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HIVER de Jon Fosse

Un jardin public, une chambre d'hôtel.

Lui, un père de famille rangé, bien ancré dans la banalité d'une vie sans histoire.

Elle, privée de souvenirs, d'attache, complètement déracinée.

Qu'avaient-ils pour se rencontrer ?

Peu de mots, peu d'indices, par-dessus tout le silence, le bégaiement d'un langage qui trace une ligne de fuite sur laquelle les choses se passent, les devenirs se font, l'imperceptible se fait voir, on ne sait plus qui poursuit l'autre ni pour quel destin.



Tout est reflet, miroir, résonance, rythme. Le temps fait son travail, ouvre des brèches qui changent la nature à chaque instant.

Subjugués, nous nous engouffrons dans cette béance, le quotidien nous livre son inquiétante étrangeté.



Fosse nous dit considérer l'écriture comme une mise au monde. Son style est une variation de la langue, une modulation, une tension du langage, il écrit pour donner la vie ou la libérer là où elle est emprisonnée. A tout moment peut surgir quelque chose, un éclair qui nous fait voir ce qui restait tapi derrière les mots.



Nous ne sommes plus dans un théâtre de narration (pas de thèse, de point de vue) mais dans un nouveau genre musical, sensible, inquiétant. Spiritualité et matière s'entrecroisent, se transforment, se réinventent et nous nous prenons tout simplement à rêver de la vie, à son sens qui nous échappe, à sa beauté.



Mise en scène Elvire Brison

Avec Valérie Marchant et Angelo Bison