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Presse Contacts News N°23 - Ordre National des Vétérinaires - Spécial Bourgogne &...

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Edito

De multiples missions en élevage laitier et allaitant afin de garantir la qualité du lait et de la viande

Médicament vétérinaire, délégation d'actes, désertification des campagnes et maillage sanitaire :
bien des enjeux en termes de santé publique !

Maillage vétérinaire : dernier service au public à détruire par dogmatisme ?

Chiffres clés

>> Edito

Vétérinaires et éleveurs : de nouvelles synergies pour préserver la santé du consommateur

Après les incompréhensions nées en 2008 entre vétérinaires et éleveurs, liées à la mise en place, sur le terrain, de la lutte vaccinale contre la fièvre catarrhale ovine, les vétérinaires des régions Bourgogne et Franche-Comté intervenant dans les élevages d'animaux de production souhaitent avec force préserver ou retrouver la qualité anciennement établie de leur relation, à maints égards partenariale.

Jusqu'à présent, les vétérinaires constituent dans nos régions un réseau de professionnels de la santé animale présents, proches, opérationnels et très disponibles. Ils assurent nuit et jour les soins aux animaux et, surtout, la surveillance et le suivi sanitaires des exploitations agricoles d'élevage.

Ils prescrivent de façon adaptée et proportionnée les médicaments curatifs ou préventifs nécessaires. Dans le cadre d'une interaction efficace avec les éleveurs dont ils savent reconnaître les compétences, ils assument pleinement avec eux les missions de santé et protection animales.

Ils participent, aux côtés de l'Etat et, le plus souvent, avec l'appui des organismes agricoles à vocation sanitaire, à la lutte contre les fléaux de l'élevage, particulièrement quand les maladies infectieuses ou parasitaires, communes à l'animal et l'homme, font courir un risque à la santé publique.

En assumant au quotidien ses missions de santé et protection animales mais aussi de sécurité sanitaire des aliments, de protection de l'environnement et, de façon générale, de sécurité et santé publiques, ce professionnel indépendant et responsable qu'est le vétérinaire se situe véritablement et efficacement à l'interface entre l'éleveur qu'il assiste et le consommateur qu'il protège.

Docteur vétérinaire Michel BAUSSIER
Vice-président du Conseil Supérieur de l'Ordre des Vétérinaires

>> De multiples missions en élevage laitier et allaitant afin de garantir la qualité du lait et de la viande

De la fourche à la fourchette, les vétérinaires interviennent à tous les stades de la chaîne alimentaire pour optimiser la qualité des produits d'origine animale et préserver la santé publique. En élevage laitier comme allaitant, le praticien forme avec l'éleveur un duo efficace reposant sur de multiples synergies… sous le signe de la confiance !


> Arrêt sur image en élevage laitier avec le Dr Patrick COLLERY, Président du Conseil Régional de l'Ordre des Vétérinaires de Franche-Comté :

En Franche-Comté, le lait constitue le principal revenu des éleveurs. C'est pourquoi l'activité vétérinaire est principalement centrée sur la vache elle-même. Le rôle des praticiens en élevage est capital car la production du lait est implicitement liée à l'état de santé et au bien-être des vaches.

Objectif : soigner mais surtout prévenir afin d'optimiser la rentabilité de l'exploitation tout en favorisant la qualité du lait et des produits dérivés, par une utilisation raisonnée du médicament vétérinaire.

Au quotidien, le travail des praticiens est passionnant et très prenant aux côtés des éleveurs. Si ces derniers assurent un certain nombre de soins (administration de médicaments, vermifugation…) en tant que premiers infirmiers de leur troupeau, les interventions sont plus nombreuses qu'en élevage allaitant car les pathologies sont plus variées et fréquentes.

Aux petits soins pour les veaux
Le mois qui suit leur naissance, les veaux demandent une grande attention et beaucoup de soins. Diarrhée, pneumonie… Il faut agir vite à cet âge afin que l'irréparable ne se produise pas. La disparition d'une tête représente toujours une perte économique pour l'éleveur. L'établissement de plans de prophylaxie axés, en particulier, sur la vaccination permet de limiter l'incidence des maladies néonatales.

Des troupeaux laitiers sous haute surveillance
La vache laitière est un animal à forte production qui nécessite des soins attentifs. Toute erreur peut avoir des conséquences importantes sur sa santé et la qualité de sa production.
Différents types de pathologies sont récurrents d'un élevage à l'autre :

Pathologies digestives
Lors de maladies digestives (indigestion, diarrhée, intoxication…) ou métaboliques (cétose acétonémie…), les vétérinaires procèdent au contrôle de l'alimentation, modifient les rations alimentaires si nécessaire, réalisent des contrôles sanguins… pour remédier le plus rapidement, dans la mesure du possible, aux troubles.

Affections de la mamelle
Les infections mammaires représentent une pathologie importante. Elles peuvent se manifester de deux façons : en mammites subcliniques ou inapparentes (afflux de cellules dans le lait du quartier infecté) ou en mammites cliniques (présentant des symptômes visibles : inflammation de la mamelle et/ou modification du lait). Il peut s'agir :
• Soit d'une pathologie isolée nécessitant un traitement uniquement sur la vache concernée.
• Soit d'une pathologie récurrente exigeant une réflexion sur le troupeau afin d'analyser la cause exacte et de mettre en pratique une stratégie de prévention en concertation avec l'éleveur.
Le traitement au tarissement permet de guérir les infections persistantes de la lactation précédente et de protéger la vache contre les nouvelles infections pouvant se produire surtout au début de la période de lactation.

