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Rama Yade, le déjeuner sur l'herbe été 2008 (lili-oto)

Culturebourg … Tout le monde descend !

Dimanche… 18 km de Bordeaux… Petite gare de campagne… Par petits groupes de trois… Piquenique et déjeuner sur l'herbe.

Ces petits repas qui font tapages à Bordeaux et qui connaissent un immense scandale dans le petit milieu élégant et fermé de l’art bordelais. Contrairement au dire de Marsden Hartley : « l’Art, en Amérique, est pareil à une spécialité pharmaceutique ou un aspirateur. Il ne peut espérer le succès que lorsqu’il est connu de quatre-dix millions de gens », à Bordeaux tout se joue à guichet fermé, l’artiste joue à la troisième personne, on exige rien de lui, même pas une œuvre majeure, absolument rien et surtout de ne pas même exister, non que ce soit perdu dans le mode subjonctif comme ce cher Tom l’affirme, mais que d’exister en tant qu’artiste à Bordeaux c’est mal vu, ça fait de l’ombre, beaucoup trop d’ombre à ceux qui ne le souhaitent pas et ils sont nombreux ! Une ombre que nous ne partageons pas avec notre compagne, toute de noire dévêtue, assise en compagnie de mon ami peintre lyonnais Denis et de moi-même. Rama Yade a accepté notre invitation à ce piquenique en hommage à Édouard Manet… Elle ne pourra pas nous accuser comme au PS de lui reprocher sa couleur de peau, nous, on adore! Mes yeux respirent le bonheur, quel tableau ! De quoi faire pâlir David R.Smith, l’inventeur du concept pictural intitulé « Vacant » conçu pour obliger le spectateur à se concentrer sur le vide absolu entre les lettres (…) « mais il échoua, il avait commis un acte d’imagination visuelle » , ciel ! quel crime pour un artiste ! Cette peau brune, lisse aux essences douces comme le parchemin velouté des pétales d’une rose d’ocre noire… Rama Yade regarde au loin fidèle « à la théorie de l’art, pure et simple (…) aussi ineffable que les Anges et les Ames universelles… » . Manet en rougit et le « nain de jardin » est fou de rage, fou d’être interdit en ce lieu qui refuse comme dans l’ancien parlement français la présence du monarque républicain, au chiotte la monarchie élective! L’association imagée d’une ministre ou sous-ministre, femme noire, belle et nue avec deux hommes blancs tout habillés le temps d’un piquenique, images coloniales ou postcoloniales ? Dans ce gouvernement d’extrême droite à la française avec ce mépris monarchique pour la démocratie française ou irlandaise. Que dire ? Que détecter de positif ? Rien ! Sinon de rappeler que lorsque l’on est de gauche, on ne fricote pas avec l’extrême droite! Et que dire à cette femme africaine, belle et nue, imagée dans ce tableau présenté pour la première fois au Salon des refusés en 1863 : « que c’est bien souvent la subversion qui féconde la modernité et non pas un discours formaté et usé !… Pas plus que cette politique ultralibérale dans une recherche permanente de profits juteux qui déprécient, négligent populations et civilisations sur toute cette planète! ». Hier : « la seule chance de salut, c’est de ridiculiser toute peinture susceptible de flatter un œil humain normalement constituer » avec un seul slogan ; la modernité. Aujourd’hui être moderne c’est ridiculiser toute économie réelle susceptible de prendre en compte les besoins de l’humanité avec comme seul slogan « l’archaïsme » au nom d’un réalisme arbitraire. « Et Harold Rosenberg fait un rêve dans lequel le président du conseil du musée déclare : « le Modernisme est fini ! Appelez les flics ! ». (…) les galeries de New York gémissent véritablement sous le poids d’une sorte de réalisme ou autre chose »… « les prix incroyables » Estes, raconte-t-on, vend pour 80000$ une rigolade… Bechtle une autre pour 20000$ à une vente aux enchères à Londres… Cette folie peut-elle vraiment continuer « dans un vide intellectuel »… » (Ceci a été écrit en 1974). Un vide intellectuel où certains dits « maitres » de la peinture nous ont plongé : « Rauschenberg se mit à