Facebook Twitter Newsletter Linkedin RSS

Portail de la presse

Dessins et oeuvres sur papier à artparis 09

Qu'il soit discret, abstrait ou fantasmagorique, le dessin se donne à voir à artparis, en écho au Prix de dessin contemporain de la fondation Daniel et Florence Guerlain. Lorsque l'on demande au couple de collectionneurs d'où vient leur intérêt particulier pour ce medium, ils répondent en choeur : « Parce que le dessin est à l'origine de toute œuvre, que ce soit en art plastique, en design ou en architecture ».

Trois artistes ont été nominés pour le Prix Guerlain sont d'ailleurs chacun présentés sur l'un des stands d'artparis : les œuvres sur papier de Frédérique Loutz sont à découvrir sur le stand de Claudine Papillon, celles de Jorge Queiroz sur celui de Nathalie Obadia, tandis que Sandra Vasquez de la Horra est présentée par la David Nolan Gallery. La lauréate du Prix Guerlain est Chilienne, il s'agit de Sandra Vasquez de la Horra, primée lors du vernissage d'artparis au Grand Palais, le 18 mars 2009.

Parcours d'un stand à l'autre...

La galerie Guillaume présente à artparis 09 un one-man show dédié à l'artiste français Jean Olivier Hucleux. Ses portraits à la mine de plomb des années 1980 avaient frappé par leur ressemblance avec les photographies qui en avaient servi de modèle. À partir de 1987, il inaugure une nouvelle série, avec ses Dessins de déprogrammation. Celle proposée à artparis court de 1996 à 2008. Mais qu'est-ce que la déprogrammation ? Selon Jean Olivier Hucleux, il s'agit « d'oublier tout ce que l'on a pu apprendre », de ne pas savoir où aller dans sa pratique. Concrètement, chaque geste est lancé sans rien savoir de sa destination, tout en conservant un souci de l'infime détail. Ici, prolifèrent les signes, les écritures, les chiffres, les diagrammes, les symboles ou les cartographies. Tout est foison, profusion. Textes et images se mêlent. On ne sait ce que l'on regarde, ni dans quel sens le mirer… Certaines œuvres n'ont plus de gauche, de droite, de haut, ni
de bas. Le but de l'artiste est parfaitement atteint.

Le jeune Nick Devereux, né en 1978, expose à la galerie Schirman et De Beaucé. Mais ce plasticien n'en est pas pour autant dans la citation des maîtres. Ses dessins ne ressemblent à rien de connu. Ils réfèrent à un petit théâtre de vanités qu'il élabore d'une manière bien personnelle. Il débute en effet par le collage d'éléments hétéroclites dans une sorte de théâtre miniature. Les figures, qui auraient composé le sujet dans la peinture classique, sont ici remplacées par des rebuts de matière comme des textiles ou des fourrures synthétiques. Il rejoue la peinture des genres : natures mortes, scènes d'histoire ou portraits, bien qu'on ne reconnaisse au final aucun élément identifiable. Très pâles, au crayon et à la feuille d'or sur papier, sont les dessins de Sam Griffin. Interrogateurs sont aussi ces éléments de géométrie placés au centre du papier. L'ésotérisme et les croyances - dont le folklore et la magie - se mêlent à l'architecture
et au langage. Prolixe, il peut prendre comme point de départ des formes mathématiques aussi bien qu'une tombe construite 2800 ans avant Jésus-Christ pour capter l'énergie spirituelle, ou Castlemorton, site qui accueillit pendant une semaine la plus importante rave party en Angleterre au tout début des années 90…

La galerie new-yorkaise Haim Chanin Fine Arts met en avant le travail de Pierrette Bloch. Toute sa vie, cette dernière a travaillé, usé, épuisé les ressources de l'encre pour inscrire sur le papier sa méditation sur le temps. Le fait de reprendre alors inlassablement une feuille, souvent de format 65 x 60 cm, et d'y coucher des lignes ou des pois, des traits horizontaux ou verticaux, n'a rien de répétitif. Cette démarche permet au contraire de se libérer de la forme pour se concentrer sur l'essentiel. Un usage de matériaux restreint ne délite pas l'esprit. Dans ses écrits, cette grande dame, née en 1928, parle de végétation, de ruines velues, de temples… Ses « lignes de papier » ou ses « peintures d'encre », comme elle les nomme parfois, se déroulent depuis 1971 avec une réelle unité. Résultat d'une concentration intense qui la met parfois « en danger », l'œuvre elliptique et minimale demeure ouverte à toutes les interprétations et transpositions
possibles.