Pathologies de vêlage
La fièvre de lait est une maladie métabolique post partum fréquente chez la vache laitière. Elle se traduit, au plan clinique, par une vache couchée et, au plan biologique, par une hypocalcémie notoire (baisse du calcium dans le sang). Il peut y avoir là aussi un lien avec l'alimentation pendant le tarissement.
Césariennes, maladies post vêlage, infections utérines… pour toutes ces pathologies, les vétérinaires élaborent avec les éleveurs des plans de prévention pendant le tarissement, période de repos cruciale pour l'organisme de l'animal.

Conclusion
La qualité du lait est le reflet de la santé de la vache. Toute erreur de conduite de troupeau (sanitaire, alimentaire…) se retrouve sur la table du consommateur. C'est pourquoi le couple éleveur / vétérinaire est indissociable.
La santé de l'animal et du consommateur est protégée par une utilisation restreinte et raisonnée des médicaments. Le contraire serait dangereux pour le consommateur et économiquement irréaliste pour l'éleveur.


> De plus en plus de prévention

Parallèlement à leurs interventions de médecins, de chirurgiens, d'urgentistes, d'experts sanitaires, d'ingénieurs des élevages, les vétérinaires mènent de plus en plus d'actions de prévention en concertation avec les éleveurs pour optimiser la qualité du lait et celle de tous les produits dérivés qui se retrouvent dans l'assiette du grand public.
Que ce soit dans le cadre de plans généraux de prévention ou de conseils donnés au quotidien, les éleveurs en élevage laitier ont bien compris tout l'enjeu de prévenir plutôt que guérir pour maximiser la rentabilité de leur exploitation et proposer des produits à la qualité optimale aux consommateurs.


> Focus en élevage allaitant avec le Dr Jacques MANIERE, membre du Conseil Régional de l'Ordre des Vétérinaires de Bourgogne :

L'activité vétérinaire a beaucoup évolué à la campagne. La rurale pure n'existe plus. Elle est forcément couplée à des activités autour des animaux de compagnie. Dans les élevages de production, l'activité a bien sûr été révolutionnée par l'apparition de la césarienne dans les années 50 et la mise en place de nombreuses actions de prévention limitant les maladies au sein des cheptels, qui ont ainsi pu se développer fortement.

Dans notre région où l'élevage du Charolais prédomine, l'activité à la campagne est principalement centrée autour de l'obstétrique, les vêlages, les césariennes, les soins aux jeunes animaux. Mais, aujourd'hui, quatre constats ressortent :

• Le travail des vétérinaires en rurale s'apparente plus aux interventions des urgentistes en hôpitaux qu'aux missions traditionnelles de médecins. 80% de l'activité rurale a pour but de répondre aux urgences, qu'elles soient obstétricales, chirurgicales, médicales ou sanitaires.

• La rurale est très rythmée par la saisonnalité de l'élevage bovin. Les vétérinaires réalisent les trois quarts de leur chiffre d'affaires sur un tiers de l'année, au printemps et en hiver, quand les vêlages ont lieu. Cette période très intense exige plus de 70 heures de travail par semaine où il faut jongler avec les urgences et les interventions sur rendez-vous, ce qui entraîne de grandes difficultés d'organisation au quotidien.

• Les vétérinaires doivent faire face à une grande variabilité d'un élevage à l'autre. A côté des exploitations de 800 bêtes, dirigées par des exploitants bien formés et informatisés, coexistent des petites fermes avec 50 têtes beaucoup plus traditionnelles. D'où la nécessité de s'adapter en permanence au contexte, d'adopter le bon discours, les meilleures solutions en excellente occasion de mieux cerner les besoins et les attentes de tous.

• Vu le rythme de travail à certaines époques de l'année et le nombre d'urgences à traiter au quotidien, les praticiens se regroupent de plus en plus afin de se répartir le plus possible les tâches, les tours de garde et de pouvoir prendre des congés... C'est aussi une façon de ne pas décourager les jeunes à embrasser la rurale, avec un rythme de travail plus acceptable. Cela permet également une certaine spécialisation indispensable pour faire face à l'évolution de la science et des techniques.

Comme dans les autres régions françaises, la plupart des vétérinaires intervenant à la campagne sont investis du mandat sanitaire, pour prévenir et gérer les éventuels risques d'épidémies, pouvant affecter la santé animale comme humaine. Un travail considérable a été notamment réalisé concernant la brucellose, la tuberculose, la rage, la salmonellose avec la complicité des éleveurs.

Toujours dans un objectif d'optimiser la qualité de la viande et de préserver la santé publique, bien des actions ont été menées auprès des éleveurs pour recourir à une utilisation raisonnée des médicaments vétérinaires et ainsi minimiser les risques de résidus et d'antibio-résistance.

Ce message est malheureusement plus difficile à faire passer en élevage naisseur allaitant qu'en élevage laitier, car les veaux nés dans ces élevages sont ensuite engraissés dans d'autres exploitations et sont consommés dans des délais importants.

Or, les consommateurs citadins sont de plus en plus exigeants en matière de bien-être animal et d'éventuels résidus tout au long de la chaîne de production.

Aujourd'hui, la relation vétérinaire / éleveur est toujours au beau fixe malgré ce qu'ont pu laisser entendre certaines organisations professionnelles. Le couple vétérinaire / éleveur doit continuer à avancer avec une vision à long terme partagée.
Si les éleveurs souhaitent toujours bénéficier de la même qualité de service et de réactivité, ils n'ont pas intérêt à se laisser séduire par des « sirènes » vendant des médicaments moins chers. Les praticiens établissent un juste équilibre entre le prix des médicaments et celui de leurs actes. S'ils ne s'y retrouvent plus, qui à l'avenir répondra aux urgences et réalisera les missions d'épidémiosurveillance ?


