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Peinture et valeurs sûres à artparis09, du 19 au 23 mars au Grand Palais

À travers son programme pictural, artparis prouve qu'elle maintient les valeurs sûres qui ont fait sa réputation. Pour autant, la relève des jeunes plasticiens dont la pratique est dévolue à ce médium démontre bien qu'il est toujours d'actualité.

L'abstraction

Lyrisme et gestualité…

La galerie Carole Brimaud a souhaité mettre en avant l'un des représentants majeurs de l'abstraction gestuelle, en la qualité de Hans Hartung. Dès les années 1920, son coup de pinceau se pose comme la recherche d'un langage et d'une grammaire des signes. Il construit un espace savant, ordonné par la ligne, la griffure et le trait, tout en étant l'un des premiers à avoir lancé « la peinture comme action » qui sera reprise à New York dans le cadre de l'Action Painting. Son œuvre est dynamique, tout en étant silencieuse, car l'artiste fustigeait ce qu'il appelait le cri et une gestualité trop brutale. En un mot la symbiose d'un équilibre subtil entre ordre et désordre, harmonie et chaos.

Plus généralement, l'école française des années 1950 jouit toujours d'un public fidèle qui retrouve à artparis les galeries promptes à proposer les artistes les plus renommés mais aussi ceux qui restent à découvrir. Pour exemple, Thessa Herold a dévolu depuis longtemps son travail aux peintres surréalistes, mais aussi aux abstraits nommés Charchoune, Dewasne, Domela, Lanskoy, Poliakoff, Wols ou Zao Wou-Ki.


Nouvelle venue à artparis, la galeriste Sabine Vazieux nous replonge aussi dans cet immédiat d'après-guerre qui vit naître la Seconde Ecole de Paris. Pierre Dmitrienko s'y intégra en apportant un certain sens du sacré. Partant du quotidien, il travaillait en gestualité, en matière et en couleurs expressives. Jean Le Moal fut aussi au cœur de cette action, notamment en participant au groupe Témoignage, un mot qui en dit long sur l'ambivalence de ces peintres qui se sentaient en prise avec la réalité, tout en voulant s'exprimer uniquement par la force de leurs compositions et de leur palette.

Bernard Bouche met en regard les ardoises de Raoul Ubac avec le travail de Vera Pagava. Contemporaine du peintre belge, cette artiste d'origine géorgienne s'installe à Paris dans les années 1940, rejoignant nombre de ses compatriotes exilés. Elle expose alors à la galerie de Jeanne Bucher, ses œuvres dominées par le silence et la lumière. D'elle, les critiques écriront : « La peinture de Pagava ne se raconte pas, elle se regarde, et au travers de ces paysages imaginaires, de ces formes sobres et concises, de cette clarté dépouillée on peut atteindre l'essence. »

L'artiste hongroise Judit Reigl se voit consacrer un one woman show par la galerie Erdész & Makláry. Après avoir réussi à quitter son pays, elle s'installe à Paris en 1950 et fréquente un temps les surréalistes. Ils ont sans doute influencé sur son travail Guano, pour lequel elle posait des toiles sur le parquet puis les travaillait, marchait dessus, déversait de la matière picturale qui coulait, imbibait et s'écrasait sous ses pieds selon le « hasard objectif » que réclamait André Breton. À partir de 1973, dans la série des Déroulements (1973-1976), Judit Reigl posait une couleur en marchant le long d'une toile librement agrafée au mur. Si son œuvre peut se rapprocher des expérimentations menées dans les années 1970, notamment dans le groupe Supports/Surfaces, elle constitue avec ses contemporains Hantaï et Degottex un chaînon intermédiaire entre l'abstraction des années 1950 et 1970.