donner des interviews dans les magazines de Beaux Arts, dans lesquelles il disait qu’être artiste n’était pas différent, spirituellement, d’être un débardeur ou un employé de bureau, ou n’importe quoi d’autre. » Mais non pas n’importe quoi d’autre! Aujourd’hui, il y a plus de respect pour les salariés de Beaubourg au nombre je crois de 1800, plus de respect pour les salariés du ministère de la culture, d’un FRAC, d’une DRAC, d’un CNAP, d’un musée ou d’un centre d’art contemporain que pour la plus part des 95% d’artistes plasticiens qui vivent en France (environ 150000). Des lois et des décrets protègent ces salariés de la culture qui ne finissent pas à la fin du mois avec 394€ (le Rmi) comme tous ces artistes en activité. Etre salarié de la culture est donc différend d’être artiste, c’est normal, il y a eu quelques imbéciles talentueux qui ont tendu le bâton non pour ce faire battre car ils ont été largement récompensés pour leurs âneries afin que les générations futures prennent, eux, les sales coups alors qu’il y avait d’autres réponses et d’autres solutions. Joseph Beuys (en 1979) : « (…) que l’art, par exemple peinture ou la sculpture, ne reste pas quelque chose de rétinien. (…) c’est pourquoi je me suis intéressé aux substances, mon intention est d’affronter la substance fondamentalement, et bien sûr la substance est déjà à elle seule un processus spirituel. (…) C’est ça que j’ai essayé, dire quelque chose sur les substances, sur les substances qui par strates sortent d’elles-mêmes pour pénétrer une substance suprasensible, absente du domaine physique. (…) alors je peux mener cette campagne électorale et je peux aussi bien sûr replacer les notions de politique courante dans cette conception fondamentale. (…) replacer ça dans une relation à l’homme qui soit signifiante (…)
Rama Yade positionnée dans le tableau d’Édouard Manet, jeune femme belle, noire et nue accompagnée de deux hommes blancs tout habillés lors d’un déjeuner sur l’herbe un dimanche à midi à 18 km de Bordeaux un été de 2008, c’est refuser de désocialiser la créativité, c’est replacer le politique dans une relation à l’être qui soit signifiante dans cette société économique uniquement spéculative qui refuse au nom du dogme ultralibéral la réalité économique qui tisse les liens entre les hommes et femmes sur cette planète. Cette jeune femme belle, noire et nue ministre ou sous-ministre, vivant aujourd’hui avec un salaire confortable noyée dans un discours faussement universel est assise avec deux artistes blancs tout habillés qui ont été désocialisés, plongés dans la paupérisation, revendiquant leur statut d’artiste et le bien fondé de leur création, refusant d’être assimilé à de petits entrepreneurs ou à des travailleurs contingents, refusant le discours productiviste et refusant à l’art toute notion de « défaite de la pensée ».
Pourquoi Rama Yade dans ce tableau d’Édouard Manet, « le déjeuner sur l’herbe » car il fut à mes yeux le premier tableau qui ouvrira l’ère du « Mot peint » décrié avec humour par Tom Wolfe. Car cette analyse conforte peut-être cette réflexion de Heinrich Wölfflin : « (…) l’art n’a pas, à l’égard de la nature, un rapport seulement sélectif, en privilégiant les motifs plastiques, mais il vit de la certitude que l’appréhension plastique est seule capable de saisir l’essence du monde. » (…) La figuration (darstellung) coïncide avec l’objet, elle présente l’être et non l’apparence. »