>> Médicament vétérinaire, délégation d'actes, désertification des campagnes et maillage sanitaire :
bien des enjeux en termes de santé publique !

Le point avec le Dr Gérard VIGNAULT, Président du Conseil Régional de l'Ordre des Vétérinaires de Bourgogne :

> Médicament vétérinaire : avancement de l'application du décret prescription-délivrance

Le médicament n'est pas une marchandise comme une autre. Son utilisation est soumise à un certain nombre de règlements.

En rurale, le praticien est incontestablement le mieux placé pour bien gérer le médicament vétérinaire.

La prescription du médicament vétérinaire est l'aboutissement d'une démarche diagnostique bien précise que seul le praticien est capable de mener à bien : son expertise lui permet de bien définir le traitement adapté, la bonne posologie, la durée d'administration…

Pour l'éleveur, s'adresser au vétérinaire est la garantie :
• De conseils d'actions de prévention ciblées pour optimiser la santé de l'élevage et assurer ainsi une rentabilité maximale de l'exploitation.
• D'une utilisation raisonnée du médicament, donc d'une maîtrise du risque de résidus dans les denrées d'origine animale (dosage adéquat, présentation adaptée),
• D'une qualité optimale des produits proposés aux consommateurs,
• D'une limitation des médicaments non utilisés donc de préservation de l'environnement.

Par ailleurs, il faut admettre que la vente du médicament est un des éléments de la rémunération du vétérinaire rural. Sans celle-ci aujourd'hui, le vétérinaire serait contraint soit d'augmenter le montant de ses actes afin que son activité reste rentable, soit de disparaître.

La distribution du médicament vétérinaire a beaucoup évolué.

Elle est de plus en plus cadrée par la loi dans un intérêt de santé publique.

Le décret prescription-délivrance, publié fin avril 2007, a eu pour objectifs de :
• Favoriser une utilisation raisonnée du médicament vétérinaire,
• Accentuer la responsabilité du vétérinaire et de l'éleveur,
• Renforcer le suivi sanitaire des élevages…

Ce décret a entraîné de nouvelles obligations pour le couple vétérinaire / éleveur, notamment la désignation d'un vétérinaire traitant de l'élevage qui :
• Assure les soins réguliers,
• Etablit un bilan sanitaire d'élevage annuel,
• Met en place un protocole de soins pour les pathologies les plus fréquentes,
• Assure le suivi régulier de l'élevage tout au long de l'année.

Aujourd'hui, le bilan s'avère mitigé :

Côté vétérinaires praticiens, force est de constater que, dans notre région, les bilans sanitaires ont pris du retard. Les praticiens ont beaucoup travaillé pour accomplir la mission de grande envergure que leur a confiée l'Etat, celle de vacciner tout le cheptel contre la Fièvre Catarrhale Ovine. Mais, cela, au détriment du décret prescription-délivrance qui, pourtant, intéresse au premier plan la profession.

Côté éleveurs, ce décret n'est pas encore bien perçu. Ces derniers ne comprennent pas forcément les tenants et les aboutissants de ce décret et le considèrent plus comme une pénalité administrative supplémentaire que comme un renforcement du suivi sanitaire. En outre, la facturation de ces bilans est ressentie comme une nouvelle charge obligatoire.
Nul doute que la situation va évoluer. Tout est une question de temps comme le montre l'expérience sur le terrain.

Les registres sanitaires qui vont, quant à eux, bientôt fêter leur 10e anniversaire sont encore mal installés et leur rédaction laisse à désirer. Les vétérinaires ne manquent pas de communiquer auprès des éleveurs sur l'intérêt de bien remplir ces registres. C'est un passage obligé pour maintenir la crédibilité des producteurs vis-à-vis des consommateurs exigeant plus que jamais, à juste titre, une excellente traçabilité des produits.

Pour de rares cabinets peu scrupuleux, qui s'intitulent pompeusement « cabinets de conseil en élevage », la réactivité a été grande, jouant avec les limites de la loi. Ils ont immédiatement proposé aux éleveurs des bilans sanitaires et des protocoles de soins rapides et peu coûteux.
Ils occultent le fait que seul le vétérinaire régulier de l'élevage est habilité à réaliser ces missions. Ils abusent ainsi l'éleveur, lui laissant croire qu'il se trouve en parfaite légalité alors qu'il n'en est rien. De plus, les bilans et autres protocoles qu'ils réalisent ne sont bien souvent que des calques généralistes et non des solutions personnalisées.


> Délégation d'actes : questions capitales de bien-être animal et de santé publique !

La Fièvre Catarrhale Ovine (FCO) a remis sur le devant de la scène un thème cher aux éleveurs, la délégation d'actes, que certains réclament à cor et à cri.

Il est tout d'abord faux d'affirmer que les vétérinaires sont systématiquement contre la délégation d'actes.

Aujourd'hui bien des soins autrefois réalisés uniquement par les vétérinaires peuvent être effectués en toute légalité par les éleveurs, sans que la vie ou le bien-être animal puissent être mis en danger : écornages, parages orthopédiques, injections intra-veineuses, perfusions…

Cette évolution des pratiques a été permise grâce à une véritable collaboration vétérinaires / éleveurs. Les praticiens se sont beaucoup investis et ont été véritablement partie prenante de cette évolution en animant les formations « éleveurs / infirmiers », afin de bien leur apprendre à examiner leurs animaux, d'affiner leurs gestes lors des soins et, surtout, de bien leur expliquer les limites de leurs champs d'intervention.