À l'occasion de ses 70 ans, l'artiste danois Per Kirkeby, exposé régulièrement à la galerie Vidal-Saint Phalle, va se voir consacrer une rétrospective à la Tate Modern de Londres. Sa peinture est dite tellurique, peut-être en lien avec sa formation de géologue. Ses coups de pinceaux deviennent des nervures et des excavations. Peut-être aussi que cette fougue dans la matière, cette peinture très active est une résurgence des performances qu'il exécuta dans les années 1960 avec Beuys, Immendorf ou Name June Paik. Pourtant, ses toiles sont réalisées sur de longues périodes, jusqu'à ce que le mystère l'emporte et qu'il ne puisse expliquer pourquoi les choses ont pris cette place déterminée…

Alan Davie, mis en avant par Gimpel Fils, considère pour sa part la peinture comme un moyen d'atteindre une révélation spirituelle, une évocation de l'inconnu. Également musicien de jazz, il fut en outre très influencé par le bouddhisme zen. Son œuvre témoigne de rapports avec l'Expressionnisme abstrait américain, tout en accordant une grande part à l'art primitif et préhistorique. Sa pratique est intuitive. Alan Davie aime se laisser guider par sa main, et lui accorder une grande part de liberté, comme il peut le faire dans sa musique.

À la galerie RX, le travail de l'artiste contemporain coréen Lee Bae est inspiré de la calligraphie. Il confère à ses travaux une impression de suspension, qui serait liée à une force dynamique. Il commence par le charbon de bois à l'état brut avant de l'intégrer à sa peinture. Le noir profond rentre ensuite en dialogue avec le blanc de la feuille ou de la toile. Mais comment rendre ces noirs et blancs volubiles et, à un moment précis, silencieux ? Lee Bae dit « le blanc est un nid et un vide de couleurs. » Cette peinture est fortement influencée par le rôle de l'écrit dans la culture asiatique. L'artiste s'attache ainsi à peindre, dans une grande concentration, l'esprit de la chose représentée.

Du côté des géomètres…

La galerie Lahumière propose pour cette session un panorama sur la permanence de l'art construit, en corrélation avec ce qu'elle défend toute l'année. La filiation avec les historiques que sont Aurélie Nemours ou Victor Vasarely perdure avec des artistes nés dans les années 1950 ou 1960. Par exemple, Nicolas Bodde se plait dans les couleurs stridentes, peintes, par couches successives, sur des surfaces en aluminium. Ses bandes colorées, plus ou moins larges, et sa matière, épaisse ou non, engendrent des sensations de lumières différentes. Antoine Perrot fait quant à lui des emprunts constants à des éléments extérieurs de la sphère artistique qu'il réinvestit dans le processus pictural. Il renvoie « à un ensemble de strates culturelles, où se télescopent les vertus de l'abstraction, le détachement du minimalisme et le cynisme du pop, suivant des processus qui appartiennent à la sphère du bricolage ou à la fausse naïveté d'un art qui serait brut ».

Cette sphère géométrisante se poursuit depuis de nombreuses années dans le travail de François Morellet, présenté chez Jean Brolly. Par la peinture acrylique ou le néon, François Morellet fait jouer le hasard. Dès 1950, il pratique une abstraction très dépouillée et composée de formes précises. La règle en est d'ailleurs souvent énoncée dans le titre même de l'œuvre. Et comment interpréter les sigles et les signes des classiques de l'art abstrait quand on est un jeune peintre ? Nicolas Chardon y répond par ses carrés et ses cibles, s'inscrivant dans une démarche qui lui permet de se débarrasser du motif pour se concentrer sur l'essentiel.

La Figuration

Intéressant toujours autant les collectionneurs, les artistes de la Figuration Narrative, dont les cotes progressent avec régularité, sont bien présents sur la foire. Sophie Scheidecker leur rend un hommage avec des travaux de Erro, Peter Klasen, Jacques Monory et Bernard Rancillac.

La galeriste Sonia Zannettacci poursuit aussi dans cette veine qu'elle défend depuis des années. Son accrochage fera la part belle aux dernières créations d'Erro, qui sera accompagné à nouveau de tous ses amis… Peter Klasen, Jacques Monory et Bernard Rancillac, ainsi que d'Antonio Segui.

Ce dernier, Antonio Segui, a d'ailleurs les honneurs d'un one man show à la galerie Hélène Trintignan. Ce peintre né en Argentine en 1934 a fait de la rue son terrain de recherche et sa plus grande source d'inspiration. De la tradition picturale espagnole, on retrouve dans son travail une truculence pathétique et un aspect caricatural drolatique. Il subit à son arrivée à Paris en 1962 l'influence de la Figuration Narrative et de la bande dessinée. Ses petits personnages, souvent interchangeables, s'agitent en tous sens dans des sites urbanisés. Ils se croisent sans se voir, au sein d'un mouvement continu. Ces déambulations ne mènent nulle part, mais la déshumanisation de la ville est croquée avec un certain humour, pour ne pas en donner une version totalement désabusée.

