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Larache de Mohamed Sibari

Jamais aucun autre n’a été aussi épris de Larache que le grand poète et écrivain marocain d’expression espagnole Mohamed Sibari. Aucun roman, pas une nouvelle, nul recueil, point de conte où il n’en parle. C’est à croire qu’il est l’historien officiel grâce à qui le cœur de Larache bat encore.



Sibari par-ci, Sibari par-là, toute Larache le connaît. Il est là, le matin, dans son petit restaurant populaire Neptuno près du Marché Espagnol. Les démunis y sont les bienvenus. Sibari donne plus qu’il ne reçoit. On aurait dit le Patron de la ville après Lala Menana. N’a-t-il pas épousé Chérifa, la petite-fille de cette dernière ?



Notre Sibari, me dit le propriétaire d’une agence de voyage. Sidi Sibari, me dit un vendeur de cigarettes en détail. Maître Sibari, me dit un instituteur qui publie dans des journaux. El Gran Sibari, me dit un poète espagnol musulman.

Sibari de Larache ou Larache de Sibari ? Je n’allais pas tarder à le savoir.



_Monsieur Sibari, s’il vous plait ?

_C’est le restaurant d’en bas.

Je descends les marches du Souk et j’aperçois deux personnes assises devant l’entrée d’un petit restaurant.

_Sibari, s’il vous plait ?

_C’est lui-même ! Répond un sexagénaire qui buvait un grand verre de thé vert sans menthe.



Un homme d’une simplicité extraordinaire qui me fera don de son dernier roman De Larache al Cielo (De Larache au ciel) qui vient de paraître, avec une dédicace.

C’est le deuxième livre dédicacé que je possède. Le premier est Le passé Simple de Driss Chraïbi.

Un premier contact incroyable pour l’écrivain débutant que je suis. Je n’ai, en effet, que mon Air Aphone, un recueil de poésie. Sibari, lui, en a une douzaine.



Un quart d’heure après, je vais être le traducteur de son dernier ouvrage De Larache al Cielo, de son recueil de poésie Poemas de Larache (Poèmes de Larache). Et, à ma grande surprise, il accepte même de participer à l’édition de décembre de la revue Poetas Sin Fronteras que je dirige.

À aucun moment la question d’argent n’a été soulevée. Ce n’était, ni pour lui, ni pour moi une finalité.



Les rencontres avec lui vont se faire quotidiennement. Je lui présente les traductions. On en discute. Il approuve ou bien refuse. Car il connaît très bien aussi le français. Et puis, je ne veux pas émettre un mot ou une phrase sans son approbation, étant moi-même autodidacte en langue espagnole.



Il me parle de l’Internet et je lui construis un site officiel où tout sera traduit de l’espagnol vers le français. Les couvertures, les extraits de ses ouvrages, sa biographie, sa bibliographie, ses photos, les études et les essais le concernant…tout, absolument tout va être publié sur son site officiel dont voici l’adresse :

http://mohamed-sibari.fr-bb.com







Abdelouahid Bennani