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« MACHINES » de JEAN PROUVE

« MACHINES » de JEAN PROUVE

Pour la XXIIIe Biennale des Antiquaires, Eric Touchaleaume présente en avant première une sélection de quelques meubles prototypes de Jean Prouvé, récemment acquis et inconnus jusqu’alors, ayant en commun une esthétique « machiniste » fortement marquée.

Ils seront ensuite présentés – c’est une condition de vente vis a vis des acheteurs potentiels – lors de l’exposition « MACHINES A VIVRE » de Jean Prouvé, dans la Maison Tropicale de Brazzaville tout juste restaurée qui sera exposée en octobre, novembre, décembre 2006, quai des Champs-Élysées à deux pas du Grand Palais, a l’emplacement même ou Prouvé exposa l’une de ses trois maisons en octobre 1949.
L’exposition de l’ensemble va constituer un événement de premier ordre sur Jean Prouvé et permettre au grand public d’appréhender son œuvre dans sa globalité.

L’intitulé de notre exposition « Machines » de Jean Prouvé, se réfère explicitement à la fascination qu’exerce le progrès technique, illustré par la machine et son esthétique, sur les acteurs des avants gardes de la première moitié du XXème siècle.
Pour n’en citer que quelques-uns dans divers domaines :
Joseph Hoffmann et sa chaise longue 670 de 1905, baptisée ultérieurement « Sitzmaschine », littéralement « Machine à s’asseoir ».
Marinetti qui proclame en 1909 dans son Manifeste du Futurisme : « Une automobile de course, avec son coffre orné de gros tuyaux tels des serpents à l’haleine explosive, une automobile rugissante qui a l’air de courir sur de la mitraille, est plus belle que la Victoire de Samothrace »
« …Allez voir le Salon de l'automobile, de l'Aviation, la Foire de Paris qui sont les plus beaux spectacles du monde… » conseille Fernand Léger, pendant que Le Corbusier, Charlotte Perriand et Pierre Jeanneret créent en 1928 leur fameuse chaise longue B 306 qualifiée par Le Corbusier de « machine à se reposer » destinée à l’équipement de la « machine à habiter ».
Chez Prouvé, l’esthétique machiniste n’est jamais une recherche de style mais simplement le résultat de ses solutions techniques, alliées à sa manière très personnelle de « construire solide ». Pour lui, l’expérimentation et la réalisation valent mieux qu’un long discours. Par quelques rares formules lapidaires il résume parfaitement ses préoccupations : « Il n’y pas de différence entre la construction d’une maison et celle d’un meuble », « Il faut des maisons usinées » ou bien encore « Je les assimilais (les meubles) à des bâtis de machines destinés à travailler durement ».

Trois « MACHINES A S’ASSEOIR »
Fauteuil « Wittmann », vers 1928.
Réalisé pour Louis Wittman, industriel vosgien et amateur éclairé, ce siège est le premier meuble de Prouvé qui soit répertorié. Ce modèle inaugure une petite série de sièges à systèmes, à dossier et assise réglables permettant de les transformer en véritables chaises longues, tous différents et réalisés en pièces uniques ou à quelques exemplaires, ayant en commun une esthétique résolument « agressive ».
Cet unique exemplaire n’était connu des spécialistes qu’en photo d’archive et sa redécouverte dans une collection privée constitue à elle seule un événement.

Fauteuil « Grand Repos », vers 1929.
Provenant d’une collection privée suisse et apparu récemment sur le marché de l’art, ce siège si bien nommé est à ce jour le troisième exemplaire répertorié.
Les deux autres exemplaires, dont l’un provenait de la famille Prouvé figure dans les collections permanentes du Centre Georges Pompidou, l’autre acheté par Eric Touchaleaume en 1986 chez Sotheby’s à Monaco se trouve désormais dans la collection du Vitra Design Museum.
Cet exemplaire comporte des variantes, il est le plus abouti des trois et probablement le dernier-né de la série. Son revêtement en cuir mastic avec appui-tête est très raffiné et s’accorde remarquablement avec la teinte vert d’eau des parties métalliques, couleur affectionnée par Prouvé. Il s’agit à l’évidence d’une commande particulière, d’un esthète appréciant son confort.

Fauteuil « Visiteur inclinable à roulettes avant », 1942.
Préfigurant le Fauteuil Visiteur, modèle de série qui connut un certain succès commercial dans les années 50 et fut même représenté par Hergé dans Tintin au Tibet. Ce modèle n’est connu qu’à deux exemplaires, le second appartenant à la famille Prouvé. Conçu et fabriqué durant la guerre, ce siège à l’instar des productions réalisées par Prouvé durant cette période de pénurie est fabriqué en bois, utilisant très peu de métal. Tout en gardant « un air de famille » avec les modèles des années 30, le caractère « agressif » s’est assagit.

TROIS TABLES « TRAPEZE », 1952
Jamais présentées sur le marché, ces trois modèles de tables, variantes démontables à deux et trois pieds des modèles de table éclairante réalisée en 1951 pour la Maison de l’Etudiant à Paris et des tables de cafétaria réalisées pour la Cité universitaire d’Antony, n’étaient connues jusqu’alors qu’en documentation.
Communément appelées Tables « Trapèze » en référence à la forme trapézoïdale des pieds, ces véritables bâtis de machines, à usage de tables de laboratoire et de tables de conférence, ont été commandées par le Commissariat à l’Energie Atomique vers 1952.
Pour ce commanditaire prestigieux, véritable vitrine technologique de la France tournée vers l’avenir, dont il espérait obtenir d’importantes commandes, Prouvé déploie tout son talent créatif… et démontre par la même occasion le caractère peu rentable de son entreprise, la standardisation des modèles et les coûts de fabrication n’étant pas a l’évidence sa préoccupation première.
En effet, ces trois tables bien qu’étant « de la même famille » sont très différentes les unes des autres.
Les tables de laboratoire laquées gris/vert - le petit modèle à deux pieds et le modèle à trois pieds destiné à supporter de lourdes charges - ne diffèrent que par le nombre de pieds.
En revanche le très grand modèle de table de conférence laqué noir à deux pieds, n’a aucune côtes en commun avec les deux autres modèles et comporte des différences de conception importantes.
La démonstration de la relation entre architecture / mobilier apparaît ici dans toute son évidence, la poutre porteuse et son principe de fixation aux pieds, sont absolument identiques aux supports de toiture de certains bâtiments de Prouvé dont la Maison Dollander de St Clair.

Contacts presse
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