Non loin de ce mouvement, les toiles de Valerio Adami, proposées par Daniel Templon, se reconnaissent au premier coup d'œil. Cet artiste d'origine italienne a en effet imposé son cerne noir qui semble à la fois échappé de la bande dessinée et du vitrail et se pose sur de vifs aplats. L'influence du Pop Art l'amena à développer une iconographie du monde moderne. Celle de Matta, le conduisit vers « des expériences visuelles antérieures » plus complexes. L'une de ses séries s'attela à des portraits de personnalités ayant contribué à élaborer la pensée de leur époque, comme Nietzsche, Freud ou Gandhi…

C'est un autre genre de portrait que représente depuis des années le peintre Botero, à la galerie Robinsons Art. Ici, on s'exprime en volume, en courbe, en rondeur, en volupté, peut-être davantage qu'en esprit… On déborde de chair et de sensualité… tout comme les actrices et top models, tombées cette année sous le sexy coup de pinceau de Mel Ramos. La galerie Rive Gauche montre les dernières cibles de cet artiste américain. Elles se nomment notamment Scarlett Johanson ou Laetitia Casta, pin-up des temps modernes…


Chez les jeunes plasticiens

La pratique figurative a d'ailleurs joui ces dernières années d'un regain d'intérêt chez les artistes arrivés plus récemment sur la scène. Pour autant, Ronan Barrot n'en renie pas ses classiques. Il se forma en visitant les peintres dix-neuviémistes du Petit Palais et prend souvent pour thème la mythologie. On le définit comme un expressionniste qui évoquerait à la fois Goya, Cézanne, les nouveaux fauves allemands ou Paul Rebeyrolle. Le one man show que lui consacre Claude Bernard permettra d'en avoir un bon aperçu.

Chez Claire Gastaud, Jean-Charles Eustache confère une interprétation très personnelle aux lieux et aux objets qu'il déforme et isole dans un monde intérieur. Les cadrages étonnent et les dégoulinages se font de plus en plus forts. D'autant plus que l'artiste semble possédé par des images de maisons hantées. Il revisite les lieux abandonnés de sa mémoire et les fait resurgir. Il pose la question, au sens propre comme au sens figuré, du : « qu'est-ce qui nous habite ? »…

Pour Alicia Paz, chez Dukan & Hourdequin, la peinture est une expérience qui se nourrit d'images en tous genres. Elle pratique comme « une peinture de la peinture ». Le tableau devient territoire de fiction et espace de feinte, d'artifice, d'histoire et de vraisemblance. Elle y combine toutes sortes de signes iconiques qui en deviennent les personnages. On assiste aussi parfois à la présence récurrente de la figure d'un peintre en train de peindre.

On parle anglo-saxon chez Laurence Esnol, avec H. Craig Hanna. Ce dernier a déjà été primé par deux fois de la National Portrait Gallery de Londres. Il est l'auteur presque exclusif de portraits ou de portraits en pied et sa technique doit beaucoup à l'étude de la peinture ancienne. D'ailleurs ses tableaux semblent atemporels et l'on serait bien malaisé de les dater précisément si l'on ne connaissait pas la biographie de l'artiste.

Vers les scènes émergentes…

Edi Hela, artiste albanais mis en avant par la galerie JGM, montre comment la politique peut transformer le paysage. Il subit dans les années 1970 les affres de la rééducation communiste, et travaille comme docker avant d'être « réhabilité » dans les années 1990. Ses peintures se fixent sur ces paysages en transition, tant au point de vue politique que social. Il s'intéresse à ces architectures à l'abandon, tout comme il témoigne des nouvelles scènes de rues, de ce monde qui a implosé et de sa nouvelle histoire.

