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EXPOSITION FORGER LE TEMPS

MARIA REBECCA BALLESTRA, ARGENTINELEE, MARIE LELOUCHE

Jeudi 4 octobre 2007
Vernissage de 18 à 21 heures
Exposition du 4 octobre au 10 novembre 2007, du lundi au vendredi, de 14h à 18h
et le samedi de 15h à 19h.

La musique, depuis son origine, est appréhendée comme l’un des principaux arts liés au temps. Les musiciens se doivent de battre la mesure avant d’interpréter une composition, et d’en choisir le tempo. Dans le processus d’élaboration d’une œuvre d’art visuelle, le temps se manifeste également comme un instrument privilégié. Entre vides et pleins, entre mémoire et éveil, la fibre artistique prend place, et induit une œuvre qui aspire à se perpetuer dans le temps. Cette exposition ne fait pas l’objet d’une thématique art & musique. En revanche, des passerelles forgeant le temps se forment entre les œuvres des trois artistes ici présentées : Argentinelee, Maria-Rebecca Ballestra et Marie Lelouche. Leurs divers parcours définissent un éventail d’anachronies de recherches intimement lié à la mémoire. À travers la vivacité d’une figure ivre, noyée entre les vides et les pleins (Marie Lelouche), la sensation d’une relation « en prise directe » avec un contexte géopolitique (Maria-Rebecca Ballestra) et l’instantanéité des captations en temps réel d’une machine de vision (Argentinelee), une pression narrative renverse inopinément la lecture des œuvres. Le point central des pièces présentées dans cette exposition semble avoir été façonné par le temps.

La série des rencontres de Maria-Rebecca Ballestra provient de récentes cérémonies publiques qui ont eu lieu à Séoul, en Corée du Sud. Chaque scène se déroule dans l’un des nombreux palaces royaux de la ville, construit dans un style coréen traditionnel. La personnalité des individus, assis et parfois vus de dos face au spectateur, est presque ou à peine dévoilée. Il y a tout comme un jeu de rôle entre l’effet miroir des individualités et ce qui s’apparentrait davantage à une communauté implicite. Pour Maria Rebecca, il s’agissait de suggérer à travers l’image une idée de mouvement, un renvoi du passé vers le présent. Mais que font ces individus au juste ? Tous semblent égarés entre un état de sommeil et d’éveil voire plongés dans une méditation, qui tendrait à trouver un juste équilibre, en dépit de la mondialisation.

L’intégralité du processus de création d’Argentinelee se caractérise par un travail de médiation préalable à la réalisation de l’œuvre, incluant des esquisses préparatoires. L’œuvre ne sera pas forcémment éphémère, à la manière des objets jadis empâquetés dans les années 60 par le couple d’artistes/administrateurs Christo. Le projet des « Perspectives parallèles » est axé sur l’influence que les nouvelles technologies imposent à nos identités. À partir de trois angles de vues parallèles, nous sommes propulsés au cœur d’une machine de vision, qui opère en temps réel. Une architecture néofuturiste nous conforterait presque dans la plasticité de l’œuvre. Cependant, le temps est sans cesse boulversé par l’effet d’immédiateté de la transmission des images.

Les cylindres de verre de Marie Lelouche, lisses de surface, révèlent la fragilité d’un corps. Tandis qu’il apparaît à l’intérieur deux visages ennivrés d’un liquide, l’extérieur nous divulgue ces deux figures qui jaillissent telles des masques, fossilisés par le temps. L’envers de la forme pourrait s’apparenter à des bouteilles de plongée, accompagnant le spectateur dans une découverte du monde sous-marin… Ces bouteilles donnent lieu au titre même de l’œuvre, « Ivresse ». Mais ce qui est contenu n’est pas une ivresse au sens propre du terme, d’autant que le liquide absorbé par le corps n’est que de l’eau. Il s’agirait de le percevoir comme un « trop plein » qui amène à une tension.

Adrien Pasternak, Août 2007

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