Premières sentinelles de leurs troupeaux, les éleveurs ont pour rôle de donner l'alerte aux vétérinaires et leur transmettre le relais dans bien des cas.

La délégation d'actes a ses limites.

Par exemple, c'est une aberration dans le cas d'une césarienne. En Bourgogne, dans les élevages de Charolais, où les interventions par césarienne ne représentent que 5%, le problème ne se pose pas. En revanche pour les Blanc Bleu Belge, où les mises à bas se font à 80% par césarienne, les revendications sont très fortes.

Or, il est inconcevable de déléguer des actes où la souffrance et la vie animale sont mises en cause. En outre, il ne faut pas oublier que la détention et l'utilisation d'un certain nombre de médicaments vétérinaires nécessaires à cette opération ne sont pas autorisées aux éleveurs.

Autre exemple significatif à la une de l'actualité : la vaccination contre la Fièvre Catarrhale Ovine (FCO). De nombreux éleveurs ont revendiqué le droit à vacciner eux-mêmes leurs troupeaux. Mais, comment peut-on envisager de déléguer cette vaccination dans la mesure où il s'agit d'une prophylaxie d'Etat, exigeant la certification d'un professionnel, celle du vétérinaire investi du mandat sanitaire en l'occurrence !

En conclusion, la délégation d'actes…
Oui, pour une liste précise de soins bien cadrés en concertation avec les éleveurs !
Non, pour des interventions de spécialistes pouvant mettre en danger la vie animale et la santé publique !


> Désertification rurale : quid du maillage sanitaire ?

En France, dans un certain nombre de zones rurales (en Bourgogne, c'est le cas dans le Nord de l'Yonne), la désertification vétérinaire rurale s'accentue fortement, remettant en cause le fin maillage sanitaire traditionnel que constituaient les praticiens ruraux.

Petit à petit, les praticiens installés à la campagne abandonnent l'activité rurale pour se consacrer exclusivement aux animaux de compagnie. Et, cela, pour plusieurs raisons :

• Dans cette région où les élevages laitiers sont très dispersés, l'activité vétérinaire est plus difficile économiquement parlant. En effet, différents intervenants (contrôle laitier, centre d'insémination, groupement de producteurs, cabinet-conseil pourvoyeur de médicaments) ne laissent au vétérinaire local que les interventions d'urgence et les missions sanitaires.

• L'activité rurale est chronophage, peu rémunératrice et à haute responsabilité.

Résultat : lorsque leur activité « animaux de compagnie » est suffisante pour leur assurer plus de 80% de leurs revenus, ces vétérinaires abandonnent l'activité rurale, créant des trous dans le maillage sanitaire alors que celui-ci se doit de garantir 100% de la santé animale et humaine. D'où l'urgence de réagir et de trouver des solutions avec les pouvoirs publics.

>> Maillage vétérinaire : dernier service au public à détruire par dogmatisme ?


Notre maillage vétérinaire, libéral, est accessible à tous, à toute heure, en tout lieu et en toute circonstance, comme partenaire des éleveurs, des consommateurs et de l'Etat. A ce titre, il délivre en continu un véritable service au public.

Des analyses comptables ou commerciales prétendent qu'une segmentation de ses activités, confiées à des opérateurs moins qualifiés, plus spécialisés ou plus gros, serait plus avantageuse pour le public.

Mais, elles ne mentionnent pas les conséquences négatives d'une telle stratégie, à savoir l'explosion tarifaire des services d'urgence, donc leur abandon progressif au profit de l'abattage des animaux et la limitation de la détection précoce des maladies, donc l'augmentation du coût induit par les crises sanitaires et alimentaires.

La polyvalence des vétérinaires permet de mutualiser la logistique et les tarifs des différentes activités (médicaments, actes courants, urgences, missions publiques) pour un service global accessible à tous en toute circonstance, même lors d'une crise extrême.

Cette mutualisation du risque et de l'accessibilité, fondée sur une compétence polyvalente de haut niveau, structure le monopole d'exercice vétérinaire. Ce dernier serait inacceptable s'il n'était pas strictement régulé par l'Ordre des Vétérinaires sous le contrôle de l'Etat. Notre Ordre peut certainement mieux communiquer et s'ouvrir au public.

Polyvalence, mutualisation, monopole et régulation, notre profession se fonderait-elle sur des caractéristiques désormais insupportables pour certains dogmatismes ? Sa qualité essentielle de service au public serait-elle devenue une tare ?

Pourtant le grand public constate que la segmentation des activités de services au public (médical, postal, télécommunication, énergétique, ferroviaire…) induit une discrimination systématique dans l'accès et les tarifs. Lorsque la crise survient (sanitaire, climatique ou financière), les citoyens la subissent ou payent le prix fort. Les collectivités locales butent sur la compétence et le respect de la vie privée lorsque le « commerce multiservice » devient le dépositaire des médicaments d'un malade, le gérant de son compte bancaire et l'officier d'état civil.

La profession vétérinaire devra donc, avec le public, contraindre les pouvoirs technocratiques à réviser leurs paradigmes délétères sur les services fondamentaux de la cohésion territoriale et sociale.

Dr Eric FERMET-QUINET
Conseiller ordinal de Franche-Comté


> Chiffres clés

562 vétérinaires en Bourgogne et 293 vétérinaires en Franche-Comté au service de la santé animale et publique...