Les peintures de Yuri Shabelnikov, exposées par Orel Art, sont sombres, de grands formats, avec une touche virevoltante et brouillée qui donnent aux toiles une impression de cataclysme imminent. Dans sa nouvelle série, La Dernière image, le peintre russe a porté son attention sur des places désertes, des stades, des capitales desquels toute trace de vie a disparu. Il caricature les allégories guerrières ou socialistes pour mettre en évidence son aversion pour le fanatisme de masse. Il détruit les symboles d'intimidation d'Etat, en empruntant son esthétique au septième art. Et si finalement, tout n'avait été qu'un mauvais film…

La galeriste Charlotte Moser met pour sa part en avant le travail du soviétique Valery Koshlyakov. Ce dernier représenta la Russie à la Biennale de Venise de 2003. Ses œuvres témoignent d'un idéal de civilisation, portant notamment l'empreinte du monde gréco- romain. Le monumental explose ici avec la nostalgie du passé. Mais cette destruction du passé devient contemporaine par une déstructuration formelle. Valery Koshlyakov retrace des mouvements de mémoire et témoigne ainsi d'un monde en mutation.

Du côté de l'Asie, la galerie Ifa de Shanghai (nouvel exposant à artparis) fait découvrir aux visiteurs parisiens Fan Jiupeng, un jeune peintre élève de Liu Xiaodong. Jiupeng a mis au point une technique de peinture double face où le spectateur peut admirer le recto et le verso de l'œuvre. Sur calque ou toile, il représente la société pékinoise qui l'entoure. Il s'attache à rendre visible le quotidien de la classe moyenne. L'usage des deux côtés de la toile fait référence aux différentes personnalités de chacun et aux nombreux degrés de lecture qu'induit toute situation.
Enfin, la galerie Loft, qui expose aussi pour la première fois à artparis, présente son écurie d'artistes chinois, parmi lesquels Chen Man, Li Lihong, Wang Jin et Liu Baomin dont l'œuvre questionne éternellement et avec inquiétude l'avenir de la Chine. Pour cela, Liu Baomin utilise différents modes de langages qui vont du surréalisme au réalisme en passant par des phases plus abstraites.

Contacts presse / Visuels disponibles sur demande
CommunicationCulture Sylvia Beder
Romane Dargent : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. / Tel : 01 43 20 51 07
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Communiqué envoyé le 03/11/2009 10:00:21 AM via le site Categorynet.com dans la rubrique Art / Culture

Diffuser votre communiqué de presse : http://www.diffuseruncommuniquedepresse.com/

À travers son programme pictural, artparis prouve qu'elle maintient les valeurs sûres qui ont fait sa réputation. Pour autant, la relève des jeunes plasticiens dont la pratique est dévolue à ce médium démontre bien qu'il est toujours d'actualité.

L'abstraction

Lyrisme et gestualité…

La galerie Carole Brimaud a souhaité mettre en avant l'un des représentants majeurs de l'abstraction gestuelle, en la qualité de Hans Hartung. Dès les années 1920, son coup de pinceau se pose comme la recherche d'un langage et d'une grammaire des signes. Il construit un espace savant, ordonné par la ligne, la griffure et le trait, tout en étant l'un des premiers à avoir lancé « la peinture comme action » qui sera reprise à New York dans le cadre de l'Action Painting. Son œuvre est dynamique, tout en étant silencieuse, car l'artiste fustigeait ce qu'il appelait le cri et une gestualité trop brutale. En un mot la symbiose d'un équilibre subtil entre ordre et désordre, harmonie et chaos.

Plus généralement, l'école française des années 1950 jouit toujours d'un public fidèle qui retrouve à artparis les galeries promptes à proposer les artistes les plus renommés mais aussi ceux qui restent à découvrir. Pour exemple, Thessa Herold a dévolu depuis longtemps son travail aux peintres surréalistes, mais aussi aux abstraits nommés Charchoune, Dewasne, Domela, Lanskoy, Poliakoff, Wols ou Zao Wou-Ki.


Nouvelle venue à artparis, la galeriste Sabine Vazieux nous replonge aussi dans cet immédiat d'après-guerre qui vit naître la Seconde Ecole de Paris. Pierre Dmitrienko s'y intégra en apportant un certain sens du sacré. Partant du quotidien, il travaillait en gestualité, en matière et en couleurs expressives. Jean Le Moal fut aussi au cœur de cette action, notamment en participant au groupe Témoignage, un mot qui en dit long sur l'ambivalence de ces peintres qui se sentaient en prise avec la réalité, tout en voulant s'exprimer uniquement par la force de leurs compositions et de leur palette.

