Facebook Twitter Newsletter Linkedin RSS

Portail de la presse

La Fondation Scelles publie :

Paris, 31 août 2005 – La Fondation Scelles a décidé de diffuser la première déclaration de sensibilisation des clients de personnes prostituées. Ce texte, intitulé « Et si on parlait prostitution… », a été initié par la Fondation Scelles, dans la cadre du Projet Client mené par Bernard Rouverand, bénévole, en vue de sensibiliser les clients de prostituées par l’intermédiaire des collectivités locales. Approuvé par plusieurs municipalités, il a été présenté officiellement pour la première fois lors des 2èmes rencontres sur les politiques urbaines face à la prostitution, organisées en juin 2005 par les Mairies de Paris et de Nantes sous l’égide l’AMGVF.

A l’instar du réseau de la drogue, le client de personnes prostituées alimente les circuits de la traite des êtres humains et du système prostitutionnel avec son cortège de violences, de barbaries et de pressions insupportables. Par cette action de fond, la Fondation Scelles contribue à accélérer la prise de conscience du rôle moteur de la demande du client.

Voici ce texte :
ET SI ON PARLAIT PROSTITUTION…
Et si on parlait prostitution sérieusement, sans idées toutes faites, au-delà des clichés faciles, si on en parlait pour ce qu’elle est en réalité, un drame de société qui a pris une ampleur sans précédent et touche trop souvent les jeunes ?

Savez-vous que les personnes prostituées, dans la plupart des cas, sont vendues telles des esclaves de réseau en réseau, de pays en pays ? Pour les obliger à se prostituer, il y a eu souvent enlèvement, viol, torture, menaces sur leurs familles. Pour fuir les polices ou profiter d’opportunités de gain, les réseaux les déplacent d’un trottoir à un autre, les mettent dans un salon de massage, dans un studio ou les proposent sur les écrans d’Internet.

La traite des êtres humains en vue de prostitution est devenue une véritable mafia commerciale gérée par des réseaux internationaux. Elle est liée à la drogue (chiffre d’affaires équivalent), aux armes, elle est au cœur d’une activité qu’il faut bien qualifier de criminelle.

La traite des êtres humains
en vue de prostitution détruit psychologiquement et physiquement. Tôt ou tard, les personnes prostituées éprouvent toutes le besoin d’en sortir.

La réouverture des maisons closes n’est bien sûr pas une solution. L’expérience de certains pays européens montre que cette formule provoque un accroissement de la prostitution, et, surtout de la prostitution clandestine. Il s’agit en fait d’un proxénétisme organisé et légalisé. Les prostituées ne sont pas libres de refuser un « client », elles reversent la majeure partie de l’argent gagné pour couvrir les frais qui leur sont impitoyablement débités. Quant au suivi sanitaire, il n’est pas mieux assuré, au contraire, de nombreuses études le prouvent.

Nous réaffirmons que le corps humain dans toute sa dimension n’est pas une marchandise. On ne peut accepter un système qui renie à ce point l’égalité entre les êtres. Une société démocratique doit s’opposer à la prostitution organisée qui confisque la liberté et la dignité des personnes prostituées.

La prostitution n’est pas une fatalité. Les municipalités signataires s’engagent à poursuivre et à multiplier leurs actions. Nous-mêmes, n’oublions pas notre propre responsabilité, celle de ne plus porter un regard indifférent ou complaisant sur ce drame. Respectons l’esprit des textes ratifiés par la France*. Faisons de ce combat une cause nationale. En ce début de 21ème siècle, nous déclarons qu’il en va de l’avenir que nous voulons pour notre société et notre démocratie.

*La France a signé et ratifié les textes suivants de l’O.N.U. :
- Convention du 2 décembre 1949 pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui. Préambule : « …la prostitution et le mal qui l’accompagne, à savoir la traite des êtres humains en vue de la prostitution, sont incompatibles avec la dignité et la valeur de la personne humaine et mettent en danger le bien-être de l’individu, de la famille et de la communauté ».
-Protocole additionnel à la Convention contre la criminalité transnationale organisée (Palerme, décembre 2000), article 9.5 : « Les Etats Parties adoptent ou renforcent des mesures législatives ou autres... pour décourager la demande qui favorise toutes les formes d’exploitation des personnes, en particulier des femmes et des enfants, aboutissant à la traite »

Pour mémoire, le Code pénal français, article 225-12-2 :
« Le fait de solliciter, d’accepter ou d’obtenir, en échange d’une rémunération ou d’une promesse de rémunération, des relations de nature sexuelle de la part d’un mineur qui se livre à la prostitution, y compris de façon occasionnelle, est puni de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende ».

A propos de la Fondation Scelles :
La Fondation SCELLES, fondée par Jean et Jeanne SCELLES et reconnue d'utilité publique en 1994, a pour vocation de défendre la dignité de la personne humaine contre l’exploitation sexuelle des adultes et des enfants sous toutes ses formes, traite des êtres humains, prostitution, tourisme sexuel, pornographie enfantine.
La Fondation travaille en étroite collaboration avec les associations de terrain qui apportent une aide directe aux victimes. Sa présidente, Nicole FONTAINE, souhaite développer la coopération européenne et internationale pour éradiquer ce fléau qui ne doit laisser personne indifférent.
L’antenne juridique de la Fondation Scelles a été créée en 1999. Le CRIDES, Centre de Recherches Internationales et de Documentation sur l’Exploitation Sexuelle, créé par la Fondation Scelles en 1995 est un observatoire international de l’exploitation sexuelle commerciale®, richement documenté. Il dispose de plus de 6000 documents (livres, thèses, articles de presse…) avec mise à jour au quotidien, de CD-rom et de cassettes VHS, ainsi que de plus de 1500 textes juridiques. En outre, il analyse les documents et réalise des dossiers sur des sujets d’actualité (causes du trafic sexuel en Asie du sud-est, Internet et pornographie enfantine, le client, la maltraitance…) et des fiches thématiques sur les principales questions que pose l’exploitation sexuelle commerciale. Consultation sur place ou en ligne sur fondationscelles.org

Contacts presse :
Fondation SCELLES
Directrice de la communication :
01 40 26 04 45
Esther Kagan : 06 81 98 89 70
Mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. www.fondationscelles.org