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RÊVES ET RÉALITÉ. OEUVRES DE 1920 A 1948 DE BÉLA KÁDÁR

BÉLA KÁDÁR

Rêves et réalité
Oeuvres de 1920 à 1948


La Galerie Le Minotaure rend hommage à Béla Kádár à l'occasion du 60ème anniversaire de sa mort, en présentant une trentaine des oeuvres de ce peintre hongrois du 19 janvier au 11 mars 2006. Cette exposition dans le prestigieux quartier Saint-Germain des Près aura une suite à Tel Aviv en 2006. Un catalogue bilingue franco-anglais, préfacé par l'historienne de l'art hongroise, Mariann Gergely, a été édité à cette occasion par la galerie.

Après le succès de l'exposition de Pascin en automne-hiver 2005, la Galerie Le Minotaure rend hommage à Béla Kádár (Budapest, le 14 juin 1877 - Budapest, le 22 janvier 1956) à l'occasion du 60ème anniversaire de la mort de ce peintre hongrois du 19 janvier au 11 mars 2006. L'oeuvre de ce pionnier de l'avant-garde européen des années vingt est accessible et d'une simplicité apparente mais n'en est pas moins très sophistiquée et en mutation permanente.
Sa carrière est un parcours typique des artistes d'Europe Centrale au 20ème siècle. Né en 1877 à Budapest dans une famille nombreuse juive d'origine allemende, et où le père est mort jeune, il passe son enfance dans la pauvreté. Très jeune, il s'intéresse aux arts, et commence à dessiner. À l'âge de 21 ans, il part, à pied et sans un sous, pour l'Allemagne, l'Autriche et à Paris, capitale incontestable de liberté et des arts à l'époque. Abasourdi par la découverte des beautés des villes européennes visitées, il s'inscrit, dès son retour, à l'Ecole du Dessin industriel de Budapest, plus tard il suit des cours de l'Institut de Design, l'ancêtre des Beaux Arts. A partir de 1906, il présente de temps en temps ses tableaux aux salons ou aux expositions saisonnières tels que La Biennale du Printemps, le Salon National ou le Salon de l'Art de Budapest. Au début, Béla Kádár peint dans les genres traditionnels au pastel et à la tempéra. Par la suite, il s'intéresse à des compositions figuratives et fait de grands tableaux à l'huile, sous l'influence de József Rippl-Rónai, le Nabi hongrois. Dès les années 1910, Béla Kádár bénéficie du soutien d'un ami exceptionnel, Miklós Rózsa, fondateur de la très importante Maison des Artistes (1909), lieu d'exposition incontournable des tendances les plus modernes. Grâce à Rózsa, il reçoit un certain nombre de commandes importantes, comme la décoration du plafond d'un théâtre ou des fresques sur les murs d'une salle de sports.
En 1918, Kádár inaugure sa première exposition individuelle à la Galerie du Studio à Budapest, dont Miklós Rózsa présente le catalogue. On peut y admirer les genres qu'il a peints dans les années précédentes. Le caractère décoratif très marqué de ses premières oeuvres évolue, à présent il adopte un style symboliste et post-impressionniste. Son sens des couleurs est évident, tant dans des dessins que dans ses tableaux, ses couleurs vont d'une vert féroce à un vieux rose, d'un rouge terracotta à un lilas épanoui, ses riches nuances témoigent de sa perception artistique originale et d'une sensibilité raffinée.
À la fin des années 1910, il peut enfin se permettre l'acquisition d'un studio d'une pièce dans la colonie d'artistes édifiée par la municipalité de Budapest, rue Százados où il s'installe avec sa femme et leurs enfants. Sa famille y demeurera pendant trente ans, jusqu'à ce qu'elle soit obliger le quitter pour aller vivre au ghetto de Budapest en 1944.
Les années 10 sont une période florissante pour l'avant-garde en Hongrie. Lajos Kassák, à la fois poète, éditeur et artiste, publie en 1915 la revue TETT (Action), interdite en 1916 par les autorités. Ensuite Kassák lance sa nouvelle revue MA (Aujourd'hui) qui présente l'opinion de la gauche radicale. Kádár est attiré par les opinions de Kassák. Après la chute de la République des Conseils en 1919, Kádár, même s'il n'est pas persécuté politiquement comme Kassák et ses camarades, décide à quitter le pays y laissant sa famille. A Vienne, avec le peintre Hugo Scheiber, ils rendent visite à Lajos Kassák, qui les accueille amicalement et dirige ses compatriotes sur le Salon de Max Hevesi. Leur exposition commune est inaugurée en septembre 1921 à Mariahilfer Strasse. Elle leur apporte à tous deux une reconnaissance professionnelle et des rentrées d'argent. Munis d'une lettre de recommandation de Kassák, les deux artistes vont rendre visite à Herwarth Walden à Berlin. A cette époque, la galerie de la revue Der Sturm de Herwarth Walden, était considérée comme le quartier général de l'art moderne. Espérant une future exposition, Kádár y laisse quelques tableaux et repart à Budapest au cours de l'hiver 1921, avec de grands espoirs. Désormais il peut s'inspirer du répertoire thématique et technique de l'Expressionisme allemand.
