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le premier qui en parlera

Bonjour,

J'aimerais vous proposer de rédiger un article sur le sujet suivant:

Les auteurs, écrivains, qui grâce à l\'internet notamment sont édités mais pas vraiment diffusés.

J\'en fais partie. Manuscrit.com va publier mon troisième (\"quand je rêve\") et mon quatrième récit (JVEUDIRRR) après \"la fin du temps\" et la \"commode\" d'ores et déjà disponibles sur le site.

Un autre texte est en phase d\'achèvement.
Je suis un auteur plus que confidentiel, j'aimerais savoir si je peux accéder à la catégorie écrivain. Pas facile. Cependant....

Pour illustrer mon propos, je vous présente de (très) courts extraits de chacun de mes écrits.

Pour commencer, un petit chapitre de « la fin du temps »
Chap 19/48
« C'est bizarre, je n'ai pas vu un seul chien depuis que je suis ici.
- Est-ce que ton chien te manque ? Et tes enfants, te manquent-ils ?
- Comment ai-je pu faire passer mon chien avant eux ?
- Inutile de te tourmenter. Personne ici ne te fera des remontrances à cause d'une anomalie dans la hiérarchie apparente de tes affections. Et, tant qu'à faire, comment cela se fait - il que tu ne me réclames pas de cigarettes ? Tu te souviens tout de même des causes de ta venue ici, jugée prématurée par tes semblables ?
- La cigarette ne me manquait pas jusqu'à ce que tu l'évoques. Je suppose que tu n'en as pas ?
- Exact mon cher. Je vois que tu n'as pas perdu le goût de plaisanter. Je n'arrive pas à imaginer que tu aies pu croire que nous ayons des cigarettes ici. Ni cigarettes, ni autres stupéfiants de quelque nature. Pas de paradis artificiels. Ni de Dieu fumeur de havanes.
Tes enfants et ton chien se portent à merveille. Ils vont assez souvent voir ta mère qui leur parle de toi. Elle fait comme toutes les mamies qui ont perdu leur fils : elle dit à tes enfants que leur papa est au ciel. »

Puis : le premier § de « la commode »
1
Certains matins en me voyant nu dans ma glace, je n'y crois pas. Il m'est arrivé de me pincer pour m'assurer que c'est bien moi. Je me rends progressivement à l'évidence : je suis le type svelte et musclé dont je vois l'image dans le miroir. C'est une acquisition très récente. Un psyché orientable sur trépied en hêtre teinté merisier. Je l'ai acheté la semaine dernière. Auparavant, j'avais éliminé toute surface réfléchissante dans mon appartement. Et quand je marchais dans la rue, je regardais le bout de mes chaussures pour éviter d'apercevoir mon image dans une vitrine.


Ensuite, un extrait de « quand je rêve »

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Je partage mon rêve avec Jean Sibelius,...
Si nous nous rejoignons cette nuit, alors il n'est pas vraiment mort,...
S'il sait que j'écris une sonate pour piano,...
Que j'écris, c'est beaucoup dire,...
Alors je me demande tout ce qu'il sait d'autre, peut-être n'ignore-t-il rien de moi,...
Ma franche préférence pour les symphonies de Gustav Mahler plutôt que les siennes,...
De toutes manières, il en connaît infiniment plus sur mon compte que moi sur le sien,...
Moi, à part ce que j'ai pu lire sur sa vie et à propos de son œuvre, je ne sais pratiquement rien de lui,...
Il se met à sourire quand j'évoque ce qui a été écrit à son sujet,...
Je devine ce qu'il veut me dire,...
Et cela le fait rire, assis en face de moi,...


Puis, un petit morceau de JVEUDIRR

JVEUDIRR.
Absence totale de signification de nature à enrichir le message lui-même. Celui qui parle, sauf peut-être le cas de certaines maladies mentales, se trouve toujours en situation de vouloir dire ce qu'il dit. Il est donc totalement inutile d'annoncer cette modalité qui est évidente. A éliminer sans pitié. Oui mais comment ?
Il faut commencer par en prendre conscience. Se rendre compte qu'on dit jveudirr sans arrêt, et s'interroger pourquoi le « je » veut sans cesse dire.


Et pour finir, un tout petit extrait d'un texte qui est tout juste entrain de sortir de sa coquille, qui n'a pas encore de titre.


Cela s'est passé le soir du sixième jour. Samedi soir. Quand Eve fait face à Adam pour la toute première fois. Dieu les observe et se rend compte immédiatement que cela ne va pas. Eve regarde Adam, Adam regarde Eve. Samedi soir, elle a peut-être envie d'aller danser. Célébrer l'avènement de l'univers. Dieu ne les accompagnera pas, la création l'a fatigué, Il attend le dimanche pour replonger dans l'éternité.

La première fièvre du samedi soir. Il suffit de commencer, le pli se prend vite par la suite. La preuve. Ne pouvant mettre de mots sur leur émotion, ils ne voyaient rien. Les impulsions rétiniennes parcouraient le nerf optique pour se noyer dans un cerveau vide de mots. Elle est belle ? Il me branche ? Peut-être mais mon cerveau ne comprend pas ce que voient mes yeux. Il manquait quelque chose d'essentiel aux humains.

Alors Dieu plonge sa main dans sa musette, saisit une grosse poignée de mots et les sème d'un vaste mouvement circulaire. Uniquement des mots de qualité adaptés à la vie au Paradis. Bon, il n'a pas trié, il ne voyait pas l'intérêt de faire du mot à mot. Vous imaginez Dieu chipoter au crépuscule du sixième jour ? Celui-ci oui, celui-là non ? D'autant qu'il était un peu las après sa semaine de travail. Il n'a pas l'habitude.

Il avait hâte d'arriver au septième jour. Il s'est contenté d'écarter les mots inutiles, ceux qui servent à exprimer la douleur, l'ennui, la haine, la maladie, la mort, les interrogations existentielles, les spéculations stériles, les commissions rogatoires, les jugements définitifs, les réquisitoires supplétifs. Les mots dangereux ont connu le même sort. Ecartés. Un tri grossier vite fait. Et c'est là que les ennuis ont commencé.

(J'avoue que c'est mon préféré.)

J'ai l'intention, dans les prochains mois, d'écrire un polar genre « meurtre à Bercy », un milieu que je connais assez bien.

J'espère avoir réussi à susciter votre intérêt. Dans le cas contraire, mettez sans pitié mon message à la corbeille. C'est la règle numéro un de la toile et je l'accepte bien volontiers : beaucoup de messages et beaucoup de déchets.

Je reste attentif à toute réaction de votre part et vous envoie mes sincères salutations

jean faust