A noter :
1 350 000 bovins en Bourgogne et 616 000 en Franche-Comté...


www.veterinaire.fr > Véto pratique > Documents > Presse Contacts


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Contact Presse:
Agence Cathy BURG
Cathy BURG
01 46 03 55 01
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


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Communiqué envoyé le 02.06.2009 15:23:04 via le site Categorynet.com dans la rubrique Agriculture

Diffuser votre communiqué de presse : http://www.diffuseruncommuniquedepresse.com/

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Edito

De multiples missions en élevage laitier et allaitant afin de garantir la qualité du lait et de la viande

Médicament vétérinaire, délégation d'actes, désertification des campagnes et maillage sanitaire :
bien des enjeux en termes de santé publique !

Maillage vétérinaire : dernier service au public à détruire par dogmatisme ?

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Vétérinaires et éleveurs : de nouvelles synergies pour préserver la santé du consommateur

Après les incompréhensions nées en 2008 entre vétérinaires et éleveurs, liées à la mise en place, sur le terrain, de la lutte vaccinale contre la fièvre catarrhale ovine, les vétérinaires des régions Bourgogne et Franche-Comté intervenant dans les élevages d'animaux de production souhaitent avec force préserver ou retrouver la qualité anciennement établie de leur relation, à maints égards partenariale.

Jusqu'à présent, les vétérinaires constituent dans nos régions un réseau de professionnels de la santé animale présents, proches, opérationnels et très disponibles. Ils assurent nuit et jour les soins aux animaux et, surtout, la surveillance et le suivi sanitaires des exploitations agricoles d'élevage.

Ils prescrivent de façon adaptée et proportionnée les médicaments curatifs ou préventifs nécessaires. Dans le cadre d'une interaction efficace avec les éleveurs dont ils savent reconnaître les compétences, ils assument pleinement avec eux les missions de santé et protection animales.

Ils participent, aux côtés de l'Etat et, le plus souvent, avec l'appui des organismes agricoles à vocation sanitaire, à la lutte contre les fléaux de l'élevage, particulièrement quand les maladies infectieuses ou parasitaires, communes à l'animal et l'homme, font courir un risque à la santé publique.

En assumant au quotidien ses missions de santé et protection animales mais aussi de sécurité sanitaire des aliments, de protection de l'environnement et, de façon générale, de sécurité et santé publiques, ce professionnel indépendant et responsable qu'est le vétérinaire se situe véritablement et efficacement à l'interface entre l'éleveur qu'il assiste et le consommateur qu'il protège.

Docteur vétérinaire Michel BAUSSIER
Vice-président du Conseil Supérieur de l'Ordre des Vétérinaires

>> De multiples missions en élevage laitier et allaitant afin de garantir la qualité du lait et de la viande

De la fourche à la fourchette, les vétérinaires interviennent à tous les stades de la chaîne alimentaire pour optimiser la qualité des produits d'origine animale et préserver la santé publique. En élevage laitier comme allaitant, le praticien forme avec l'éleveur un duo efficace reposant sur de multiples synergies… sous le signe de la confiance !


> Arrêt sur image en élevage laitier avec le Dr Patrick COLLERY, Président du Conseil Régional de l'Ordre des Vétérinaires de Franche-Comté :

En Franche-Comté, le lait constitue le principal revenu des éleveurs. C'est pourquoi l'activité vétérinaire est principalement centrée sur la vache elle-même. Le rôle des praticiens en élevage est capital car la production du lait est implicitement liée à l'état de santé et au bien-être des vaches.

Objectif : soigner mais surtout prévenir afin d'optimiser la rentabilité de l'exploitation tout en favorisant la qualité du lait et des produits dérivés, par une utilisation raisonnée du médicament vétérinaire.

Au quotidien, le travail des praticiens est passionnant et très prenant aux côtés des éleveurs. Si ces derniers assurent un certain nombre de soins (administration de médicaments, vermifugation…) en tant que premiers infirmiers de leur troupeau, les interventions sont plus nombreuses qu'en élevage allaitant car les pathologies sont plus variées et fréquentes.

Aux petits soins pour les veaux
Le mois qui suit leur naissance, les veaux demandent une grande attention et beaucoup de soins. Diarrhée, pneumonie… Il faut agir vite à cet âge afin que l'irréparable ne se produise pas. La disparition d'une tête représente toujours une perte économique pour l'éleveur. L'établissement de plans de prophylaxie axés, en particulier, sur la vaccination permet de limiter l'incidence des maladies néonatales.

Des troupeaux laitiers sous haute surveillance
La vache laitière est un animal à forte production qui nécessite des soins attentifs. Toute erreur peut avoir des conséquences importantes sur sa santé et la qualité de sa production.
Différents types de pathologies sont récurrents d'un élevage à l'autre :

Pathologies digestives
Lors de maladies digestives (indigestion, diarrhée, intoxication…) ou métaboliques (cétose acétonémie…), les vétérinaires procèdent au contrôle de l'alimentation, modifient les rations alimentaires si nécessaire, réalisent des contrôles sanguins… pour remédier le plus rapidement, dans la mesure du possible, aux troubles.

Affections de la mamelle
Les infections mammaires représentent une pathologie importante. Elles peuvent se manifester de deux façons : en mammites subcliniques ou inapparentes (afflux de cellules dans le lait du quartier infecté) ou en mammites cliniques (présentant des symptômes visibles : inflammation de la mamelle et/ou modification du lait). Il peut s'agir :
• Soit d'une pathologie isolée nécessitant un traitement uniquement sur la vache concernée.
• Soit d'une pathologie récurrente exigeant une réflexion sur le troupeau afin d'analyser la cause exacte et de mettre en pratique une stratégie de prévention en concertation avec l'éleveur.
Le traitement au tarissement permet de guérir les infections persistantes de la lactation précédente et de protéger la vache contre les nouvelles infections pouvant se produire surtout au début de la période de lactation.