La galerie Christophe Gaillard mise sur Henri Michaux, artiste qui marqua d'ailleurs beaucoup Pierrette Bloch, dans le cadre d'une exposition thématique ayant pour titre Figures de l'être. Mais l'être, pour Henri Michaux, notamment dans les aquarelles des années 1970, comme celle présentée sur la foire, s'apparente à une douleur et à une solitude. L'eau de l'aquarelle dilue une expression de souffrance intense, d'absence et de folie. Henri Michaux, qui étudia au départ la médecine, revint à la fin des années 1950 vers la psychiatrie. Il visita de nombreux malades au sein des hôpitaux. Dans le même temps, il se mit à consommer de la mescaline, sous le contrôle de médecins, pour en relater les effets ressentis dans son art.
L'Autrichien Arnulf Rainer a lui aussi puisé au plus profond de l'être, jusqu'au néant ?… Proche du surréalisme, puis du tachisme et de l'art informel, il s'intéresse à l'art brut, avant de livrer ses images, sauvages et dérangeantes. Il s'inscrit parfaitement dans la veine des mouvements comme l'expressionnisme, propre à l'Allemagne ou l'actionnisme viennois avec ce type de figuration frontale et franche, sans retenue. Il affectionne les expressions de la souffrance et de la folie. Pessimiste à la manière d'un Schopenhauer, il écrit en 1956 : « Il ne peut s'agir aujourd'hui que de représenter la mort et la fin du monde, que d'apposer la signature finale. » Pourtant, près de cinquante ans plus tard, il se révèle toujours créatif. Les plus grands désabusés sont aussi ceux qui s'intéressent le plus à l'être, ou aux figures de l'être…

Représentée par la galerie Claudine Papillon, Frédérique Loutz est née en 1974 à Sarreguemines. Elle vit et travaille à Berlin. Hansël & Brätzel, Phèdre liée à Icare, un cochon associé à un vilain petit canard, des corps qui se scellent, s'englobent et se gobent jusqu'à ne faire qu'un… Frédérique Loutz procède par associations d'idées. Elle dit partir de pensées « un peu légères », de phrases qui l'amusent ou de jeux de mots. Mélange d'êtres hybrides et réminiscences de mythologie, les contes des petites filles sont poussés jusqu'au monstrueux. Frédérique Loutz aime les extrêmes et tente à sa façon de les lier. Son travail se fait dans une grande concentration. Encre, feutre et aquarelle sont apposés avec soin et détermination. Les hachures sont tellement précises qu'on les croirait tracées à la règle. Les couleurs s'admirent en aplat, et le blanc de sa feuille demeure immaculé. Son dessin est dans la plupart des cas centré pour ne pa
s minimiser l'importance de ce blanc. Il existe en tant que matière propre de laquelle elle fait émerger les formes et les êtres par la couleur.

Née à Vina del Mare au Chili en 1967, Sandra Vasquez de la Horra vit et travaille à Düsseldorf. Représentée à artparis par la David Nolan Gallery (New York), Vasquez de la Horra dessine sur de petites feuilles de papier couvertes de cire qu'elle cuit, comme pour les rendre indestructibles alors même qu'elles sont fragiles. Dans ses dessins, qu'elle considère comme un carnet de bord illustré, elle exorcise ses souvenirs liés à la dictature de Pinochet, avec une satire qui rappelle l'expressionnisme allemand. Si l'historique revendique son poids dans l'œuvre de l'artiste, deux autres thèmes reviennent souvent : la religion et le sexe. En donnant forme à ce que son subconscient mémorise, Sandra Vasquez de la Horra traite des grandes passions : l'amour, la haine, la mort, les blessures intimes…

