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Martinique : quand la photo nous rend à nous-mêmes

Martinique : quand la photo nous rend à nous-mêmes


Dans une très belle communication parue dans le quotidien France Antilles du 13 mars 2014, Anne-Marie JEAN-FRANCOIS livre ses émotions à la lecture de l’ouvrage « La Martinique des années 70 », album de photos de Jean-Pierre MAURICE publié chez blurb.fr

« Jean-Pierre MAURICE a déjà publié « Les neuf piliers de la sagesse », livre traduit en anglais dans un souci de patrimoine caribéen. Il vient maintenant de traduire en espagnol un petit album de photos –déjà publié en français- qui n’est pas anodin : il s’intitule « La Martinique des années 70 » et nous montre combien passé et présent s’emboitent, s’imbriquent, se complètent en quelque sorte, depuis continuité de la tradition jusqu’aux grands changements sociaux–économiques

Une continuité d’abord : les photos nous parlent d’une continuité de savoir-faire, d’une continuité de gestes de la vie quotidienne, de distractions, d’activités de toutes sortes, qui ont forgé une identité et lui a permis , à cette identité, de subsister à travers les innombrables transformations sociales : ainsi les joueurs de serbi des années 70 photographiés par Jean-Pierre MAURICE se retrouvent encore aujourd’hui au pitt Félière ,au pitt Ago, au pitt Chère épice , et ils ont été le sujet ces derniers temps d’un très beau court-métrage. (« 
Touche pas à mon pitt »). Cela donne d’autant plus de valeur à la très belle photo de l’album sur laquelle on voit une partie de serbi en plein air et qui est pour le moins très acharnée ! Il y a aussi les sorties de messes si joliment endimanchées comme on peut en admirer aujourd’hui encore ; et la senne qui continue d’améliorer l’ordinaire, et qui fait tant plaisir aux touristes pour une belle photo ; et la revendication du travail et la grève, et la volonté de vivre au pays : autant de soucis qui sont encore les nôtres ; ces photos nous rappellent combien il est difficile de transformer un monde, celui du travail en particulier : mais le fait que les générations précédentes aient eu ce même souci , en même temps que cela nous émeut, cela nous donne du coeur à l’ouvrage pour continuer.

Et ensuite il y a les photos les plus émouvantes, celles qui parlent d’un passé révolu.
Par exemple il y avait le CMAC -à côté de l’église de Bellevue : c’était le lieu de nos émotions cinématographiques avec monsieur Suvélor mais aussi de nos émotions musicales et artistiques. La très belle photo du danseur Zadith est là pour nous le rappeler, ainsi que l’évocation de ces grands noms que furent Stéphane Grappelli ou Michel Sardaby ; et bien sûr celle d’Eugène Mona dans un autre style et un autre lieu. L’évocation du banc des Sénateurs de la Savane à partir du cliché de 3 hommes âgés en grande discussion en pleine rue, la photo de la Croix Mission à l’époque, la photo de l’usine du Lareinty, aujourd’hui disparue, la photo de deux passantes rue Antoine Siger, toutes ces photos nous replongent dans un passé proche et lointain à la fois : nous l’avons vécu, nos enfants ne le connaissent pas.

Je voudrais terminer sur le magnifique portrait que fait Jean-Pierre MAURICE de madame Nogar, la grande dame de Bezaudin : figure de femme martiniquaise passionnée de son identité qu’elle se plaisait à retrouver dans ses plantations de denrées alors inconnues comme le manioc !!!!!!! Beaucoup d’enfants des années 70 ont été nourris aux farines de madame Nogar : farine de banane, de choux de Chine, de manioc etc....et elle a ainsi ouvert la voix à une économie possible et à une réhabilitation des possibilités locales de nourriture auxquelles elle a su donner des lettres de noblesse. La belle photo qu’en a fait Jean-Pierre Maurice nous rend bien cette volonté, cette sureté d’elle-même qui animait madame Nogar.

Donc entre continuité dans certains actes de la vie quotidienne et souvenirs à préserver d’un monde disparu, l’album de Jean-Pierre MAURICE est fondamental. C’est une réflexion sur l’évolution d’une société avec un petit brin d’amour pour tous ceux qui nous ont précédés et nous ont tant donné !
 »

Anne-Marie JEAN-FRANCOIS


Jean-Pierre Maurice
La Martinique des années 70
Blurb
24 pages - 3,99 €
La Martinique des années 70 : le livre

Contact Presse :
Jean-Pierre MAURICE
Téléphone : 06 96 27 24 98
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http://martinique-70.populus.org