Pathologies de vêlage
La fièvre de lait est une maladie métabolique post partum fréquente chez la vache laitière. Elle se traduit, au plan clinique, par une vache couchée et, au plan biologique, par une hypocalcémie notoire (baisse du calcium dans le sang). Il peut y avoir là aussi un lien avec l'alimentation pendant le tarissement.
Césariennes, maladies post vêlage, infections utérines… pour toutes ces pathologies, les vétérinaires élaborent avec les éleveurs des plans de prévention pendant le tarissement, période de repos cruciale pour l'organisme de l'animal.

Conclusion
La qualité du lait est le reflet de la santé de la vache. Toute erreur de conduite de troupeau (sanitaire, alimentaire…) se retrouve sur la table du consommateur. C'est pourquoi le couple éleveur / vétérinaire est indissociable.
La santé de l'animal et du consommateur est protégée par une utilisation restreinte et raisonnée des médicaments. Le contraire serait dangereux pour le consommateur et économiquement irréaliste pour l'éleveur.


> De plus en plus de prévention

Parallèlement à leurs interventions de médecins, de chirurgiens, d'urgentistes, d'experts sanitaires, d'ingénieurs des élevages, les vétérinaires mènent de plus en plus d'actions de prévention en concertation avec les éleveurs pour optimiser la qualité du lait et celle de tous les produits dérivés qui se retrouvent dans l'assiette du grand public.
Que ce soit dans le cadre de plans généraux de prévention ou de conseils donnés au quotidien, les éleveurs en élevage laitier ont bien compris tout l'enjeu de prévenir plutôt que guérir pour maximiser la rentabilité de leur exploitation et proposer des produits à la qualité optimale aux consommateurs.


> Focus en élevage allaitant avec le Dr Jacques MANIERE, membre du Conseil Régional de l'Ordre des Vétérinaires de Bourgogne :

L'activité vétérinaire a beaucoup évolué à la campagne. La rurale pure n'existe plus. Elle est forcément couplée à des activités autour des animaux de compagnie. Dans les élevages de production, l'activité a bien sûr été révolutionnée par l'apparition de la césarienne dans les années 50 et la mise en place de nombreuses actions de prévention limitant les maladies au sein des cheptels, qui ont ainsi pu se développer fortement.

Dans notre région où l'élevage du Charolais prédomine, l'activité à la campagne est principalement centrée autour de l'obstétrique, les vêlages, les césariennes, les soins aux jeunes animaux. Mais, aujourd'hui, quatre constats ressortent :

• Le travail des vétérinaires en rurale s'apparente plus aux interventions des urgentistes en hôpitaux qu'aux missions traditionnelles de médecins. 80% de l'activité rurale a pour but de répondre aux urgences, qu'elles soient obstétricales, chirurgicales, médicales ou sanitaires.

• La rurale est très rythmée par la saisonnalité de l'élevage bovin. Les vétérinaires réalisent les trois quarts de leur chiffre d'affaires sur un tiers de l'année, au printemps et en hiver, quand les vêlages ont lieu. Cette période très intense exige plus de 70 heures de travail par semaine où il faut jongler avec les urgences et les interventions sur rendez-vous, ce qui entraîne de grandes difficultés d'organisation au quotidien.

• Les vétérinaires doivent faire face à une grande variabilité d'un élevage à l'autre. A côté des exploitations de 800 bêtes, dirigées par des exploitants bien formés et informatisés, coexistent des petites fermes avec 50 têtes beaucoup plus traditionnelles. D'où la nécessité de s'adapter en permanence au contexte, d'adopter le bon discours, les meilleures solutions en excellente occasion de mieux cerner les besoins et les attentes de tous.

• Vu le rythme de travail à certaines époques de l'année et le nombre d'urgences à traiter au quotidien, les praticiens se regroupent de plus en plus afin de se répartir le plus possible les tâches, les tours de garde et de pouvoir prendre des congés... C'est aussi une façon de ne pas décourager les jeunes à embrasser la rurale, avec un rythme de travail plus acceptable. Cela permet également une certaine spécialisation indispensable pour faire face à l'évolution de la science et des techniques.

Comme dans les autres régions françaises, la plupart des vétérinaires intervenant à la campagne sont investis du mandat sanitaire, pour prévenir et gérer les éventuels risques d'épidémies, pouvant affecter la santé animale comme humaine. Un travail considérable a été notamment réalisé concernant la brucellose, la tuberculose, la rage, la salmonellose avec la complicité des éleveurs.

Toujours dans un objectif d'optimiser la qualité de la viande et de préserver la santé publique, bien des actions ont été menées auprès des éleveurs pour recourir à une utilisation raisonnée des médicaments vétérinaires et ainsi minimiser les risques de résidus et d'antibio-résistance.

Ce message est malheureusement plus difficile à faire passer en élevage naisseur allaitant qu'en élevage laitier, car les veaux nés dans ces élevages sont ensuite engraissés dans d'autres exploitations et sont consommés dans des délais importants.

Or, les consommateurs citadins sont de plus en plus exigeants en matière de bien-être animal et d'éventuels résidus tout au long de la chaîne de production.

Aujourd'hui, la relation vétérinaire / éleveur est toujours au beau fixe malgré ce qu'ont pu laisser entendre certaines organisations professionnelles. Le couple vétérinaire / éleveur doit continuer à avancer avec une vision à long terme partagée.
Si les éleveurs souhaitent toujours bénéficier de la même qualité de service et de réactivité, ils n'ont pas intérêt à se laisser séduire par des « sirènes » vendant des médicaments moins chers. Les praticiens établissent un juste équilibre entre le prix des médicaments et celui de leurs actes. S'ils ne s'y retrouvent plus, qui à l'avenir répondra aux urgences et réalisera les missions d'épidémiosurveillance ?