Marine Joatton, chez Eric Dupont, nous conduit quant à elle dans le monde enfoui des bêtes. Elle nourrit, à ses débuts, une prédilection pour les taupes, s'attachant aux mamelles, aux poils, aux membres, aux dents..., travaillant toutes les techniques, jusqu'à ajouter des matières écrasées ou des vernis aux plus classiques crayons, encres ou aquarelles. Aujourd'hui, si elle nomme encore ses œuvres : anémone, jardin, chien ou créature, si elle se tourne davantage vers l'humain et le portrait, elle flirte de plus en plus avec l'abstraction qu'elle manie à l'aide d'huiles. Ces sujets semblent n'être que le prétexte à montrer sa virtuosité technique, tout en approchant son intimité. Certaines œuvres recèlent une violence enfouie, une douleur sourde et discrète. Marine Joatton travaille sur de très grands formats qui peuvent dépasser les deux mètres. Elle laisse souvent, à dessein, une grande surface de blanc, pour permettre au regardeur de prendre une res
piration avant de s'y plonger. Dans le même élan pulsionnel que celui dont use la jeune femme pour créer.

Pour Fabien Verschaere, présenté par la galerie Metropolis, le monde est gai et coloré, du moins en apparence… Empli de fées, de princesses, de sirènes, de châteaux, d'anges, mais aussi de croix et de squelettes, l'univers de cet artiste nous plonge dans des abîmes situés entre le rêve et le cauchemar. Le rêve est issu de lectures de contes, de légendes et de l'univers de la BD. Le cauchemar résulte du corps malade de l'artiste qui, enfant, passa de nombreuses années à l'hôpital. D'où aussi cette idée omniprésente de la mort et de la précarité de l'existence. Et comme dans toutes ces existences contrariées, cynisme, joie, fêtes et appétit de vivre s'élancent à corps perdus. Les couleurs sont fortes dans les œuvres de Fabien Verschaere. Elles crient, elles hurlent. Les monstres aussi crient et rient, même quand ils interprètent la crucifixion ou l'apocalypse. Les sérials sont des clowns, mais peut-être aussi un peu des killers… Ses oeuvres témo
ignent d'un entre-deux avant que tout ne bascule. L'exaltation avant la chute ? Le travail de Fabien Verschaere est également présenté dans le cadre de l'exposition « Les auteurs de la bande dessinée s'exposent à artparis », sous la houlette de Jean-Marc Thévenet.

La galerie Ritsch-Fisch donne à voir les dessins de l'artiste londonien Chris Hipkiss. Totalement autodidacte, ce dernier est connu pour ses grands formats au crayon mêlant nature, prospective et combattantes hermaphrodites sexy ! Fasciné par la nature, il aurait appris enfant les noms latins de la faune et de la flore. À 16 ans, il devient apprenti dans la menuiserie de son père où il fabrique des modèles en bois pour des sociétés d'outillage. Au même âge, il écrit et illustre l'histoire de XOY, un pays imaginaire. Ce thème ne le quittera plus et va s'affirmer à partir des années 1990, dans ses dessins monochromes. Chris Hipkiss les réalise très minutieusement. Il les considère d'ailleurs comme un journal intime. Chaque feuille se révèle une suite de la précédente. Il dit avoir admiré Jérôme Bosch, mais son univers laisse davantage la place aux végétaux et aux bâtiments semblants issus de romans de science-fiction. Et pour égayer ces longues plag
es qu'il peut faire courir jusqu'à dix mètres, il les peuples d'amazones, car, comme il le dit avec humour, : « Quand on dessine un paysage, parfois on se sent seul ! »…

Patricia Dorfmann fait également la part belle au dessin, notamment à travers le travail de l'artiste chinois Wu Xiaohai, présenté pour la première fois en France par la galerie en décembre 2008. Pékinois de 35 ans, Wu Xiaohai utilise le fusain et la feuille de papier. Volontairement, sa pratique le maintient dans une certaine tradition et une pratique laissée pour compte dans l'art contemporain chinois. Sans craindre d'ajouter des éléments anachroniques, il inscrit dans ses œuvres des références à l'histoire ancienne de son pays, tout comme au communisme, presque toujours animées de deux enfants dans des paysages ou des situations inattendues, voire surréalistes. Dans cet univers post-apocalyptique, ces deux chérubins s'adonnent à des activités ludiques ou contemplatives. Comme dans un cadavre exquis, certains objets sont disposés les uns à côté des autres, sans lien apparent, sauf celui de la poésie. Le danois Henrik Plenge Jakobsen est présent par
une nouvelle série de dessins. Influencé par les Situationnistes, cet artiste revendique une critique sociale à travers ses œuvres. En 2007, il travaille notamment à partir du Manhattan Project, qui se solde par l'explosion de la première bombe atomique. Il s'avère toujours à la recherche d'une forme d'art capable de témoigner de sa propre réalité.