En 1922, il présente ses nouvelles oeuvres au Salon Belvédère à Budapest où il expose plus d'une centaine de dessins. Iván Hevesy fait paraître un livre sur Béla Kádár au moment où cette exposition a lieu. La plus grande partie des oeuvres en noir et blanc de cette présente exposition ont été choisies parmi les oeuvres exposées au Belvédère.
En 1923, Kádár est enfin invité par Herwarth Walden à exposer dans sa galerie de Berlin. Au cours des expositions de décembre 1923 et novembre 1924 à la galerie Sturm, Béla Kádár est le seul exposant et participe également à des expositions collectives. Kádár a changé de style par rapport à son exposition du Belvédère. Il a renoncé à son mode expressif pour un style de description plus doux. Il peint maintenant des visions d'un monde imaginaire riche qui se déploie dans un environnement légendaire. Il donne la prééminence à des éléments de contes folkloriques et à des paysages narratifs qui décrivent un monde merveilleux. Ses couleurs ont changé elles aussi. Outre de beaux tons pastel, l'une de ses caractéristiques devient maintenant l'utilisation de couleurs franches sous l'inspiration de l'art folklorique. Il peint des paysages attrayants de la vie villageoise et des visions expressives esthétiques.
Le succès obtenu par les oeuvres de Kádár aux Etats-Unis est dû en grande partie à Hewarth Walden et à la galerie Der Sturm. Katherine Dreier, présidente de la Société Anonyme de New-York, choisit plusieurs oeuvres de Kádár de la collection de Walden pour l'exposition d'art moderne de 1926 du Brooklyn Museum à New- York. Grâce à cette exposition, Kádár se fait connaître aux Etats- Unis. En 1928, et à plusieurs reprises au cours des années trente, on lui donne l'occasion d'organiser des expositions individuelles dans le nouveau monde.
Dans les années trente, Kádár renonce à ses tableaux romantiques représentant des paysages villageois. Ses personnages évoluent dans un cadre constitué par des éléments d'espace représentant le monde rectangulaire de l'architecture moderne construit à partir de surfaces planes avec des décorations tapageuses à l'arrière-plan, se rapprochant ainsi du style graphique de la publicité. Dans certains de ses tableaux, Kádár combine les procédés de construction formelle de l'ancienne période avec les motifs picturaux du nouveau langage néoclassique. Les stratagèmes visuels spectaculaires du dessin publicitaire des arts déco, le tracé 'fashionable' associé à une affection feinte, le contraste enjoué des contours et des silhouettes, la riche ornementation provenant d'une volonté de décoration exotique, l'érotisme réservé émanant de formes douces et fugitives et les symboles féminins (des bouches peintes en rouge, des boucles de cheveux, des yeux fermés) harmonisait l'usage habile de ses matériaux et de la couleur avec beaucoup de brillant et de facilité. La nature morte en tant que thème pictural à part entière commence à l'intéresser réellement dans les années trente. Poursuivant la tradition d'un plan pictural cubiste dans certains tableaux, il construit des surfaces angulaires avec des motifs organiques ou géométriques autour de taches de couleur agglutinées. Cependant, dans l'esprit décoratif néoclassique, une élégance réservée, des silhouettes longilignes et des motifs ouvragés l'emportent dans d'autres tableaux.
Au cours du printemps 1944, comme la majorité des Juifs de Budapest, Kádár est contraint d'aller vivre dans le ghetto avec sa famille, en quittant le studio de la rue Százados. Les deux fils de Béla Kádár sont morts à la guerre et sa femme est morte de faim au ghetto. Au cours des dernières années de sa vie, il vit en reclus, loin de la vie artistique de Budapest. La politique culturelle socialiste réaliste des années 50 ne s'intéresse pas à lui. Négligé par les pouvoirs publics, il est mort dans la misère.
Même si la Galerie Nationale de Budapest lui consacre une exposition rétrospective en 1977, ce n'est que dans les années 90 que l'on s'intéresse à nouveau à son oeuvre en Hongrie. En 2002, l'historienne de l'art Mariann Gergely publie une monographie bilingue (en hongrois et en anglais ) sur Béla Kádár.
La présente exposition de la Galerie Le Minotaure a été accompagnée par la publication d'un catalogue bilingue anglo-français, préfacé par Yaron Lavitz et Mariann Gergely. L'exposition aura une suite à Tel Aviv au cours de l'année 2006.


INFORMATIONS PRATIQUES :
EXPOSITION : RÊVES ET RÉALITÉ. OEUVRES DE 1920 A 1948 DE BÉLA KÁDÁR
COMMISSAIRES DE L'EXPOSITION : YARON LAVITZ ET BENOIT SAPIRO
DATES : DU 19 JANVIER AU 11 MARS 2006
LIEU: GALERIE LE MINOTAURE, 2, RUE DES BEAUX-ARTS PARIS 6ÈME,
TÉL. : 01 43 54 62 93, E-MAIL : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
CONTACT PRESSE : ZSUZSA KIS,
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