>> Médicament vétérinaire, délégation d'actes, désertification des campagnes et maillage sanitaire :
bien des enjeux en termes de santé publique !

Le point avec le Dr Gérard VIGNAULT, Président du Conseil Régional de l'Ordre des Vétérinaires de Bourgogne :

> Médicament vétérinaire : avancement de l'application du décret prescription-délivrance

Le médicament n'est pas une marchandise comme une autre. Son utilisation est soumise à un certain nombre de règlements.

En rurale, le praticien est incontestablement le mieux placé pour bien gérer le médicament vétérinaire.

La prescription du médicament vétérinaire est l'aboutissement d'une démarche diagnostique bien précise que seul le praticien est capable de mener à bien : son expertise lui permet de bien définir le traitement adapté, la bonne posologie, la durée d'administration…

Pour l'éleveur, s'adresser au vétérinaire est la garantie :
• De conseils d'actions de prévention ciblées pour optimiser la santé de l'élevage et assurer ainsi une rentabilité maximale de l'exploitation.
• D'une utilisation raisonnée du médicament, donc d'une maîtrise du risque de résidus dans les denrées d'origine animale (dosage adéquat, présentation adaptée),
• D'une qualité optimale des produits proposés aux consommateurs,
• D'une limitation des médicaments non utilisés donc de préservation de l'environnement.

Par ailleurs, il faut admettre que la vente du médicament est un des éléments de la rémunération du vétérinaire rural. Sans celle-ci aujourd'hui, le vétérinaire serait contraint soit d'augmenter le montant de ses actes afin que son activité reste rentable, soit de disparaître.

La distribution du médicament vétérinaire a beaucoup évolué.

Elle est de plus en plus cadrée par la loi dans un intérêt de santé publique.

Le décret prescription-délivrance, publié fin avril 2007, a eu pour objectifs de :
• Favoriser une utilisation raisonnée du médicament vétérinaire,
• Accentuer la responsabilité du vétérinaire et de l'éleveur,
• Renforcer le suivi sanitaire des élevages…

Ce décret a entraîné de nouvelles obligations pour le couple vétérinaire / éleveur, notamment la désignation d'un vétérinaire traitant de l'élevage qui :
• Assure les soins réguliers,
• Etablit un bilan sanitaire d'élevage annuel,
• Met en place un protocole de soins pour les pathologies les plus fréquentes,
• Assure le suivi régulier de l'élevage tout au long de l'année.

Aujourd'hui, le bilan s'avère mitigé :

Côté vétérinaires praticiens, force est de constater que, dans notre région, les bilans sanitaires ont pris du retard. Les praticiens ont beaucoup travaillé pour accomplir la mission de grande envergure que leur a confiée l'Etat, celle de vacciner tout le cheptel contre la Fièvre Catarrhale Ovine. Mais, cela, au détriment du décret prescription-délivrance qui, pourtant, intéresse au premier plan la profession.

Côté éleveurs, ce décret n'est pas encore bien perçu. Ces derniers ne comprennent pas forcément les tenants et les aboutissants de ce décret et le considèrent plus comme une pénalité administrative supplémentaire que comme un renforcement du suivi sanitaire. En outre, la facturation de ces bilans est ressentie comme une nouvelle charge obligatoire.
Nul doute que la situation va évoluer. Tout est une question de temps comme le montre l'expérience sur le terrain.

Les registres sanitaires qui vont, quant à eux, bientôt fêter leur 10e anniversaire sont encore mal installés et leur rédaction laisse à désirer. Les vétérinaires ne manquent pas de communiquer auprès des éleveurs sur l'intérêt de bien remplir ces registres. C'est un passage obligé pour maintenir la crédibilité des producteurs vis-à-vis des consommateurs exigeant plus que jamais, à juste titre, une excellente traçabilité des produits.

Pour de rares cabinets peu scrupuleux, qui s'intitulent pompeusement « cabinets de conseil en élevage », la réactivité a été grande, jouant avec les limites de la loi. Ils ont immédiatement proposé aux éleveurs des bilans sanitaires et des protocoles de soins rapides et peu coûteux.
Ils occultent le fait que seul le vétérinaire régulier de l'élevage est habilité à réaliser ces missions. Ils abusent ainsi l'éleveur, lui laissant croire qu'il se trouve en parfaite légalité alors qu'il n'en est rien. De plus, les bilans et autres protocoles qu'ils réalisent ne sont bien souvent que des calques généralistes et non des solutions personnalisées.


> Délégation d'actes : questions capitales de bien-être animal et de santé publique !

La Fièvre Catarrhale Ovine (FCO) a remis sur le devant de la scène un thème cher aux éleveurs, la délégation d'actes, que certains réclament à cor et à cri.

Il est tout d'abord faux d'affirmer que les vétérinaires sont systématiquement contre la délégation d'actes.

Aujourd'hui bien des soins autrefois réalisés uniquement par les vétérinaires peuvent être effectués en toute légalité par les éleveurs, sans que la vie ou le bien-être animal puissent être mis en danger : écornages, parages orthopédiques, injections intra-veineuses, perfusions…

Cette évolution des pratiques a été permise grâce à une véritable collaboration vétérinaires / éleveurs. Les praticiens se sont beaucoup investis et ont été véritablement partie prenante de cette évolution en animant les formations « éleveurs / infirmiers », afin de bien leur apprendre à examiner leurs animaux, d'affiner leurs gestes lors des soins et, surtout, de bien leur expliquer les limites de leurs champs d'intervention.