Né à Lisbonne en 1966, Jorge Queiroz vit et travaille à Berlin. Présentés à artparis 09 par Nathalie Obadia, les dessins de Jorge Queiroz nous entraînent dans un univers singulier mêlant paysages et personnages tantôt oniriques, tantôt abstraits. Aux jeux des influences, la référence première qui vient à l'esprit en observant le travail de Queiroz est celle du surréalisme. Car à la manière des dessins automatiques, ses œuvres graphiques offrent des successions de formes dont la finalité et la narration se révèlent impossibles à établir. L'artiste propose une nouvelle grammaire de figures et d'espaces au sein d'improbables connexions. On vogue dans ses croquis comme dans un rêve, sans délimitation précise entre le réel et l'imaginaire, à la découverte d'un cadavre exquis qui se constituerait au fil des ans, d'une feuille à l'autre...

Yvan Salomone, chez Sollertis, se révèle généreux avec son aquarelle. Il n'hésite pas à la travailler sur des grands formats et à en recouvrir chaque parcelle de ses feuilles. Ses architectures sont centrées et dénudées de toute fioriture humaine. Yvan Salomone emploie cet unique médium depuis le début des années 1990, en respectant un rituel bien précis. Durant la première étape, il se constitue, grâce à son appareil photos, un répertoire d'images prises autour de sites maritimes. Il projette ensuite l'image sur un grand papier pour en dessiner la structure d'ensemble, avant d'exécuter l'aquarelle selon un rythme très régulier : une œuvre par semaine. Il catalogue enfin l'image, c'est-à-dire qu'il en fait une photographie qu'il transfère sur son site et l'envoie par mail à ses « abonnés ». Autodidacte, il s'est saisi de l'aquarelle pour ses premiers pas dans l'art, comme un débutant la préférant à l'huile, plus complexe. Si Yvan Salomone aim
e l'accointance de l'aquarelle avec la photographie, il apprécie aussi pouvoir jouer immédiatement de la couleur, pour obtenir « du délayage des pigments une exquise suavité », comme le commente Bernard Lamarche-Vadel.

L'évocation de ces programmes ne serait pas complète sans nommer Wim Deloye, qui expose sur le stand du galeriste suisse Guy Bärtschi. Par excellence artiste de la transgression, avec ses machines à étrons, ses tatouages sur cochon ou même sur dos d'homme, l'artiste belge propose ici de bien plus sages dessins…

Pour demeurer dans cette veine quelque peu osée, Fred Deux sera présenté à la galerie Les Yeux Fertiles, avec une série très précise dite des Spermes colorés et des Spermes noirs qu'il conçut dans les années 1973 et 1974.

Mais pour finir sur une note plus poétique, Françoise Petrovitch distillera son monde féminin et animalier au gré de ses graciles aquarelles, à la galerie RX.

Enfin, les éditeurs demeurent fidèles à artparis. Comme les années précédentes, ils présentent un nombre important d'œuvres graphiques. Rémy Bucciali met l'accent sur Joël Ducorroy, Jacques Boulan se concentre sur Robert Combas, Pasnic met au pinacle Hervé di Rosa, Eric Linard attire l'attention sur Tilman et Eric Seydoux dévoile Bernard Moninot.