Bernard Bouche met en regard les ardoises de Raoul Ubac avec le travail de Vera Pagava. Contemporaine du peintre belge, cette artiste d'origine géorgienne s'installe à Paris dans les années 1940, rejoignant nombre de ses compatriotes exilés. Elle expose alors à la galerie de Jeanne Bucher, ses œuvres dominées par le silence et la lumière. D'elle, les critiques écriront : « La peinture de Pagava ne se raconte pas, elle se regarde, et au travers de ces paysages imaginaires, de ces formes sobres et concises, de cette clarté dépouillée on peut atteindre l'essence. »

L'artiste hongroise Judit Reigl se voit consacrer un one woman show par la galerie Erdész & Makláry. Après avoir réussi à quitter son pays, elle s'installe à Paris en 1950 et fréquente un temps les surréalistes. Ils ont sans doute influencé sur son travail Guano, pour lequel elle posait des toiles sur le parquet puis les travaillait, marchait dessus, déversait de la matière picturale qui coulait, imbibait et s'écrasait sous ses pieds selon le « hasard objectif » que réclamait André Breton. À partir de 1973, dans la série des Déroulements (1973-1976), Judit Reigl posait une couleur en marchant le long d'une toile librement agrafée au mur. Si son œuvre peut se rapprocher des expérimentations menées dans les années 1970, notamment dans le groupe Supports/Surfaces, elle constitue avec ses contemporains Hantaï et Degottex un chaînon intermédiaire entre l'abstraction des années 1950 et 1970.

À l'occasion de ses 70 ans, l'artiste danois Per Kirkeby, exposé régulièrement à la galerie Vidal-Saint Phalle, va se voir consacrer une rétrospective à la Tate Modern de Londres. Sa peinture est dite tellurique, peut-être en lien avec sa formation de géologue. Ses coups de pinceaux deviennent des nervures et des excavations. Peut-être aussi que cette fougue dans la matière, cette peinture très active est une résurgence des performances qu'il exécuta dans les années 1960 avec Beuys, Immendorf ou Name June Paik. Pourtant, ses toiles sont réalisées sur de longues périodes, jusqu'à ce que le mystère l'emporte et qu'il ne puisse expliquer pourquoi les choses ont pris cette place déterminée…

Alan Davie, mis en avant par Gimpel Fils, considère pour sa part la peinture comme un moyen d'atteindre une révélation spirituelle, une évocation de l'inconnu. Également musicien de jazz, il fut en outre très influencé par le bouddhisme zen. Son œuvre témoigne de rapports avec l'Expressionnisme abstrait américain, tout en accordant une grande part à l'art primitif et préhistorique. Sa pratique est intuitive. Alan Davie aime se laisser guider par sa main, et lui accorder une grande part de liberté, comme il peut le faire dans sa musique.

À la galerie RX, le travail de l'artiste contemporain coréen Lee Bae est inspiré de la calligraphie. Il confère à ses travaux une impression de suspension, qui serait liée à une force dynamique. Il commence par le charbon de bois à l'état brut avant de l'intégrer à sa peinture. Le noir profond rentre ensuite en dialogue avec le blanc de la feuille ou de la toile. Mais comment rendre ces noirs et blancs volubiles et, à un moment précis, silencieux ? Lee Bae dit « le blanc est un nid et un vide de couleurs. » Cette peinture est fortement influencée par le rôle de l'écrit dans la culture asiatique. L'artiste s'attache ainsi à peindre, dans une grande concentration, l'esprit de la chose représentée.

Du côté des géomètres…

La galerie Lahumière propose pour cette session un panorama sur la permanence de l'art construit, en corrélation avec ce qu'elle défend toute l'année. La filiation avec les historiques que sont Aurélie Nemours ou Victor Vasarely perdure avec des artistes nés dans les années 1950 ou 1960. Par exemple, Nicolas Bodde se plait dans les couleurs stridentes, peintes, par couches successives, sur des surfaces en aluminium. Ses bandes colorées, plus ou moins larges, et sa matière, épaisse ou non, engendrent des sensations de lumières différentes. Antoine Perrot fait quant à lui des emprunts constants à des éléments extérieurs de la sphère artistique qu'il réinvestit dans le processus pictural. Il renvoie « à un ensemble de strates culturelles, où se télescopent les vertus de l'abstraction, le détachement du minimalisme et le cynisme du pop, suivant des processus qui appartiennent à la sphère du bricolage ou à la fausse naïveté d'un art qui serait brut ».