Premières sentinelles de leurs troupeaux, les éleveurs ont pour rôle de donner l'alerte aux vétérinaires et leur transmettre le relais dans bien des cas.

La délégation d'actes a ses limites.

Par exemple, c'est une aberration dans le cas d'une césarienne. En Bourgogne, dans les élevages de Charolais, où les interventions par césarienne ne représentent que 5%, le problème ne se pose pas. En revanche pour les Blanc Bleu Belge, où les mises à bas se font à 80% par césarienne, les revendications sont très fortes.

Or, il est inconcevable de déléguer des actes où la souffrance et la vie animale sont mises en cause. En outre, il ne faut pas oublier que la détention et l'utilisation d'un certain nombre de médicaments vétérinaires nécessaires à cette opération ne sont pas autorisées aux éleveurs.

Autre exemple significatif à la une de l'actualité : la vaccination contre la Fièvre Catarrhale Ovine (FCO). De nombreux éleveurs ont revendiqué le droit à vacciner eux-mêmes leurs troupeaux. Mais, comment peut-on envisager de déléguer cette vaccination dans la mesure où il s'agit d'une prophylaxie d'Etat, exigeant la certification d'un professionnel, celle du vétérinaire investi du mandat sanitaire en l'occurrence !

En conclusion, la délégation d'actes…
Oui, pour une liste précise de soins bien cadrés en concertation avec les éleveurs !
Non, pour des interventions de spécialistes pouvant mettre en danger la vie animale et la santé publique !


> Désertification rurale : quid du maillage sanitaire ?

En France, dans un certain nombre de zones rurales (en Bourgogne, c'est le cas dans le Nord de l'Yonne), la désertification vétérinaire rurale s'accentue fortement, remettant en cause le fin maillage sanitaire traditionnel que constituaient les praticiens ruraux.

Petit à petit, les praticiens installés à la campagne abandonnent l'activité rurale pour se consacrer exclusivement aux animaux de compagnie. Et, cela, pour plusieurs raisons :

• Dans cette région où les élevages laitiers sont très dispersés, l'activité vétérinaire est plus difficile économiquement parlant. En effet, différents intervenants (contrôle laitier, centre d'insémination, groupement de producteurs, cabinet-conseil pourvoyeur de médicaments) ne laissent au vétérinaire local que les interventions d'urgence et les missions sanitaires.

• L'activité rurale est chronophage, peu rémunératrice et à haute responsabilité.

Résultat : lorsque leur activité « animaux de compagnie » est suffisante pour leur assurer plus de 80% de leurs revenus, ces vétérinaires abandonnent l'activité rurale, créant des trous dans le maillage sanitaire alors que celui-ci se doit de garantir 100% de la santé animale et humaine. D'où l'urgence de réagir et de trouver des solutions avec les pouvoirs publics.

>> Maillage vétérinaire : dernier service au public à détruire par dogmatisme ?


Notre maillage vétérinaire, libéral, est accessible à tous, à toute heure, en tout lieu et en toute circonstance, comme partenaire des éleveurs, des consommateurs et de l'Etat. A ce titre, il délivre en continu un véritable service au public.

Des analyses comptables ou commerciales prétendent qu'une segmentation de ses activités, confiées à des opérateurs moins qualifiés, plus spécialisés ou plus gros, serait plus avantageuse pour le public.

Mais, elles ne mentionnent pas les conséquences négatives d'une telle stratégie, à savoir l'explosion tarifaire des services d'urgence, donc leur abandon progressif au profit de l'abattage des animaux et la limitation de la détection précoce des maladies, donc l'augmentation du coût induit par les crises sanitaires et alimentaires.

La polyvalence des vétérinaires permet de mutualiser la logistique et les tarifs des différentes activités (médicaments, actes courants, urgences, missions publiques) pour un service global accessible à tous en toute circonstance, même lors d'une crise extrême.

Cette mutualisation du risque et de l'accessibilité, fondée sur une compétence polyvalente de haut niveau, structure le monopole d'exercice vétérinaire. Ce dernier serait inacceptable s'il n'était pas strictement régulé par l'Ordre des Vétérinaires sous le contrôle de l'Etat. Notre Ordre peut certainement mieux communiquer et s'ouvrir au public.

Polyvalence, mutualisation, monopole et régulation, notre profession se fonderait-elle sur des caractéristiques désormais insupportables pour certains dogmatismes ? Sa qualité essentielle de service au public serait-elle devenue une tare ?

Pourtant le grand public constate que la segmentation des activités de services au public (médical, postal, télécommunication, énergétique, ferroviaire…) induit une discrimination systématique dans l'accès et les tarifs. Lorsque la crise survient (sanitaire, climatique ou financière), les citoyens la subissent ou payent le prix fort. Les collectivités locales butent sur la compétence et le respect de la vie privée lorsque le « commerce multiservice » devient le dépositaire des médicaments d'un malade, le gérant de son compte bancaire et l'officier d'état civil.

La profession vétérinaire devra donc, avec le public, contraindre les pouvoirs technocratiques à réviser leurs paradigmes délétères sur les services fondamentaux de la cohésion territoriale et sociale.

Dr Eric FERMET-QUINET
Conseiller ordinal de Franche-Comté


> Chiffres clés

562 vétérinaires en Bourgogne et 293 vétérinaires en Franche-Comté au service de la santé animale et publique...

A noter :
1 350 000 bovins en Bourgogne et 616 000 en Franche-Comté...


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Communiqué envoyé le 02.06.2009 15:23:04 via le site Categorynet.com dans la rubrique Agriculture

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