--
Contact Presse:
Communication Culture - Sylvia Beder
Romane Dargent
01 42 18 09 42
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
www.sylviabeder.com

--

Communiqué envoyé le 04/14/2009 04:43:43 PM via le site Categorynet.com dans la rubrique Art / Culture

Diffuser votre communiqué de presse : http://www.diffuseruncommuniquedepresse.com/

Qu'il soit discret, abstrait ou fantasmagorique, le dessin se donne à voir à artparis, en écho au Prix de dessin contemporain de la fondation Daniel et Florence Guerlain. Lorsque l'on demande au couple de collectionneurs d'où vient leur intérêt particulier pour ce medium, ils répondent en choeur : « Parce que le dessin est à l'origine de toute œuvre, que ce soit en art plastique, en design ou en architecture ».

Trois artistes ont été nominés pour le Prix Guerlain sont d'ailleurs chacun présentés sur l'un des stands d'artparis : les œuvres sur papier de Frédérique Loutz sont à découvrir sur le stand de Claudine Papillon, celles de Jorge Queiroz sur celui de Nathalie Obadia, tandis que Sandra Vasquez de la Horra est présentée par la David Nolan Gallery. La lauréate du Prix Guerlain est Chilienne, il s'agit de Sandra Vasquez de la Horra, primée lors du vernissage d'artparis au Grand Palais, le 18 mars 2009.

Parcours d'un stand à l'autre...

La galerie Guillaume présente à artparis 09 un one-man show dédié à l'artiste français Jean Olivier Hucleux. Ses portraits à la mine de plomb des années 1980 avaient frappé par leur ressemblance avec les photographies qui en avaient servi de modèle. À partir de 1987, il inaugure une nouvelle série, avec ses Dessins de déprogrammation. Celle proposée à artparis court de 1996 à 2008. Mais qu'est-ce que la déprogrammation ? Selon Jean Olivier Hucleux, il s'agit « d'oublier tout ce que l'on a pu apprendre », de ne pas savoir où aller dans sa pratique. Concrètement, chaque geste est lancé sans rien savoir de sa destination, tout en conservant un souci de l'infime détail. Ici, prolifèrent les signes, les écritures, les chiffres, les diagrammes, les symboles ou les cartographies. Tout est foison, profusion. Textes et images se mêlent. On ne sait ce que l'on regarde, ni dans quel sens le mirer… Certaines œuvres n'ont plus de gauche, de droite, de haut, ni
de bas. Le but de l'artiste est parfaitement atteint.

Le jeune Nick Devereux, né en 1978, expose à la galerie Schirman et De Beaucé. Mais ce plasticien n'en est pas pour autant dans la citation des maîtres. Ses dessins ne ressemblent à rien de connu. Ils réfèrent à un petit théâtre de vanités qu'il élabore d'une manière bien personnelle. Il débute en effet par le collage d'éléments hétéroclites dans une sorte de théâtre miniature. Les figures, qui auraient composé le sujet dans la peinture classique, sont ici remplacées par des rebuts de matière comme des textiles ou des fourrures synthétiques. Il rejoue la peinture des genres : natures mortes, scènes d'histoire ou portraits, bien qu'on ne reconnaisse au final aucun élément identifiable. Très pâles, au crayon et à la feuille d'or sur papier, sont les dessins de Sam Griffin. Interrogateurs sont aussi ces éléments de géométrie placés au centre du papier. L'ésotérisme et les croyances - dont le folklore et la magie - se mêlent à l'architecture
et au langage. Prolixe, il peut prendre comme point de départ des formes mathématiques aussi bien qu'une tombe construite 2800 ans avant Jésus-Christ pour capter l'énergie spirituelle, ou Castlemorton, site qui accueillit pendant une semaine la plus importante rave party en Angleterre au tout début des années 90…

La galerie new-yorkaise Haim Chanin Fine Arts met en avant le travail de Pierrette Bloch. Toute sa vie, cette dernière a travaillé, usé, épuisé les ressources de l'encre pour inscrire sur le papier sa méditation sur le temps. Le fait de reprendre alors inlassablement une feuille, souvent de format 65 x 60 cm, et d'y coucher des lignes ou des pois, des traits horizontaux ou verticaux, n'a rien de répétitif. Cette démarche permet au contraire de se libérer de la forme pour se concentrer sur l'essentiel. Un usage de matériaux restreint ne délite pas l'esprit. Dans ses écrits, cette grande dame, née en 1928, parle de végétation, de ruines velues, de temples… Ses « lignes de papier » ou ses « peintures d'encre », comme elle les nomme parfois, se déroulent depuis 1971 avec une réelle unité. Résultat d'une concentration intense qui la met parfois « en danger », l'œuvre elliptique et minimale demeure ouverte à toutes les interprétations et transpositions
possibles.