Rama Yade tourne la tête face au public dans ce tableau et ne semble malgré sa présence participer au déjeuner avec les deux artistes, elle les ignore car comme le dit Yves Michaud dans « l’art à l’état gazeux » : « l’artiste n’est ni un guide ni un éclaireur, mais un médiateur au sein de la société » (…) Cette relativisation du message artistique s’assortit de la perte de la dimension de sérieux de l’art. Celui-ci ne prétend plus délivrer un message métaphysique, religieux ou philosophique sur le sens de l’existence : il n’en donne plus que sur lui-même. Cette futilité nouvelle le rapproche du monde de la communication et de celui de la mode : « l’art est tendance plutôt que métaphysique. » Oui Rama Yade tourne la tête face au public dans ce tableau imagé aujourd’hui en l’an 2008 comme en 1863 au salon des refusés car Édouard Manet précurseur du « Mot peint » fut le premier artiste peintre à comprendre ce qu’Yves Michaud décrit dans le rapprochement de l’artiste au monde de la communication et celui de la mode. Ce tableau apporte la preuve, car je ne partage pas complètement les points de vue d’analyse d’Yves Michaud, que lorsque l’artiste est « désocialisé », il n’est ni un guide ni un éclaireur, mais juste un médiateur. Ce tableau apporte la preuve que dés le début de l’ère industriel des artistes, je pense que l’on peut le dire au pluriel, avaient compris que la vocation de l’artiste était entrain de changer et que déjà dés le 19e siècle, ce tableau Édouard Manet nous parle de cette désocialisation de l’artiste et de l’art en désocialisant ce simple déjeuner sur l’herbe. Rama Yade tourne la tête face au public car elle n’a pas besoin d’artistes en communication, c’est elle la communicante. Jeune femme belle, noire et nue accompagnée de deux hommes blancs tout habillés lors d’un déjeuner sur l’herbe un dimanche à midi à 18 km de Bordeaux un été de 2008, ne peut pas avec son discours ultralibéral hérité non pas d’un terreau issu de la pensée africaine mais d’un formatage dogmatique remplir un autre rôle que celle de communicante, elle se doit comme l’explique Tom Wolfe dans le « Mot peint » en citant Hilton Kramer : « Franchement de nos jours, sans une théorie qui l’accompagne, je ne puis - voir - une peinture » et Thierry de Duve, (éditions de minuit) : « la stratégie ne visait qu’à mettre à jour les conditions d’impossibilité de l’art comme promesse d’émancipation. ». La stratégie est une composante de la communication, la stratégie enfermait les artistes d’avant-gardes, artistes toujours désocialisés car ils étaient cloîtré dans une stratégie dont l’objet n’avait pour finalité qu’un objectif surdéterminé. Le cancer social qui ronge les artistes ne date pas d’aujourd’hui, mais il s’aggrave, s’alourdit sur notre créativité, nous opprime et nous réduit à la mendicité sociale. René Huyghe : « Les esprits sont ainsi préparés à franchir une nouvelle étape : non seulement ils admettent la valeur d’autres civilisations sans contact avec la nôtre, et même ils les préfèrent, mais ils s’ouvrent à cette notion, préparée depuis par Jean-Jacques Rousseau, que l’art est plus « authentique » lorsqu’il a moins pâti du travail de polissage de la culture. ». Cette jeune femme belle, noire et nue « imagée » du nom de Rama Yade se doit de sauter et plonger dans le tableau de « l’origine du monde » de Gustave Courbet peint trois années plus tard en 1866 et « replacer du sens dans une relation à l’être qui soit signifiante, économiquement, socialement, intellectuellement et « suprasensiblement ».

Lili-oto, artiste et fondateur du mouvement artistique de la Nouvelle relativité et de la « bitridimensionalité » en art (rapport 2,5). Ce matin en rangeant mes livres, j’ai relu « le Mot peint » de Tom Wolfe traduit de l’anglais par Léo Lack aux éditions Gallimard (les essais CCV). Toutes les phrases en italiques dont l’auteur n’est pas cité est tiré de ce livre que les jeunes futures artistes étudiants aux Beaux Arts ou autodidactes devraient lire comme les autres livres cités dans ce texte…

Heinrich Wölfflin (chez Klincksiek) « Réflexions sur l’histoire de l’art »
Yves Michaud (éditons Hachette) « l’art à l’état gazeux »
Thierry de Duve, (éditions de minuit) « Au nom de l’art, pour une archéologie de la modernité »
Joseph Beuys , Volker Harlan (édition de L’Arche) « Qu’est-ce que l’art ? » (Entretien)
René Huyghe (édition Flammarion) « Sens et destin de l’art » n°2 de l’art gothique au XXe siecle.





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