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Le président Macron vu par les caricaturistes

La part du visuel occupe une place de plus en plus importante dans le traitement de l'information et le monde politique n'y échappe pas. Depuis son élection, le président Emmanuel Macron enchaîne au pas de charge les rendez-vous nationaux et internationaux et engage des réformes qui suscitent des débats de toutes parts, au grand bonheur des caricaturistes. 

En effet, le but d'une caricature de presse est de relater un évènement sous forme d'humour ou de satire. L'opinion, qui lui est sous-jacente est forcément partiale, puisqu'elle reflète celle du dessinateur ou du journal qu'il représente. Les traits du personnage central portent la marque de l'exagération. Le problème, en ce qui concerne Emmanuel Macron, est qu'il n'a pas de travers physiques et les caricaturistes s'en désolent. "Trop lisse, sans aspérités", écrit Sabrina Champenois dans Libération. Joann Sfar sur son compte Instagram déclare à propos du président :"Macron est totalement en contrôle, ne laisse en rien voir l'homme qu'il est vraiment". Il est vrai que peu de dessinateurs se sont lancés dans une caricature du président, sans mise en scène. Quelques-unes, cependant, dont celle de Stéphane Lemarchandet de Petar Pismestrovic sont réalisées entièrement à la main, d'après photo. Le but visé est un rendu "plus vrai que vrai" par la recherche des traits physiques et psychologiques du personnage, sans négliger l'aspect esthétique, à la manière d'une oeuvre d'art.

Les supports des caricatures de Macron sont multiples, des magazines à la télévision, des réseaux sociaux aux sites personnels. Le dessinateur Chaunu dans un journal Ouest France de mai 2017 caricature Trump et Macron discutant sur les accords de Paris. La tenue décontractée du président américain assis dans un transat contraste avec le costume-cravate du président français bien droit dans un fauteuil élyséen. Le propos est de dédramatiser les effets du réchauffement climatique par la légende : "Faut voir le côté positif, on n'a pas besoin de réchauffer les piscines." Le Courrier International a consacré de nombreuses pages de couverture à des caricatures de Macron. "L'homme pressé" de mai 2017 est l'oeuvre du dessinateur Salgado du Portugal. Un making-off de la caricature de Emmanuel Macron relate cette illustration sur le site de Stéphane Lemarchand. De nombreux caricaturistes célèbres ont croqué Macron : Plantu dans le magazine Le Monde, LB dans Paris Match, et tant d'autres...Il ne faudrait pas passer sous silence deux journaux qui déchaînent le plus de passions par leurs articles et leurs caricatures : le Canard Enchaîné et Charlie Hebdo. Ici les dessins se définissent sciemment satiriques. Une très grande caricature occupe même toute la page de couverture de Charlie. C'est ainsi que le 20 avril 2016 Pierrick Juin, nouveau caricaturiste au journal, dessine Emmanuel Macron en marche, tirant "Bobonne en laisse". D'autres dessinateurs ont croqué le président sur leurs réseaux sociaux ou sur leur site internet, ainsi Ray Clid, Placide et bien d'autres. A la télévision, les Guignols de l'Info ont créé les marionnettes du couple Emmanuel et Brigitte Macron et l'émission recueille une forte audience sur Canal + tous les soirs. 

Des symboles accompagnent la plupart du temps ces caricatures, ils permettent d'appuyer le propos. Le caricaturiste Ménégol dans le Figaro de mai 2017 dessine le nouveau jeune président. Sous les traits de Boule, un enfant insouciant joue avec son ami Bill et construit un château de sable dont le drapeau est aux couleurs de l'Europe. Mais il est temps de rentrer au palais, les jeux sont terminés. « A table! » rappelle une voix. Pour la caricature de Macron, Stéphane Lemarchand a choisi sur son site le symbole du coq fier au plumage multicolore et pour celle de Mélenchon, il avait choisi le bouledogue. Le dessinateur Ulys représente le président en médecin rédigeant une ordonnance pour cinq ans. Alex, dans le Courrier Picard, réalise sur un même dessin Macron sur son petit vélo devançant Hollande sur sa moto. L'ancien président porte un gros cadeau à Julie. Sarkozy, quant à lui se tient près de sa Rolls. Tous font la course à l'Elysée. Manut pour le Figaro dessine Macron en randonneur parvenu au sommet. Mais la montagne repose sur un amoncellement d’anciens candidats ayant dévissé. Le propos est le suivant :"J'espère que la descente sera moins rapide". Carrilho, caricaturiste du Portugal illustre la page de couverture du Courrier international de juin 2017. Il reprend l'allégorie de la Création du Monde de Michel Ange pour illustrer le titre "Macron Tout Puissant". Le dessinateur Perrico dans son blog, dessine Macron en Robin des Bois au service des riches. L'emploi de ces codes n'est pas anodin et peut créer la polémique. C'est ainsi que le 10 mars 2017, sur Twitter, paraissait une caricature de Emmanuel Macron coiffé d'un haut de forme de banquier et coupant son cigare à l'aide d'une faucille rouge. Le nez était exagérément crochu. La République en Marche a demandé le retrait de l'illustration, à cause de ces métaphores qui rappelaient les affiches de propagandes anti-juives de 1930. L'auteur du montage, le caricaturiste Xav, chez les Républicains, ne pensait pas provoquer ce tollé. Il voulait simplement montrer un rassemblement des partis de droite et de gauche. Quant au nez crochu, il a été pris pour cible dans bien d'autres personnages célèbres sans qu'il y ait eu dépôt de plainte : ainsi Gad Elmaleh, Nicolas Sarkozy ou Jean Reno. Par contre, si un lecteur occasionnel parcourt les textes et les images de Charlie Hebdo, il peut parfois se sentir offusqué. Le dessinateur Coco dans le journal du 2 août présente un président en larmes sous le titre " Adieu Jeanne Moreau". L'origine de sa tristesse vient de ce qu'elle n'achètera plus de cigarettes et donc privera l'état d'une recette de 10 euros par semaine.

Lorsque l'on observe une caricature, on se sent en conformité ou en retrait vis à vis du personnage. De toute manière, on est amené à s'interroger et c'est bien là l'objectif des médias dans une société démocratique : laisser libre cours à la liberté d'expression et l'esprit critique. Mais pour conclure de manière moins sérieuse, si la vue d'une caricature engendre le sourire ou le rire, elle gratifie l'homme d'un humour salutaire. "La seule cure contre la vanité, c'est le rire, et la seule faute qui soit risible, c'est la vanité" - Henri Bergson

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Communiqué envoyé le 2017-09-09 15:44:49 via le site Categorynet.com dans la rubrique Arts - Culture