La galerie Christophe Gaillard mise sur Henri Michaux, artiste qui marqua d'ailleurs beaucoup Pierrette Bloch, dans le cadre d'une exposition thématique ayant pour titre Figures de l'être. Mais l'être, pour Henri Michaux, notamment dans les aquarelles des années 1970, comme celle présentée sur la foire, s'apparente à une douleur et à une solitude. L'eau de l'aquarelle dilue une expression de souffrance intense, d'absence et de folie. Henri Michaux, qui étudia au départ la médecine, revint à la fin des années 1950 vers la psychiatrie. Il visita de nombreux malades au sein des hôpitaux. Dans le même temps, il se mit à consommer de la mescaline, sous le contrôle de médecins, pour en relater les effets ressentis dans son art.
L'Autrichien Arnulf Rainer a lui aussi puisé au plus profond de l'être, jusqu'au néant ?… Proche du surréalisme, puis du tachisme et de l'art informel, il s'intéresse à l'art brut, avant de livrer ses images, sauvages et dérangeantes. Il s'inscrit parfaitement dans la veine des mouvements comme l'expressionnisme, propre à l'Allemagne ou l'actionnisme viennois avec ce type de figuration frontale et franche, sans retenue. Il affectionne les expressions de la souffrance et de la folie. Pessimiste à la manière d'un Schopenhauer, il écrit en 1956 : « Il ne peut s'agir aujourd'hui que de représenter la mort et la fin du monde, que d'apposer la signature finale. » Pourtant, près de cinquante ans plus tard, il se révèle toujours créatif. Les plus grands désabusés sont aussi ceux qui s'intéressent le plus à l'être, ou aux figures de l'être…

Représentée par la galerie Claudine Papillon, Frédérique Loutz est née en 1974 à Sarreguemines. Elle vit et travaille à Berlin. Hansël & Brätzel, Phèdre liée à Icare, un cochon associé à un vilain petit canard, des corps qui se scellent, s'englobent et se gobent jusqu'à ne faire qu'un… Frédérique Loutz procède par associations d'idées. Elle dit partir de pensées « un peu légères », de phrases qui l'amusent ou de jeux de mots. Mélange d'êtres hybrides et réminiscences de mythologie, les contes des petites filles sont poussés jusqu'au monstrueux. Frédérique Loutz aime les extrêmes et tente à sa façon de les lier. Son travail se fait dans une grande concentration. Encre, feutre et aquarelle sont apposés avec soin et détermination. Les hachures sont tellement précises qu'on les croirait tracées à la règle. Les couleurs s'admirent en aplat, et le blanc de sa feuille demeure immaculé. Son dessin est dans la plupart des cas centré pour ne pa
s minimiser l'importance de ce blanc. Il existe en tant que matière propre de laquelle elle fait émerger les formes et les êtres par la couleur.

Née à Vina del Mare au Chili en 1967, Sandra Vasquez de la Horra vit et travaille à Düsseldorf. Représentée à artparis par la David Nolan Gallery (New York), Vasquez de la Horra dessine sur de petites feuilles de papier couvertes de cire qu'elle cuit, comme pour les rendre indestructibles alors même qu'elles sont fragiles. Dans ses dessins, qu'elle considère comme un carnet de bord illustré, elle exorcise ses souvenirs liés à la dictature de Pinochet, avec une satire qui rappelle l'expressionnisme allemand. Si l'historique revendique son poids dans l'œuvre de l'artiste, deux autres thèmes reviennent souvent : la religion et le sexe. En donnant forme à ce que son subconscient mémorise, Sandra Vasquez de la Horra traite des grandes passions : l'amour, la haine, la mort, les blessures intimes…

