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L’autodérision, une des clés du bien-être

Un simple miroir révèle les imperfections de notre visage : nez trop long, lèvres trop fines, rides désastreuses… Si l’on ajoute le fait que le regard est subjectif, nous ne pouvons qu’envenimer ce petit point noir qui ne nous lâche pas. De plus, notre entourage nous regarde et nous juge. Nous devons obéir à des codes de mode, de poids, de taille, de maintien. En ce qui concerne notre caractère, des contraintes s’appliquent également pour bien vivre en société. Si nous avons le défaut de nous mettre en colère rapidement, de paresser le matin, de manger goulûment…on nous le fait très vite remarquer.

Face à ces défauts, nous pouvons prendre le parti d’en rire ou d’en pleurer. Si nous choisissons la deuxième solution, le moindre petit travers va nous gâcher la vie. Mais si nous prenons nos distances, si nous pratiquons l’autodérision, qui consiste à se moquer de nos défauts, notre personnalité va se libérer.

Certains thérapeutes utilisent l’humour pour guérir du stress ou des phobies, le but étant toujours de prendre de la hauteur par rapport à ses problèmes. Il s’agit de regarder de façon lucide ses faiblesses, de les travailler ensuite pour arriver à se dire que « ce n’est pas si grave ». L’autodérision est un moyen de guérison. Si nous parvenons à rire de nos failles, nous avons tout gagné. Un programme canadien intitulé « Stand up for mental Health » propose des solutions dans ce sens pour retrouver un équilibre mental et renouer avec la société par la reconquête de l’estime de soi.

Pour parvenir à faire rire, il faut accentuer ses problèmes. C’est ainsi que le clown va travailler ses mimiques jusqu’à l’excès pour exprimer la peur ou la tristesse. Au cinéma, Woody Allen joue souvent son propre personnage et le caricature dans ses faiblesses pour l’aider à vaincre ses peurs.

Tous les humoristes accentuent les travers des personnages qu’ils incarnent. Raymond Devos y parvient grâce aux mots qu’il décortique jusqu’au paradoxe. Fernand Raynaud imite l’accent du paysan auvergnat jusqu’à la caricature. Quant à Coluche, dans « l’histoire d’un mec », il montre son incapacité à raconter une histoire, il cherche, essaie de mettre en place ses idées sans y parvenir et le résultat est hilarant. Anne Roumanoff pratique également cet art avec bonheur. Sim a très bien défini ce procédé dans son livre « Elle est chouette ma gueule »: « L’autodérision est un excellent système de défense contre les autres et surtout contre soi-même. Il annule toutes les attaques venant de l’extérieur et permet, paradoxalement, de se guérir avant d’être malade ».

Florence Foresti se moque des problèmes de la quarantaine, des mères de famille tranquilles, des codes de la beauté. Mais il n’est pas nécessaire d’avoir de grands talents pour dédramatiser une situation. Dans la relation avec ses petits-enfants, une grand-mère qui s’est emportée peut dire : « La Mamie Dragon s’est mise en colère, elle va maintenant vous attraper ! »

La personne qui se fait caricaturer pratique l’autodérision. Elle sait pourtant que ses traits « hors norme »  seront exagérés. Mais si la caricature ne la gêne pas, c’est parce qu’elle pense qu’elle n’a rien à cacher. Les caricaturistes en sont bien persuadés puisque la plupart d’entre eux ont croqué leur autoportrait sans complaisance et avec beaucoup de plaisir.

Il faut néanmoins se rendre à l’évidence : certaines personnes n’ont pas d’humour. Elles ne parviennent pas à prendre de la distance face à la réalité ou recevoir une remarque au second degré. Elles n’assument pas leurs imperfections et ne comprennent pas qu’on puisse s’en amuser : «  Vous n’allez pas me caricaturer ! Vous m’avez bien regardé ? Je suis déjà une caricature ! » Il faut posséder un peu de poésie et de légèreté d’esprit. Ceci n’a rien à voir avec l’intelligence. Cette dernière peut même faire obstacle. Pour pratiquer l’autodérision, il faut savoir imaginer, sortir du réel.

 

Néanmoins une difficulté de taille pour l’humoriste et le caricaturiste réside dans les limites à ne pas dépasser. Il s’agit de la méchanceté et du mépris des valeurs. Le but de l’humour est de faire rire et non de faire grincer les dents. De la même façon, une connaissance de la psychologie peut aider le caricaturiste à travailler différemment les visages. En principe, un peu plus de finesse sera réservée aux femmes et aux enfants, ou au ressenti des clients.

 

Notre nature n’est pas parfaite. Et si on la chasse, elle revient au galop. Mais il ne sert à rien de ruminer sur notre sort. Nous pouvons nous amuser de nous-mêmes avec tendresse. Le mot de la fin sera pour le Figaro de Beaumarchais « Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer. ».

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Communiqué envoyé le 2017-02-21 07:40:54 via le site Categorynet.com dans la rubrique Arts - Culture
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