdiction de fumer n’a pas affecté l’économie des bars en Irlande. En réalité, si l’on s’appuie sur des outils d’évaluation objectifs tels les relevés de caisse et les études d’experts, il apparaît clairement que l’interdiction de fumer dans les lieux publics n’a affecté l’économie d’aucun des pays étudiés à ce jour ».



Les acteurs du secteur de l’hôtellerie et de la restauration en Irlande ont évalué entre 15 % et 25 % les pertes subies par les pubs depuis la mise en vigueur de la loi interdisant de fumer [1]. Toutefois, il faut voir dans le recul constaté des ventes d’alcool la suite logique d’une baisse amorcée dès 2002 [2].



Cette baisse s’explique par une tendance généralisée en Europe, à davantage consommer d’alcool chez soi. Cette tendance concerne même l’Irlande, où la part estimée des ventes de bière consommée chez soi est passée de 12 % en 2000 à 23 % en 2003. Le Royaume-Uni connaît une tendance similaire, avec une part estimée des ventes de bière consommée chez soi qui est passée de 12 % en 1980 à 33 % en 2000 et à 39 % en 2003.



Les gouvernements devront tenir compte de ces tendances de la consommation d’alcool pour juger du succès des futures lois en faveur de lieux sans tabac, comme par exemple l’interdiction de fumer étendue à la totalité des lieux publics et de travail prévue en Écosse.



Luk Joossens ajoute : « L’industrie de l’hôtellerie et de la restauration dans les pays qui envisagent d’instaurer l’interdiction de fumer a tendance à exagérer ».



Il précise : « Des acteurs de l’industrie de l’hôtellerie et de la restauration belge se sont rendus en Irlande. Ils ont rapporté que l’application à la Belgique d’une interdiction semblable au modèle irlandais entraînerait 20 000 à 40 000 pertes d’emplois, alors que leur propre site Internet révèle qu’en 2003, seules 14 183 personnes en Belgique travaillaient dans des lieux où l’on consomme de l’alcool ».



Pour de plus amples informations ou pour contacter le comité d’organisation de la conférence Smoke Free Europe :



Edelman Paris



Céline Perrin

54, rue de Monceau

75008 Paris



Tel : 01 56 69 73 94



E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Portes-parole français :

Pr Albert Hirsch

(vice president - League against cancer France )

M. Yves Bur

(MP- Maire, and vice president of the National Assembly)

Dr Philippe Mourouga (National cancer institute)

Mme Emmanuelle Béguinot,

Director, French Committee against tobacco

Notes à l’attention des rédactions



[ ] En Irlande, la législation anti-tabac est entrée en vigueur le 29 mars 2004.



[2] Les ventes en volume des bars irlandais, en progression jusqu’en 2001, ont chuté de 2,8 % en 2002 et de 4,2 % en 2003, pour reculer de 4,4 % en 2004, année de l’entrée en vigueur de la loi.



La conférence Smokefree Europe 2005 (www.smokefreeeurope.com) a été organisée par Cancer Research UK (www.cancerresearchuk.org), l’European Respiratory Society (www.ersnet.org/ers), les European Cancer Leagues (Ligues européennes contre le cancer), le European Heart Network (Réseau européen du cœur) (www.ehnheart.org) et la Ligue nationale contre le cancer en France (www.ligue-cancer.net).



Smokefree Europe est un partenariat entre Cancer Research UK, l’European Respiratory Society et la Ligue nationale contre le cancer en France. Le rapport qu’il a rendu a été établi en collaboration avec l’European Heart Network.



La conférence a lieu aujourd’hui à l’hôtel Le Royal au Luxembourg.



L’Association of European Cancer Leagues (ECL, Association des ligues européennes contre le cancer) a été fondée en 1980 et compte 39 membres. Elle a pour objectifs d’améliorer la communication et de promouvoir des initiatives conjointes entre les ligues européennes contre le cancer et les organismes qui sont membres de l’ECL, pour tenter d’endiguer la progression du cancer en Europe (http://ecl.uicc.org).



Un rapport sur un an publié par la ville de New York indique que depuis l’entrée en vigueur de sa législation anti-tabac le 30 mars 2003, les recettes des restaurants et bars ont augmenté de 8,7 %, que 10 600 emplois ont été créés et quasiment tous les établissements appliquent la loi.



Selon les statistiques de l’industrie du tourisme et du voyage publiées en février 2005 par le Central Statistics Office irlandais, l’Irlande a enregistré en 2004 3,2 % de visiteurs de plus qu’en 2003.