Marine Joatton, chez Eric Dupont, nous conduit quant à elle dans le monde enfoui des bêtes. Elle nourrit, à ses débuts, une prédilection pour les taupes, s'attachant aux mamelles, aux poils, aux membres, aux dents..., travaillant toutes les techniques, jusqu'à ajouter des matières écrasées ou des vernis aux plus classiques crayons, encres ou aquarelles. Aujourd'hui, si elle nomme encore ses œuvres : anémone, jardin, chien ou créature, si elle se tourne davantage vers l'humain et le portrait, elle flirte de plus en plus avec l'abstraction qu'elle manie à l'aide d'huiles. Ces sujets semblent n'être que le prétexte à montrer sa virtuosité technique, tout en approchant son intimité. Certaines œuvres recèlent une violence enfouie, une douleur sourde et discrète. Marine Joatton travaille sur de très grands formats qui peuvent dépasser les deux mètres. Elle laisse souvent, à dessein, une grande surface de blanc, pour permettre au regardeur de prendre une res
piration avant de s'y plonger. Dans le même élan pulsionnel que celui dont use la jeune femme pour créer.

Pour Fabien Verschaere, présenté par la galerie Metropolis, le monde est gai et coloré, du moins en apparence… Empli de fées, de princesses, de sirènes, de châteaux, d'anges, mais aussi de croix et de squelettes, l'univers de cet artiste nous plonge dans des abîmes situés entre le rêve et le cauchemar. Le rêve est issu de lectures de contes, de légendes et de l'univers de la BD. Le cauchemar résulte du corps malade de l'artiste qui, enfant, passa de nombreuses années à l'hôpital. D'où aussi cette idée omniprésente de la mort et de la précarité de l'existence. Et comme dans toutes ces existences contrariées, cynisme, joie, fêtes et appétit de vivre s'élancent à corps perdus. Les couleurs sont fortes dans les œuvres de Fabien Verschaere. Elles crient, elles hurlent. Les monstres aussi crient et rient, même quand ils interprètent la crucifixion ou l'apocalypse. Les sérials sont des clowns, mais peut-être aussi un peu des killers… Ses oeuvres témo
ignent d'un entre-deux avant que tout ne bascule. L'exaltation avant la chute ? Le travail de Fabien Verschaere est également présenté dans le cadre de l'exposition « Les auteurs de la bande dessinée s'exposent à artparis », sous la houlette de Jean-Marc Thévenet.

La galerie Ritsch-Fisch donne à voir les dessins de l'artiste londonien Chris Hipkiss. Totalement autodidacte, ce dernier est connu pour ses grands formats au crayon mêlant nature, prospective et combattantes hermaphrodites sexy ! Fasciné par la nature, il aurait appris enfant les noms latins de la faune et de la flore. À 16 ans, il devient apprenti dans la menuiserie de son père où il fabrique des modèles en bois pour des sociétés d'outillage. Au même âge, il écrit et illustre l'histoire de XOY, un pays imaginaire. Ce thème ne le quittera plus et va s'affirmer à partir des années 1990, dans ses dessins monochromes. Chris Hipkiss les réalise très minutieusement. Il les considère d'ailleurs comme un journal intime. Chaque feuille se révèle une suite de la précédente. Il dit avoir admiré Jérôme Bosch, mais son univers laisse davantage la place aux végétaux et aux bâtiments semblants issus de romans de science-fiction. Et pour égayer ces longues plag
es qu'il peut faire courir jusqu'à dix mètres, il les peuples d'amazones, car, comme il le dit avec humour, : « Quand on dessine un paysage, parfois on se sent seul ! »…

Patricia Dorfmann fait également la part belle au dessin, notamment à travers le travail de l'artiste chinois Wu Xiaohai, présenté pour la première fois en France par la galerie en décembre 2008. Pékinois de 35 ans, Wu Xiaohai utilise le fusain et la feuille de papier. Volontairement, sa pratique le maintient dans une certaine tradition et une pratique laissée pour compte dans l'art contemporain chinois. Sans craindre d'ajouter des éléments anachroniques, il inscrit dans ses œuvres des références à l'histoire ancienne de son pays, tout comme au communisme, presque toujours animées de deux enfants dans des paysages ou des situations inattendues, voire surréalistes. Dans cet univers post-apocalyptique, ces deux chérubins s'adonnent à des activités ludiques ou contemplatives. Comme dans un cadavre exquis, certains objets sont disposés les uns à côté des autres, sans lien apparent, sauf celui de la poésie. Le danois Henrik Plenge Jakobsen est présent par
une nouvelle série de dessins. Influencé par les Situationnistes, cet artiste revendique une critique sociale à travers ses œuvres. En 2007, il travaille notamment à partir du Manhattan Project, qui se solde par l'explosion de la première bombe atomique. Il s'avère toujours à la recherche d'une forme d'art capable de témoigner de sa propre réalité.

