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GUINEE CONAKRY OU QUAND L’HOMME PERD SES DROITS

Parcours d’Exil, association française pour le soin médico – psychologique des victimes de torture, fait part de ses dernières observations quant à la dramatique évolution de la situation des Droits de l’Homme en Guinée Conakry.

Parcours d’Exil a observé ces 3 dernières années une augmentation sans précèdent du nombre de victimes de torture originaires de ce pays. Ils représentent en 2006, la grande majorité des patients de l’association, soit environ un tiers d’entre eux ; les chiffres de 2007 indiquant d’ores et déjà un maintien, voire un accroissement de cette tendance.

Au-delà de ces chiffres alarmants, l’association s’inquiète également de l’atrocité sans précédent des faits relatés. Les patients racontent en effet des histoires marquées d’actes de torture rivalisant d’originalité dans leur cruauté : « après ma deuxième arrestation je croyais avoir tout vu, mais la troisième m’a fait subir des choses que je n’imaginais pas possible». Ce témoignage n’est pas isolé, ainsi que le confirme Pierre Duterte, Médecin Directeur de Parcours d’Exil, « ces patients sont porteur de récits dont l’abjection dépasse ce que j’ai pu entendre de la bouche des 5000 victimes de torture, que j’ai pu recevoir durant mes 13 années de pratique ».

Presque plus effrayante encore, est l’impunité avec laquelle ces actes sont réalisés. Nombre de patients sont en effet capable d’identifier, voire de nommer leur tortionnaires, tous membres des forces de police et de l’armée du régime de l’actuel président Lansana Conté, en lutte contre les opposants au pouvoir en place.


La nature des méthodes de torture est également en évolution. La tendance observée est à l’augmentation des actes de torture psychologiques. Ainsi, plus de la moitié des victimes reçues rapportent notamment la recrudescence de femmes tortionnaires, s’adonnant entre autre à des sévices basés sur une humiliation d’ordre sexuel. Difficile pour les victimes de mettre des mots sur les extrêmes souffrances engendrées par ces pratiques ; pourtant certains s’efforcent de l’exprimer avec la pudeur que leur inspire leur traumatisme : «une torture qui fait pas mal, c’est insupportable ».

Ces ressortissants de Guinée Conakry reçus au centre de soins, souffrent de traumatismes particulièrement sévères et profonds, qui se manifestent notamment par des états de terreurs permanentes et de paranoïa, ainsi que l’exprime très simplement une victime : « l’angoisse ne finit pas … j’attends ».

Contact Presse :
Association PARCOURS D’EXIL
Magali Pagnon - Responsable Communication
Email : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
www.parcours.asso.fr

A propos de Parcours d’Exil
Parcours d’Exil, association créée en 2001, reconnue de bienfaisance, gère un centre de soins, à Paris, où près de 800 personnes par an, hommes, femmes ou enfants, victimes de torture et d’atteintes graves aux Droits Humains reçoivent gratuitement des soins médicaux et psychologiques. On estime que 5000 nouvelles victimes de torture arrivent en France chaque année.