Cette sphère géométrisante se poursuit depuis de nombreuses années dans le travail de François Morellet, présenté chez Jean Brolly. Par la peinture acrylique ou le néon, François Morellet fait jouer le hasard. Dès 1950, il pratique une abstraction très dépouillée et composée de formes précises. La règle en est d'ailleurs souvent énoncée dans le titre même de l'œuvre. Et comment interpréter les sigles et les signes des classiques de l'art abstrait quand on est un jeune peintre ? Nicolas Chardon y répond par ses carrés et ses cibles, s'inscrivant dans une démarche qui lui permet de se débarrasser du motif pour se concentrer sur l'essentiel.

La Figuration

Intéressant toujours autant les collectionneurs, les artistes de la Figuration Narrative, dont les cotes progressent avec régularité, sont bien présents sur la foire. Sophie Scheidecker leur rend un hommage avec des travaux de Erro, Peter Klasen, Jacques Monory et Bernard Rancillac.

La galeriste Sonia Zannettacci poursuit aussi dans cette veine qu'elle défend depuis des années. Son accrochage fera la part belle aux dernières créations d'Erro, qui sera accompagné à nouveau de tous ses amis… Peter Klasen, Jacques Monory et Bernard Rancillac, ainsi que d'Antonio Segui.

Ce dernier, Antonio Segui, a d'ailleurs les honneurs d'un one man show à la galerie Hélène Trintignan. Ce peintre né en Argentine en 1934 a fait de la rue son terrain de recherche et sa plus grande source d'inspiration. De la tradition picturale espagnole, on retrouve dans son travail une truculence pathétique et un aspect caricatural drolatique. Il subit à son arrivée à Paris en 1962 l'influence de la Figuration Narrative et de la bande dessinée. Ses petits personnages, souvent interchangeables, s'agitent en tous sens dans des sites urbanisés. Ils se croisent sans se voir, au sein d'un mouvement continu. Ces déambulations ne mènent nulle part, mais la déshumanisation de la ville est croquée avec un certain humour, pour ne pas en donner une version totalement désabusée.

Non loin de ce mouvement, les toiles de Valerio Adami, proposées par Daniel Templon, se reconnaissent au premier coup d'œil. Cet artiste d'origine italienne a en effet imposé son cerne noir qui semble à la fois échappé de la bande dessinée et du vitrail et se pose sur de vifs aplats. L'influence du Pop Art l'amena à développer une iconographie du monde moderne. Celle de Matta, le conduisit vers « des expériences visuelles antérieures » plus complexes. L'une de ses séries s'attela à des portraits de personnalités ayant contribué à élaborer la pensée de leur époque, comme Nietzsche, Freud ou Gandhi…

C'est un autre genre de portrait que représente depuis des années le peintre Botero, à la galerie Robinsons Art. Ici, on s'exprime en volume, en courbe, en rondeur, en volupté, peut-être davantage qu'en esprit… On déborde de chair et de sensualité… tout comme les actrices et top models, tombées cette année sous le sexy coup de pinceau de Mel Ramos. La galerie Rive Gauche montre les dernières cibles de cet artiste américain. Elles se nomment notamment Scarlett Johanson ou Laetitia Casta, pin-up des temps modernes…


Chez les jeunes plasticiens

La pratique figurative a d'ailleurs joui ces dernières années d'un regain d'intérêt chez les artistes arrivés plus récemment sur la scène. Pour autant, Ronan Barrot n'en renie pas ses classiques. Il se forma en visitant les peintres dix-neuviémistes du Petit Palais et prend souvent pour thème la mythologie. On le définit comme un expressionniste qui évoquerait à la fois Goya, Cézanne, les nouveaux fauves allemands ou Paul Rebeyrolle. Le one man show que lui consacre Claude Bernard permettra d'en avoir un bon aperçu.

