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Politique Québécoise : un Amérindien s’en mêle

Politique Québécoise
Un Amérindien s’en mêle


omen Politique Québécoise : un Amérindien s’en mêle

Je suis Algonquin de Maniwaki. Les Français nous appelaient « Les gentils ». Alors je vais m’efforcer de rester gentil, et oublier les remarques désobligeantes, pour ne pas dire insultantes que j'ai lu à mon égard sur le net quand je vous ai dit aux Québécois que vous étiez vous aussi des immigrants, et que vous vous deviez de respecter les nouveaux arrivants et leurs croyances.

Certains ont répondu que j'étais un ignorant de l'histoire de ce pays. - Rappelez-vous vous aussi de votre histoire. Nous les Algonquins étions plus de trois (Niswi) cents milles éparpillés sur le bord du fleuve Saint-Laurent et autour des Grands (Kinòzi) Lacs. Aujourd’hui, nous ne sommes plus que cinq (Nanin) milles étalés sur les deux (nij) rives (Shònìyàwigamig) de la rivière des Outaouais et de ses affluents. Les Anglais et leurs alliés Iroquois qui avaient des armes à feu nous ont presque tous exterminés. Ceux d’entre nous qui n’ont pas été tués ont dû s’intégrer aux bandes iroquoises ou fuir vers le nord quand (ànìn-apich) les Français ont capitulé.

Si ce n’était pas de nous, les Blancs (Wabishka) n’auraient même pas survécu un hiver ici (Oma). Certains autochtones disent que nous aurions dû les tuer quand (ànìn-apich) ils sont arrivés. Je ne crois pas qu'il faille répliquer à la violence par la violence et en plus, on ne peut pas refaire l'histoire. Faut se remettre dans le contexte.

Mes ancêtres ont été très impressionnés par leurs vêtements en métal, leurs fusils, leurs énormes bateaux, mais surtout par leurs canons. Ils croyaient que c’étaient des dieux. Car les Blancs contrôlaient le tonnerre et les éclairs, ils contrôlaient aussi le temps avec leurs horloges (Tibahikìziswan). Ils contrôlaient les étoiles (Anangosh), ils pouvaient dire exactement quand (ànìn-apich) une étoile apparaîtrait dans le ciel (Mishakwad) et à quel endroit elle serait dans six (Nigodwaswe) mois. Ils avaient aussi le contrôle de nos esprits (Midonenindjigan) qu’ils nous montraient dans des miroirs (Wàbamochàg-wàn).

Comme je disais, on ne peut pas refaire l'histoire, mais on peut éviter de faire les mêmes erreurs par-contre. Aujourd’hui en mars 2014, vous cherchez encore à contrôler nos esprits, non plus avec des miroirs, mais des feuilles de papier que vous appelez une « Charte ».

Christian Guitard alias Christopher Di Omen
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Tél : +1 514-354-6407