Né à Lisbonne en 1966, Jorge Queiroz vit et travaille à Berlin. Présentés à artparis 09 par Nathalie Obadia, les dessins de Jorge Queiroz nous entraînent dans un univers singulier mêlant paysages et personnages tantôt oniriques, tantôt abstraits. Aux jeux des influences, la référence première qui vient à l'esprit en observant le travail de Queiroz est celle du surréalisme. Car à la manière des dessins automatiques, ses œuvres graphiques offrent des successions de formes dont la finalité et la narration se révèlent impossibles à établir. L'artiste propose une nouvelle grammaire de figures et d'espaces au sein d'improbables connexions. On vogue dans ses croquis comme dans un rêve, sans délimitation précise entre le réel et l'imaginaire, à la découverte d'un cadavre exquis qui se constituerait au fil des ans, d'une feuille à l'autre...

Yvan Salomone, chez Sollertis, se révèle généreux avec son aquarelle. Il n'hésite pas à la travailler sur des grands formats et à en recouvrir chaque parcelle de ses feuilles. Ses architectures sont centrées et dénudées de toute fioriture humaine. Yvan Salomone emploie cet unique médium depuis le début des années 1990, en respectant un rituel bien précis. Durant la première étape, il se constitue, grâce à son appareil photos, un répertoire d'images prises autour de sites maritimes. Il projette ensuite l'image sur un grand papier pour en dessiner la structure d'ensemble, avant d'exécuter l'aquarelle selon un rythme très régulier : une œuvre par semaine. Il catalogue enfin l'image, c'est-à-dire qu'il en fait une photographie qu'il transfère sur son site et l'envoie par mail à ses « abonnés ». Autodidacte, il s'est saisi de l'aquarelle pour ses premiers pas dans l'art, comme un débutant la préférant à l'huile, plus complexe. Si Yvan Salomone aim
e l'accointance de l'aquarelle avec la photographie, il apprécie aussi pouvoir jouer immédiatement de la couleur, pour obtenir « du délayage des pigments une exquise suavité », comme le commente Bernard Lamarche-Vadel.

L'évocation de ces programmes ne serait pas complète sans nommer Wim Deloye, qui expose sur le stand du galeriste suisse Guy Bärtschi. Par excellence artiste de la transgression, avec ses machines à étrons, ses tatouages sur cochon ou même sur dos d'homme, l'artiste belge propose ici de bien plus sages dessins…

Pour demeurer dans cette veine quelque peu osée, Fred Deux sera présenté à la galerie Les Yeux Fertiles, avec une série très précise dite des Spermes colorés et des Spermes noirs qu'il conçut dans les années 1973 et 1974.

Mais pour finir sur une note plus poétique, Françoise Petrovitch distillera son monde féminin et animalier au gré de ses graciles aquarelles, à la galerie RX.

Enfin, les éditeurs demeurent fidèles à artparis. Comme les années précédentes, ils présentent un nombre important d'œuvres graphiques. Rémy Bucciali met l'accent sur Joël Ducorroy, Jacques Boulan se concentre sur Robert Combas, Pasnic met au pinacle Hervé di Rosa, Eric Linard attire l'attention sur Tilman et Eric Seydoux dévoile Bernard Moninot.


--
Contact Presse:
Communication Culture - Sylvia Beder
Romane Dargent
01 42 18 09 42
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
www.sylviabeder.com

--

Communiqué envoyé le 04/14/2009 04:43:43 PM via le site Categorynet.com dans la rubrique Art / Culture

Diffuser votre communiqué de presse : http://www.diffuseruncommuniquedepresse.com/

Lire plus sur: http://culture.annuairecommuniques.com/2009/04/dessins-et-oeuvres-sur-papier-artparis.html