Chez Claire Gastaud, Jean-Charles Eustache confère une interprétation très personnelle aux lieux et aux objets qu'il déforme et isole dans un monde intérieur. Les cadrages étonnent et les dégoulinages se font de plus en plus forts. D'autant plus que l'artiste semble possédé par des images de maisons hantées. Il revisite les lieux abandonnés de sa mémoire et les fait resurgir. Il pose la question, au sens propre comme au sens figuré, du : « qu'est-ce qui nous habite ? »…

Pour Alicia Paz, chez Dukan & Hourdequin, la peinture est une expérience qui se nourrit d'images en tous genres. Elle pratique comme « une peinture de la peinture ». Le tableau devient territoire de fiction et espace de feinte, d'artifice, d'histoire et de vraisemblance. Elle y combine toutes sortes de signes iconiques qui en deviennent les personnages. On assiste aussi parfois à la présence récurrente de la figure d'un peintre en train de peindre.

On parle anglo-saxon chez Laurence Esnol, avec H. Craig Hanna. Ce dernier a déjà été primé par deux fois de la National Portrait Gallery de Londres. Il est l'auteur presque exclusif de portraits ou de portraits en pied et sa technique doit beaucoup à l'étude de la peinture ancienne. D'ailleurs ses tableaux semblent atemporels et l'on serait bien malaisé de les dater précisément si l'on ne connaissait pas la biographie de l'artiste.

Vers les scènes émergentes…

Edi Hela, artiste albanais mis en avant par la galerie JGM, montre comment la politique peut transformer le paysage. Il subit dans les années 1970 les affres de la rééducation communiste, et travaille comme docker avant d'être « réhabilité » dans les années 1990. Ses peintures se fixent sur ces paysages en transition, tant au point de vue politique que social. Il s'intéresse à ces architectures à l'abandon, tout comme il témoigne des nouvelles scènes de rues, de ce monde qui a implosé et de sa nouvelle histoire.

Les peintures de Yuri Shabelnikov, exposées par Orel Art, sont sombres, de grands formats, avec une touche virevoltante et brouillée qui donnent aux toiles une impression de cataclysme imminent. Dans sa nouvelle série, La Dernière image, le peintre russe a porté son attention sur des places désertes, des stades, des capitales desquels toute trace de vie a disparu. Il caricature les allégories guerrières ou socialistes pour mettre en évidence son aversion pour le fanatisme de masse. Il détruit les symboles d'intimidation d'Etat, en empruntant son esthétique au septième art. Et si finalement, tout n'avait été qu'un mauvais film…

La galeriste Charlotte Moser met pour sa part en avant le travail du soviétique Valery Koshlyakov. Ce dernier représenta la Russie à la Biennale de Venise de 2003. Ses œuvres témoignent d'un idéal de civilisation, portant notamment l'empreinte du monde gréco- romain. Le monumental explose ici avec la nostalgie du passé. Mais cette destruction du passé devient contemporaine par une déstructuration formelle. Valery Koshlyakov retrace des mouvements de mémoire et témoigne ainsi d'un monde en mutation.

Du côté de l'Asie, la galerie Ifa de Shanghai (nouvel exposant à artparis) fait découvrir aux visiteurs parisiens Fan Jiupeng, un jeune peintre élève de Liu Xiaodong. Jiupeng a mis au point une technique de peinture double face où le spectateur peut admirer le recto et le verso de l'œuvre. Sur calque ou toile, il représente la société pékinoise qui l'entoure. Il s'attache à rendre visible le quotidien de la classe moyenne. L'usage des deux côtés de la toile fait référence aux différentes personnalités de chacun et aux nombreux degrés de lecture qu'induit toute situation.
Enfin, la galerie Loft, qui expose aussi pour la première fois à artparis, présente son écurie d'artistes chinois, parmi lesquels Chen Man, Li Lihong, Wang Jin et Liu Baomin dont l'œuvre questionne éternellement et avec inquiétude l'avenir de la Chine. Pour cela, Liu Baomin utilise différents modes de langages qui vont du surréalisme au réalisme en passant par des phases plus abstraites.

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Communiqué envoyé le 03/11/2009 10:00:21 AM via le site Categorynet.com dans la rubrique Art / Culture

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